‹ Éléments de géologie, ou, Seconde partie des éléments d'inorganomie particulièreChapitre 5 sur 56 · CHAPITRE n · texte numérisé non relu

CHAPITRE n

DE tA DISTRIBUTION DES TERRES ET DES EAUX A LA SURFACE DU GLOBE.

8. Dwisian en terres et en eaux.— 1a surfiice du globe terrestre présente des parties ordinairement solides et des parties ordinairement liquides. Les premières sont désignées par le nom de terres, et les secondes par celui à'eauœ *. Les unes et les autres se divisent en diverses portions, qui reçoivent des noms particuliers d'après leur étendue, leurs formes ou leurs positions relatives ; mais ces dénominations , comme presque toutes cdles que l'on emploie dans la géographie, résultant de circonstances accidentelles, sont loin de présenter une nomenclature rationnelle, et même de correspondre à im usage général.

9. Baux. — Les ecmx peuvent se diviser en deux groupes : celles qui font partie d'un immense réservoir qui entoure toutes les terres, et celles qui se frouvent disséminées dans ces dernières.

10. Mers. — Les eaux du grand réservoir sont ordinairement appelées nwrs ou océan. Ce dernier nom est aussi employé, en y ajoutant une épithète, pour désigner de grands espaces d'eau ; tandis que le nom de mer, au singulier , est plus spécialement appliqué à désigner des espaces moins étendus , qui ont ordinairement des espèces de limites tracées par la présence de quelques terres. Lorsque ces terres circonscrivent les eaux de manière que celles-ci ne communiquent avec l'océan que par des passages rétrécis, on leur donne le

* n est bon de remarquer à cet égard que , dans les lieux où la température est très-basse , Teau est toujours à Tétat solide , ainsi qu*oa le verra ci-après ; mais , comme dans les lieux habités Peau n*est que temporairement à Tétat solide , les géographes sont dans Thabitude de ne pas prendre égard à cette circonstance dans leurs grandes diyisions, et ils continuent à appeler ierreê les parties du globe où la terre est constamment couverte de neiges ou de ^aces , et ils bissent le nom d'eoti^ aux lieux où celles-ci sont toujours couvertes d^une croûte épaisse de glace.

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nom de mers intérieures. On appelle aussi goifeg et baies des parties d'eaux d'une plus petite étendue qui s'avancent dans les terres; mais l'application de ces noms est fort arbitraire; et, quoiqu'il soit reçu qu'une mer doive être plus grande qu'un goU^, et un golfe plus grand qu'une baie, l'usage consacre quelquefois le contraire. Les marins donnent aussi le nom i*anse et de crique à de très-petites baies. Ils appellent rades les lieux qui leur offrent des abris pour leurs vaisseaux, et ports ceux qui présentent en même temps des fticilités , soit naturelles p soit artificielles , pour le chargement et le déchargement; mais ces deux dernières dénominations appartiennent à l'art de la navigation et à la statistique plutôt qu'à la géographie proprement dite. Par le nom de Icbgune on entend des parties de mer voisines des terres, souvent resserrées par celles-ci , et dans lesquelles Feau a généralement très-peu de profondeur.

Lorsqu'une partie de mer , resserrée entre des terres, établit la communix»tion avec d'autres parties de mers plus larges, on lui donne le nom de détroit, de bras de mer, de eono/ou depMsatge, sans parler d'autres dénominations particulières à quelques-unes de ces communications , comme celles de Pas-de-Calais , Pliare de Messine , etc.

Vers le milieu des zones tempérées , les mers commencent è présenter dans certaines saisons des glaces^ qui d'abord ne sont que des glaces flottantes , amenées des hautes latitudes par les courants , et des glaces temporaires, qui se forment le long des c6tes pendant les hivers rigoureux. La quantité et la durée de ces glaces vont toujours en augmentant, à mesure que l'on s'avance vers les p61es , et il est un terme où l'on rencontre des glaces fixes, c'est-àdire, où la mer est constamment couverte de glaces. Les limites des glaces fixes sont très-variables et ne sont d'ailleurs pas encore bien déterminées, d'autant plus que des glaces que l'on considère comme fixes, parce qu'elles cmt traversé plusieurs étés sans se rompre, peuvent l'être pendant une année |dus chaude. En général, on rencontre peu de glaces fixes dans l'hémisphère boréal avant le 80* degré de latitude ; mais elles s'avancent beaucoup plus dans l'hémisphère austral, où la navigation est déjà gênée, dès le 60" degré, par les glaces flottantes , et où l'on n'a pas encore pu atteindre le 75' degré.

11. Bcmx des teTres.~\A% eaux qui n'appartiennent pas à l'Océan peuvent se diviser en eoMœ courcmtes, en eaux stagnantes et en eaux solides, en prenant toutefois la dénomination d'eau stagnante dans un sens relatif plutôt qu'absolu; car la plupart des amas d'eaux que nous appelons stagnantes , sont traversés par des cours d'eau dont ils ne sont alors qu'une espèce de renflement, déterminé par l'élargissement et l'approfondissement de la dépression du sol dans laquelle coulent ces cours d'eau.

12. Eaux stagnantes.— Lorsque les eaux que nous appelons stagnantes ont une profondeur suffisante pour présenter réellement une masse d'eau , on les appelle lacs et étangs, selon que la masse est plus ou moins étendue; mais

DISTRIBUTION DES TERBES ET DES EAUX.. Il

ici, eomme pour les autres cUvisions que nous venons de voir, l'usage ne se soumet pas à des règles fixes, et non-seulement on donne quelquefois le nom d'é* tang à des amas d'eaux plus grands que d'autres que l'on appelle lacs; mais lorsque ees amas sont très-considérables, on leur attribue généralement le nom de mer; telles sont la mer Caspienne et la mer d'Aral; on donne même le nom de mer Morte à un petit lac de la Palestine.

On emploie le nom de marais pour désigner les lieux où l'eau n'est pas assez profonde pour empêcher la végétati<m, et où elle est , pour ainsi dire, mélangée avec la terre. Il y a des marais d'une étendue immense et d'autres extrêmement petits. On appelle ordinairement SavcmeSy les grands marais qui se trouvent dans les plaines de l'Amérique méridionale.

13. Eauas courantes, — Les eaua caurcmtes peuvent se distinguer enper^ tnanenies et €U)cidentelles; les premières se divisent en fleu/oes, rivières et ndssecmœ , selon l'importance du cours d'eau ; mais , quoique l'on ait souvent voulu appliquer exclusivement le nom de fleuve aux grands cours d'eau qui se jettent directement dans la mer , on désigne souvent le plus grand des cours d'eau connus , par le nom de rivière des Amazones.

Les eaux accidentelles sont quelquefois appelées eatuc sa/woages; et, lorsqu'elles forment des masses considérables qui coulent avec violence et qui exercent des ravages sur leur passage , on leur donne le nom de torrents^

Les points où l'on voit sortir de l'eau hors de l'écorce solide du globe , s'appellent ^>ntom^ ou sotirces; la réunion de deux cours d'eau est nommée cof^uent; et celui des deux cours d'eau qui perd son nom pour pr^dre celui de l'autre, est un affluent de ce dernier. On considère de mâme comme aflfaient d'un cours d'eau, tout cours d'eau désigné par un nom différent, qui verse ses eaux dans le cours d'eau ou portion de cours d'eau dont on s'occupe; car il arrive quelquefois que les parties d'un même cours d'eau portent des noms différents. Le point où un cours d'eau se jette dans une mer, dans un lac ou dans un étang, se nomme embotœhure, et lorsque le cours d'eau se divise en plusieurs br($s vers son embouchure, celle-ci prend le nom de bouches.

Lorsqu'un cours d'eau est dans le cas de franchir brusquement une différence de niveau un peu considérable , on donne à ces chutes les noms de cataractes ^ de saut, de rapides et At cascades. Les trois premiers ne s'appliquent qu'aux grands cours d'eau ; celui de cataractes indique ordinairement que le fleuve éprouve plusieurs chutes consécutives, tandis que celui de saut annonce une chute unique. Quant au nom de rapide, on l'emploie lorsque la chute n'est pas assez forte pour produire ce spectacle imposant qui attire l'attention sur les cataractes et les sauts , mais suffit pour intercepter la navigation , ou du moins pour la rendre dangereuse. On se sert du nom de cascades pour désigner les chutes des cours d'eau peu importants.

14. Eaux soHdeg.—Les eaux solides sont aussi permanentes ou temporaires. Ces dernières consistent dans les neiges qui tombent sur les terres, et dans les glaces qui se forment sur les eaux pendant les temps froids, et qui se fondent pendant les moments plus chauds. Les autres consistent dans les neiges et dans les glaces qui résistent à la chaleur de l'été, sans se fondre complètement.

15. Neiges perpétuelles. —l,e^ neigesperpétuelles ise remarquent en général partout où la température moyenne est de 3 à 4 degrés au-dessous de zéro du thermomètre, d'où Ton sent, d'après ce qui a été dit sur la température de l'atmosphère (Met. 93 à 107), qu'elles ne peuvent exister sous la zone torride qu'à une assez grande élévation , mais que cette élévation doit tendre continuellement à s'abaisser, à mesure que l'on s'approche des pôles. M. de Humboldt évalue leurs limites, dans l'hémisphère boréal, de la manière suivante; savohr : sous l'équateur, à 4,800 mètres ; sous le 20" degré de latitude, à 4,550 ; sous le 62" , à 1,750, et sous le 65", à 950 ; mais ces limites présentent encore plus de variations et plus d'irrégularités que les lignes isothermes {Met. 102), avec lesquelles elles ont d'ailleurs beaucoup de rapports.

On a été porté à croire que ces limites sont moins élevées dans l'hémisphère austral que dans l'hémisphère boréal^ car il parait qu'à la terre de Sandwich, sous le 58" degré de latitude, les neiges perpétuelles descendent jusqu'au niveau de la mer.

16. Glaciers.-— Lt& neiges perpétuelles sont quelquefois situées de manière qu'elles se ramollissent et s'imprègnent d'eau pendant les journées chaudes de l'été, et reprennent de la solidité pendant la nuit ; ce qui les transforme en glace et donne naissance à d'énormes amas de cette matière, que l'on appelle glaciers. Lorsque ces amas sont placés au-dessus d'une vallée, leur propre poids leur donne un mouvement lent vers le bas de la vallée, et ils se prolongent souvent bien au-dessous des limites des neiges perpétuelles, sans que, vu leur grande masse , la chaleur de l'été puisse les faire rentrer dans ces limites ; de sorte que l'on y voit des murs de glace qui sont, pour ainsi dire, ombragés par une brillante végétation; on sent que ce phénomène ne peut avoir lieu que dans les hautes montagnes.

17. Terres. — Les terres, considérées relativement à l'espacequ'elles occupent par rapport aux eaux, se divisent en continents et en îles. Les premières sont celles qui forment de grandes étendues non interrompues par les eaux; les secondes se composent de surfaces moins considérables, entièrement entourées d'eaux. La réunion de plusieurs lies , groupées à peu de distance les unes des autres, forme unarc/ujpe/.

Lorsque des parties de terre qui s'élèvent au milieu des mers sont trop petites pour être appelées lies, ou lorsque, sans être tout à fait à découvert, elles s'approchent assez de la surface pour gêner la navigation, les marins

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