INSTRUCTION
Sur le dêbouilli des laines et étoffes de laine.
« Comme il a été reconnu que la méthode preste crite pour les débouillis des teintures par Tarer ticle XXXVII des réglements pour teinturiers « en grand et bon teint , des draps , serges et « autres de laine, du mois d'août 16G9 , par les « articles CCXX et suivants de l’instruction géné- « raie pour la teinture des laines de toutes coure leurs, et pour la culture des drogues et ingré- « dients qui y sont employés , du [8 mars 1671 , « n’est pas suffisante pour juger exactement de c c la bonté ou de la fausseté de plusieurs court leurs , que cette méthode pouvait meme quel- « quefois induire en erreur et donner lieu à des « contestations , il a été fait , par ordre de sa « majesté , différentes expériences sur les laines « destinées à la fabrique des tapisseries, pour « connaître le degré de bonté de chaque couleur, te et les débouillis les plus convenables à chacune.
« Pour y parvenir , il a été teint des laines fines « en toutes sortes de couleurs, tant en bon teint « qu’en petit teint , et elles ont été exposées à « l’air et au soleil pendant un temps convenable.
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« Les bonnes couleurs se sont parfaitement sou- « tenues , et les fausses se sont effacëes plus ou « moins , à proportion du degré de leur mauvaise qualité : et comme une couleur ne doit « être réputée bonne qu’autant quelle résiste à « l’action de l’air et du soleil , c’est cette épreuve « qui a servi de règle pour décider sur la bonté , « des différentes couleurs.
« Il a été fait ensuite , sur les mêmes laines « dont les échantillons avaient été exposés à l’air « et au soleil , diverses épreuves de débouilli ; « et il a d’abord été reconnu que les mêmes « ingrédients ne pouvaient pas être indifférem- « ment employés dans les débouillis de toutes les « couleurs, parce qu’il arrivait quelquefois qu’une « couleur reconnue bonne par l’exposition à l’air, « était considérablement altérée par le débouilli , « et qu’une couleur fausse résistait au même dé- « bouilli.
« Ces différentes expériences ont fait sentir « 1 inutilité du citron, du vinaigre, des eaux « sûres et des eaux fortes, par l’impossibilité de « s assurer du degré d’acidité de ces liqueurs ; et « il a paru que la méthode la plus sûre est de « se servir avec l’eau commune , d’ingrédients « dont l’effet est toujours égal.
« Ensuivant cet objet, il a été jugé nécessaire « de séparer en trois classes toutes les couleurs « dans lesquelles les laines peuvent être teintes ,
33o DE LA TEINTURE
« tant en bon qu’en petit teint , et cle fixer les « ingrédients qui doivent être employés dans les « débouillis des couleurs comprises dans chacune « de ces trois classes.
« Les couleurs comprises dans la première « classe doivent être débouillies avec l’alun de « Rome , celles de la seconde avec le savon blanc « et celles de la troisième avec le tartre rouge.
« Mais comme il ne suffit pas , pour s’assurer « de la bonté d’une couleur par l’épreuve du <t débouilli , d’y employer des ingrédients dont « l’effet soit toujours égal ; qu’il faut encore, non- « seulement que la durée de cette opération soit « exactement déterminéè , mais meme que la « quantité de liqueur soit fixée, parce que le « plus ou moins d’eau diminue ou augmente conte sidérablement l’activité des ingrédients qui y « entrent , la manière de procéder aux différents « débouillis sera prescrite par les articles suite vants.
ARTICLE PREMIER
« Le débouilli avec F alun de Pvome sera fait en « la manière suivante :
te On mettra dans un vase de terre ou terrine « une livre d’eau et une demi-once d alun ; on <e mettra le vaisseau sur le feu , et lorsque 1 eau c< bouillira à gros bouillons , on y mettra la laine « dont l’épreuve doit être faite , et on 1 y laissera
« bouillir pendant cinq minutes, après quoi on « la retirera , et on la lavera dans l’eau froide : « le poids de l’échantillon doit être d’un gros « ou environ.