CHAPITRE II
De la préparation de la liqueur oxigénêc.
Le but qu’on se propose dans l’appareil qui est destiné à cette préparation , est de dégager
en général.
le gaz acide muriatique oxigéné et de le combiner avec l’eau; il se divise donc en deux parties, l’une qui sert au dégagement du gaz , et l’autre à sa combinaison avec l’eau.
Pour le premier objet , on se sert d’un fourneau capable de contenir une capsule de fer servant de bain de sable ; on le construit ordinairement en brique. L inspection de la planche donnera 1 idée d’un de ces fourneaux. On place dans le bain de sable un matras contenant le mélange qui sera décrit ci-après.
met. met.
Les matras de o,38 a o,43 de diamètre sont piéfeiabtes à ceux qui ont de plus grandes dimensions , parce qu'ils sont moins sujets à se casser , plus faciles à manœuvrer et beaucoup moins chers. La forme ovale est plus avantageuse que la sphérique , parce qu’à diamètre égal , la capacité est plus grande. Si un matras ne suffit pas pour procurer la liqueur dont on a besoin , on peut placer deux fourneaux l’un près de l’autre (F.fig, i , 3, [,) , et les mettre en action successivement ou en meme temps.
La seconde partie de l’appareil où l’on reçoit
le gaz , le récipient , a, dans son intérieur, 0*9 mais il peut avoir deux mètres et au-delà de diamètre : ses parois et son fond doivent *tre formés de douves fortes de bois de chêne , cerclées de fer et recouvertes d’un vernis.
Loui défendre , de 1 action de la liqueur , l in-
térieur clu récipient , ainsi que les cuvettes , dont on va parler , ils doivent être couverts d'un enduit résineux d’une consistance telle , qu’il ne soit pas assez mou pour couler , ni assez dur pour s’écailler.
L’intérieur du récipient est muni de trois cuvettes renversées (fi g- 2, L, L,L,) destinées à retenir le gaz qui est amené du matras ; la profondeur de chaque cuvette doit être d’environ
met.
0,08. Leur assemblage ne peut admettre du fer qui serait attaqué par. l’acide muriatique oxigéné : elles sont assujetties par des barres transversales fixées à la circonférence du récipient ; on ferme l’espace compris entre les cuvettes et les parois du récipient , à l’exception d’une ouverture qui permet à la liqueur de communiquer d’une cuvette à l’autre et qui doit être placée alternativement aux côtés opposés , comme on le voit (fig. 1 , fi.
La cuvette inférieure ainsi que celle du milieu f porte dans son fond un tube de verre destiné à transmettre dans la . supérieure le gaz acide muriatique oxigéné , lorsqu’elle en est
met.
remplie ; ce tube a 0,018 de moins que le bord intérieur de la cuvette , (fig. 2 , P. P.)
Entre le matras et le récipient est un flacon dans lequel on met un peu d’eau : il a trois tubulures ; à l'une est adapté le tube de communication entre le matras et lui ; de la seconde sort
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le tube conducteur (K, Jig. a ,) destiné à porter le gaz sous la cuvette inférieure du récipient; la troisième reçoit un tube ouvert par les deux extrémités , qui porte le nom de tube de sûreté , parce qu'il empêche l’absorption : pour remplir cet objet , il faut qu’à partir du niveau de l’eau du flacon , il ait une hauteur plus grande que celle delà partie du tube conducteur qui plonge dans la liqueur du récipient ; sans quoi l’eau du flacon pressée par le gaz , s’échapperait par sa partie supérieure , il faut aussi que la partie de ce tube qui plonge dans l’eau du flacon soit plus courte que celle du tube conducteur qui est au-dessus du niveau de l’eau du récipient; afin qu’au moment où les vaisseaux se réfroidissent et où il s’y forme un vide , l’air extérieur puisse y pénétrer par le tube de sûreté , avant que l’eau du récipient ait pu s’y introduire par le tube conducteur.
Toutes les tubulures sont bouchées avec soin , mais d’une manière différente : le tube de sûreté et le tube conducteur sont fixés à demeure ; pour cela on les fait passer à travers un bouchon percé qu’on enduit intérieurement et extérieurement d’un mélange de cire et de térébenthine , et que l’on fait entrer de force dans la tubulure.
Le tube de communication entre le matras et le flacon intermédiaire doit avoir un bouchon
à chaque extrémité : mais comme ces bouchons doivent s’enlever à la fin de chaque opération , on ne les fait pas entrer de force , on les couvre d’une vessie enduite du meme mélange qui les garantit de 1 action du gaz, et on les assujettit par des ficelles , ou mieux par des leviers chargés d’un poids à l’une de leurs extrémités.
Entre le fourneau et le flacon intermédiaire , on établit une cloison en planches , dans laquelle on laisse une ouverture pour le passage du tube de communication.
Il est utile d’ajouter à la cuvette supérieure un tube dont on fait plonger l’extrémité recourbée dans un vase rempli de dissolution de potasse : lorsque , par quelques circonstances , le gaz vient à remplir la cavité de cette cuvette, le superflu s’échappe par ce tube et est absorbé par la potasse , en sorte que l'on préserve l’attelier de l’inconvénient qui en résulterait , s'il s’y répandait.
On peut se servir immédiatement d’acide muriatique et d’oxide de manganèse , ou bien on peut substituer à l’acide muriatique, l’acide sulfurique et le muriate de soude qui , décomposé par cet acide , abandonne l’acide muriatique ; le choix dépend du prix de ces substances dans l’endroit de l’établissement. C’est le second procédé que nous allons décrire et qu’il convient le plus souvent d’employer.
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GÉRERA L.
L’oxide de manganèse , manganèse du commerce , lorsqu’il est de bonne qualité , est en masses noires , plus ou moins grosses , et composées de petites aiguilles d’un brillant métallique , et contenant tres-peu de pierres étrangères. Il doit être réduit en poudre et bien mêlé avec le sel , dans les proportions que l’on va indiquer.
Si l’on est à portée d’une fabrique d’acide sulfurique, on peut se dispenser de l’acheter concentré, et l'employer tel qu’il sort de la chambre de plomb , pourvu qu’alors il ait un degré suffisant de concentration.
L’acide sulfurique concentré , tel qu’ü se trouve dans le commerce sous le nom d'huile de vitriol, marque à-peu-près G6 degrés à l’aréo- ' mètre de Baume; ici on le suppose dans cet état Les proportions des ingrédients qui nous paraissent les plus convenables , sont 10 parties d’oxide de manganèse , 20 parties d’acide sulfurique concentré au point qui a été indiqué et 27 parties de muriate de soude. Cependant nous ne pouvons affirmer quelles soient les plus exactes que l’on puisse établir. *
Si le manganèse n’est pas de bonne qualité ce qu’on reconnaît , lorsque le résidu de l’opérât,on ne conserve plus de couleur noire , alors il faut en augmenter la proportion dans les
operations suivantes , jusqu’à ce qu’on soit par-
venu à un résidu qui conserve un peu de noir.
L’acide sulfurique doit être étendu de poids égal d’eau : Rupp et Westruinb en conseillent une plus grande proportion. Il est à propos de faire ce mélange dans un vase de pomb.
On suppose ici une opération faite avec 5 kilogrammes de manganèse , 10 d’acide et i3,5 de sel.
Après avoir mêlé le sel et l’oxide de manganèse , on les introduit dans le rnatras qu’on place ensuite dans le bain de sable , puis on y verse l’acide sulfurique délayé et refroidi : 011 assujettit le bouchon du tube de communication sur l’orifice du rnatras. L’ascension de l’eau du flacon intermédiaire dans le tube de sûreté , indique que les ouvertures 11e laissent pas échapper de gaz ; on s’en assure encore davantage en leur présentant le bouchon humecté d’un flacon d ammoniaque; car pour peu qu’il s’échappe de gaz acide muriatique oxigéné , il devient sensible par une vapeur blanche.
On peut commencer le feu dans le fourneau avant de placer le rnatras dans le bain de sable , pourvu que la chaleur ne soit pas trop grande pour exposer le rnatras à se casser lorsqu’on l’y place , ou bien l’on peut attendre que tout 1 appareil soit disposé avant de donner le feu ; on pousse ensuite le feu avec beaucoup de ménagement , jirsqu’à ce que le flacon intermé-
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éliaire cesse d’élre rempli de vapeurs jaunes , et que le tube conducteur commence à s’échauffer ; alors on supprime le feu : l’opération pour les quantités ci-dessus désignées , dure de 6 à 8 heures. On n’attend pas pour retirer le malras du bain de sable, que le mouvement d ébullition soit entièrement calmé: 011 débite le tube de communication , et lorsque l’odeur est un peu dissipée , on enlève le ma iras et on le place dans un panier rempli de paille sèche, pour le vider lorsque l’on n’a plus à craindre que la chaleur 11’en lasse casser le coh
Pendant l’opération , il faut couvrir la partie du matras qui est hors du bain de sable , avec une enveloppe de laine , de carton ou autre chose semblable , qui soit propre à conserver la chaleur.
Les accidens qui sont à craindre dans cette opération sont le boursouflement et la concrétion du résidu : le premier a lieu pendant les chaleurs de l’été ; il est aussi occasionné, par la mauvaise qualité du manganèse : on l’evite dans l’un et l’autre cas , en diminuant les doses ; et pour se prémunir contre l obstruction des tubes qui pourrait avoir lieu dans le boursouflement , il faut les employer suffisamment larges. Cependant , si par inadvertance le flacon intermédiaire se remplissait de manière à faire craindre que le mélange ne passât dans le récipient , il fau-
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drait à l’instant enlever le matras ; car si le mélange que celui-ci contient venait à passer dans le récipient , les fils qu’on passerait dans la liqueur prendraient une couleur jaune, qu’il faudrait enlever par le moyen de l’acide sulfureux, étendu d’eau.
La concrétion du résidu qui expose à casser le matras lorsqu’on vient à le vider, peut être occasionnée par trois causes : la première est la proportion trop faible de manganèse ; la seconde, la température de l’atmosphère plus basse que 7 à 8 degrés , et la troisième est le séjour du matras dans le bain de sable après l’opération , ce qui arrive sur-tout lorsque le feu a été poussé trop loin. Il suffit d’avoir indiqué ces causes , pour trouver le moyen de les éviter.
Lorsque la température approche du terme de la congélation , il arrive souvent que le gaz prend une forme concrète dans le tube conducteur et parvient à l’obstruer. C’est encore pour éviter cet accident , qu’il est à-propos d’employer des tubes très-larges.
Considérons actuellement le récipient : il faut avoir soin , à mesure qu’on place chaque cuvette , de la recouvrir d’eau , et de soutirer l’air qui se trouve dessous; ce qui s’exécute par le moyen d’un siphon que l’on introduit par l’ouverture latérale , et dont on chasse l’eau en soufflant fortement par son extrémité supérieure.
Le récipient étant garni de ses cuvettes , cellesci étant recouvertes d’eau à l’exception de la supérieure , on place les tubes conducteurs, en les fesant passer par l’espace libre laissé entre les cuvettes supérieure et inférieure et les parois du récipient , et par une ouverture faite dans la planche qui ferme du meme côté la cuvette du milieu , et qu’on a soin de boucher exactement dès que les tubes sont placés. On finit de remplir d eau le récipient , qu’on ne vide plus , à moins qu’il n’y ait des réparations à faire. On a soin seulement d’évacuer chaque matin l’air qui se trouve sous la cuvette supérieure , lorsqu’on n’y a pas placé le tube dont on a parlé.
On voit par la disposition des cuvettes et du tube conducteur , que le gaz arrive toujours sous la cuvette inférieure , et que par conséquent c’est au fond du récipient que la liqueur doit être la plus forte ; c’est donc là qu’il faut la prendre ; pour cet effet , on établit dans le récipient un tuyau (fig- 2. Q) de bois, de grès , faïance ou porcelaine qui pénètre jusqu’au fond , et dont l’extrémité supérieure est au niveau des bords du récipient ; 011 en tire la liqueur en plongeant dans cette extrémité un siphon , dont la longue branche va aboutir dans l’eau de la cuve d’immersion (fig. 2. R). A mesure qu’on soutire la liqueur du récipient , 011 a soin de le remplir , en y ajoutant de l’eau ou de la liqueur épuisée.
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