‹ Éléments de géologie, ou, Seconde partie des éléments d'inorganomie particulièreChapitre 6 sur 56 · DISTRIBUTION DES TERRES ET DES EAUX · texte numérisé non relu

DISTRIBUTION DES TERRES ET DES EAUX

leur dMiient le nom de b€moi, si dks sont formées de matières meiiHes^ snr lesquelles les vaisseaux pourraient échouer '^^ et ceux Sécueilê ou de réoifê, si dles sont formées de matières cohérentes^ sur lesquelles les vaisseaux pourraient se briser, avec cette différence que les écueils sont plus parficnlièrement des rochers isolés au milieu de la mer, et les récifs, des espèces de bandes ou de ceintures qui se trouvent le long des terres, et n'en sont séparées que par de petits bras de mer.

18. D'autres dénominations sont aussi employées pour désigner d'autres rapports de position des terres à l'égard des eaux ; ainsi , lorsqu'une partie de terre un peu considérable s'avance dans les eaux sans en être tout à fait entourée, on l'appelle presqu'île ou péninsule; si cette avance ne forme qu'une légère saillie, on la nomme cap^ promontoire on pomte. Lorsqu'une presqu'île ne tient à d'autres terres que par une bande resserrée , cette bande s'appelle isthme.

Les partifi^de terre qui avoisinent la mer sont nommées côtes : lorsqu'une c6te se termine par une pente douce , on lui donne le nom de plage; tandis que l'on appelle/Maûe» les escarpements qui forment la séparation des terres et des mers.

Les parties de terre qui bordent les cours d'eau sont appelées rives et se distinguent en rii>e droite et rioe gcmche, en assimilant, pour l'application de ces deux mots, le cours d'eau à une personne qui marcherait dans la direction que suit l'eau. Lorsque le bord du cours d'eau est escarpé , on lui donne le nom de berge; tandis que l'on appelle tahis celui qui est en pente douce. L'espace recouvert par le cours d'eau s'appelle lit.

Enfin l'ensemble des terres dont les eaux s'écoulent à la mer par un même fleuve, s'appelle bassin hydrographique, et l'on nomme arêtes les lignes qui séparent les bassins hydrographiques entre eux. L'étendue de ces bassins dépendant, comme celle des continents et des lies, de la forme du sol, elle présente les mêmes irrégularités ; et tandis que certaine rivière, dont la source est près de la mer, a un bassin hydrographique presque imperceptible sur une carte, celui de la rivière des Amazones formerait un continent entier.

19. Du reste, on ne doit pas perdre de vue que la plupart des dénominations dont nous avons parlé dans ce chapitre, étant relatives à la position -

* D*aprè< cette définition les bancs seraient à peu près la même chose que les lagunes (10). Cependant Tusage établit entre ces deux choses des différences qu'il est difficile d'exprimer. En général, le mot banc s'applique plus particulièrement aux élévations qui se trouvent au milieu det eaux, tandis que les lagunes touchent toujours aux terres et y forment souvent des espèces de golfes. De sorte que les bancs sont en quelque manière des lagunes de pleine mer, et les lagunes des bancs sur les côtes ; mais il est à remarquer que Ton donne aussi le .nom de banc, et pat celui de lagune, aux élévations isolées qui se forment sous Peau à rentrée d'un port ou d'un golfe, et qui gênent le passage des navires.

respective des eaux et des terres, les noms que reçoivent aujourd'hui certaines parties du globe ne leur seraient plus applicables, si leur niveau éprouvait quelques changements. C'est ainsi, par exemple, que si le niveau de la mer venait à baisser, plusieurs lies se trouveraient réunies aux continents , et la plupart des côtes fermeraient des élévations dans Fintérieur des terres.

30. Nous ajouterons ici quelques mots sur ce que l'on entend par désert^ steppe^ pampa, lande, bruyère etgarrigtie, quoique ces dénominations appartiennent plutôt à la statistique et à l'agriculture qu'à la géographie proprement dite; car elles ont pour but d'indiquer que certaines portions de terres sont incultes et à peu près inhabitées.

Les déserts sont en général de grands espaces extrêmement arides, tandis que les steppes produisent plus de végétation que le désert et sont souvent habitées par des peuples nomades, et que lespa/mpas sont des plaines basses, généralement plus propres encore à la végétation que les steppes. Cependant la différence entre ces deux noms tient plus au langage qu'à la chose, attendu que l'on appelle pampas dans l'Amérique méridionale ce que l'on appellerait steppe en Russie ou dans le nord de l'Asie. Quant aux mots de la^de, bruyère et goârrigue, ils appartiennent à l'Europe occidentale et s'appliquent, par conséquent, a des espaces moins étendus que ceux de désert, de steppe et de pampa. Les deux premiers se donnent ordinairement à des sols' recouverts de dépôts meubles et de végétaux, parmi lesquels, du moins dans le nord, dominent souvent les bruyères. Le nom de garrigue, principalement employé dans le Languedoc , indique un sol où les rochers sont en grande partie à nu.

Il existe quelquefois dans les déserts des espaces où la présence de cours d'eaux, là nature du sol ou d'autres circonstances permettent l'établissement d'une végétation régulière et l'habitation fixe de l'homme; c'est ce que l'on appelle des oa>8is *.

* Je ne parle pas des goiUudes et àe»fàrét$, ces deux dénominations appartenant plus exclusivement à la statistique ou à Tagriculture que celles indiquées ci-dessus ; car ces dernières annoncent des sols que diverses circonstances naturelles rendent inhabitables ou propres seulement à certaines productions; Undis que par solitude on entend toute contrée inhabitée, dans le nombre desquelles il en est qui peuvent être /labiktbles. D'un autre côté, quoique Texislence d'une forêt soit souvent un résulUt de la nature et de la position du sol, cette existence peut aussi dépendre de la volonté de Thomme, qui défriche souvent des forêts et qui d'autres fois en crée de nouvelles.

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