CHAPITRE IV
Du sulfate de cuivre.
L e sulfate de cuivre , vitriol bleu , vitriol de Chypre , couperose bleue , est peu employé en teinture, mais il est d’un grand usage pour former les couleurs dont on se sert particulièrement pour les papiers peints , en sorte que sa fabrication et les moyens de l’obtenir pur, sont devenus un objet important pour les arts.
Pour faire le sulfate de cuivre , on emploie différons moyens; on calcine le sulfure naturel ou pyrite de cuivre ou la mate qui résulte de la fusion de la mine de cuivre et qui est une combinaison du cuivre et du soufre , et l’on lait effleurir le résultat de la calcination : le cuivre , privé d’un excès de soufre , s’oxide et le soufre se change en acide sulfurique : on extrait ensuit le sel qui s’est formé et on le fait cristalliser: un second procédé analogue au précédent, consiste à calciner un mélange de soufre et de cuivre, à faire également effleurir le sulfure, à lessiver le sel, et à le faire cristalliser.
Depuis que la fabrication de l’acide sulfurique a permis de l’employer à différents lisages aux-
nw GÉNÉRAL.
quels s’opposait le prix qu’il avait, on a fait du. sulfate de cuivre, en dissolvant le métal ou 1 oxide métallique dans l’acide sulfurique ; on reproche , pour quelques usages , à ce sulfate , d avoir un excès d’acide ; mais il serait facile d éviter cet inconvénient.
Il y a quelques eaux qui contiennent naturellement du sulfate de cuivre.
Les principes qui doivent diriger, lorsque Ion veut purifier le sulfate de cuivre, méritent de fixer notre attention, parce qu’ils s’appliquent à toutes les combinaisons métalliques , et qu’ils donnent l’explication de plusieurs phénomènes que l’on observe dans l’action chimique des différentes substances.
On doit considérer l’insolubilité d’une combinaison qui peut se former , comme une cause de sa formation, lorsque les élémensqui peuvent la produire , sont mis en présence : de là on peut déduire, ainsique nous l’avons dit, la cause des précipitations et des changements de base , qui ont lieu dans l’action réciproque des substances acides et des substances alcalines.
Le même effet a lieu dans faction réciproque des oxides métalliques et des acides. Les oxides peuvent rarement produire la neutralisation, en se combinant avec les acides , de manière que leur combinaison conserve encore la solubilité y
mais ces combinaisons exigent un excès plus ou moins grand d’acide , et cette condition varie , selon l’état d’oxidation : ainsi nous avons vu que le sulfate de fer très-oxidé , exige un excès d’acide considérable , pendant que le sulfate peu oxide n’en a pas besoin ; si l’excès d’acide vient à être enlevé, le sel très - oxidé qui est insoluble, se précipite.
Il résulte de là que lorsqu’un métal est en dissolution , et qu’il a besoin d’un excès d’acide pour conserver cet état , l’addition d’un autre oxide qui exigera un excès d’acide moins considérable , obligera le premier à se précipiter , en formant nu sel insoluble , et s’il demande lui-même un excès d’acide , quoique moins considérable , il sera précipité à son tour par un oxide qui pourra se dissoudre sans excès d’acide , ou qui en demandera moins.
Par la même raison , on obtiendra des effets différents, en fesant varier l’oxidation d’un métal, et par là la solubilité de ses combinaisons. Ainsi nous avons vu que le fer précipitait le sulfate très-oxidé, en formant une combinaison qui conserve sa solubilité sans excès d’acide ; il se produit dans ces circonstances deux combinaisons , l’une qui reste en dissolution , et l'autre qui est insoluble : l’action des alcalis même , se borne ordinairement à produire un effet semblable, sur les dissolutions métalliques.
Gay-Lussac , qui a établi ce point de théorie ( j ), l’a appuyé de plusieurs faits intéressants, nous nous bornerons à rappeler les observations qui se rapportent à la préparation du sulfate de cuivre et du sulfate de fer.
« Lorsque le fer est très-oxidé , il est précipité « par l’oxide de cuivre, et l’inverse a lieu, lorsqu’il « l’est très -peu. Il se présente ici deux consé- « quences très-importantes , parce qu’elles peuor vent avoir de fréquentes applications dans les « arts ; la première , que l’on peut séparer tout « le fer d’une dissolution de cuivre; la seconde, « que l’on peut enlever tout le cuivre que co lift tient une dissolution verte de fer.
ft On prépare plusieurs couleurs avec le sulfate « de cuivre ; mais le fer qu’il contient toujours et « qu’on n’a pu encore parvenir à en séparer comte plètement , en altère la nuance. Si , pour rem» « plir ce dernier objet , on oxide fortement le fer, « par le moyen de l’acide nitrique , ou mieux de « l’acide muriatique oxigéné , on le précipitera « entièrement du sulfate de cuivre , en y versant « de la potasse en quantité suffisante , et en « chauffant et agitant bien la liqueur.
« On emploie aussi souvent dans les arts le suite fate vert de fer , et dans plusieurs on desire « qu’il ne retienne pas du tout de cuivre. Le fer
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« a bien la propriété de le séparer, mais il paraît « qu il ne le fait que très - imparfaitement , et c< avec beaucoup de temps. Usera, sans doute, « plus avantageux d’employer la potasse et d’en « verser un peu dans le sulfate vert : le précipité « d oxide noir de fer , rentrera bientôt en dissoif lution par 1 agitation et il précipitera à la fois « 1 oxide de cuivre et l’oxide rouge de fer, s’il s’en « trouve dans le sulfate vert. »