CHAPITRE PREMIER
Des procèdes de la teinture en noir.
O N ne connaît qu’un petit nombre de substances qui puissent donner par elles - memes un noir solide , et on ne les a éprouvées que sur le lin ét le coton. Le suc de la noix d’acajou ou anacardium
des Indes , communique une couleur noire, qui résisté non seulement au lavage , mais même à rébullition avec du savon et aux lessives alcalines. On l’emploie pour marquer le anacardium
occidentale donneaussi une couleur durable, mais elle n’est que brunâtre.
Le toxicodendron a un suc qui produit à-peuprès le même effet. Le suc des tiges du houblon donne une couleur rouge brunâtre, très durable. Le jus de prunelle donne une teinte pâle tirant sur le brun , qui , lavée plusieurs fois avec le savon, et humectce ensuite d’une dissolution d’alcali , devient d’un brun plus foncé. En fesant cuire les prunelles, leur suc devient rouge , et la teinture rouge qu’il donne au linge, se change, quand on le lave avec le savon , en june couleur bleuâtre qui est de durée (i).
Selon Linneus (2) , le jus des baies de Xœctea spicata ou cristophoriana , fait une encre noire avec l’alun ; et les baies de Ximpetrum procumbens ouXerica haccifera nigra , produisent avec l’alun une couleur noire tirant sur le pourpre.
Il croît au Brésil un arbre que les botanistes appellent pomifera indica tinctoria ou genipa americana^ et dont les baies et les feuilles teignent en un bleu noir qui résiste à l’action du savon.
* * fl) Levis L?:p. Phvs. et Cliyni., toin. II.
(n) AiüücniUvlcs ata(i.
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Les moyens d’obtenir une couleur noire qu’on vient d’indiquer, ne peuvent être employés en teinture , parce que les substances dont on la retire ne peuvent être recueillies en assez grande quantité pour les besoins de l’art, et parce que le noir qu’elles donnent ne peut être comparé à celui qu’on forme en teinture. Tout le noir des teintures est donc dû à une combinaison artificielle. On fixe sur les étoffes les molécules nt^ives , qui sre forment par l’union du principe astringent ou d’une autre substance colorante , et de l’oxide de iêr . Nous allons présenter les principaux procédés par lesquels on exécute cette opération avec les différentes étoffes.
Selon le procédé qu’a décrit Hellot(i), pour teindre le drap de laine en noir, il doit avoir reçu le bleu le plus foncé ou bleu pers , avoir été lavé à la rivière aussitôt qu’il est sorti de la cuve , et ensuite dégorgé au foulon.
Pour cinquante kilogrammes d’étoffe , on met, dans une chaudière de moyenne grandeur , huit kilogrammes de bois d’Inde et autant de noix de galle d’Alep pulvérisée , le tout renfermé dans un sac qu’on fait bouillir pendant douze heures dans une suffisante quantité d’eau. On transporte le tiers de ce bain dans une autre chaudière avec un ' kdogramme de vert-de-gris, et on y passe l’étoffe
î etc.
(i) L’Art de la Teinture en laine
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en la remuant , sans discontinuer , pendant deux heures, observant de tenir le bain très-cbaud sans bouillir. On lève ensuite Fétoffe , on ajoute dans la chaudière le second tiers du bain, avec quatre kilogrammes de vitriol ou sulfate de fer; il faut diminuer le feu , laisser fondre le sulfate , et rafraîchir le bain pendant une demi - heure , après quoi oi met l’étoffe , qu’on promène bien pendant une ir' re , el qu’on lève ensuite pour l’éventer. Enfin on prend le dernier lier§ du bain qu’on ajoute aux deux autres , ayant soin de bien exprimer le sac. On y met 8 à lo kilogr. de sumac ; on fait jeter un bouillon à ce bain , puis on le rafraîchit avec un peu d’eau froide ; on y jette encore un kilograrnme de sulfate de fer, et on y passe l’étoffe pendant une heure. On la lave ensuite , on l’évente , et on la met de nouveau dans la chaudière , en la remuant toujours pendant une heure. Après cela on la porte à la rivière , on la lave bien el on la fait dégorger au foulon. Lorsque l’eau en sort claire , on prépare un bain avec la gaude , qu’on fait bouillir un instant , et après avoir rafraîchi le bain , on y passe l’étoffe pour l’adoucir et pour assurer davantage le noir. De cette manière on obtient un très - beau noir sans que l’étoffe soit trop desséchée.
Ordinairement l’on fait usage de procédés plus simples ; ainsi l’on passe simplement le drap bleu sur un bain de noix de galle où on le fait bouillir
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deux heures; on le passe ensuite dans un bain de bois d’Inde et de sulfate de fer pendant deux heures sans faire bouillir, après quoi on le lave et on le dégorge au foulon.
Hellot a éprouve qu’on pouvait teindre de la manière suivante. Pour 1 8 mètres de drap bleu pers , on fait un bain de 0,75 kilogrammes de bois jaune , 1 kilogrammes de bois d’Inde et 5 kilogrammes de sumac. Après y avoir fait bouillir le drap pendant trois heures, on le lève, on jette 5 kilogrammes de sulfate de fer dans la chaudière, et on y passe le drap pendant deux heures ; on l’évente ensuite et on le remet dans le bain pendant une heure; enfin on le lave et on le dégorge. Le noir est moins velouté que le précédent. Des épreuves lui ont appris que le garançage prescrit par l’ancien reglement, ne fait que donner un œil rougeâtre au noir , et qu’on l’obtient plus beau et plus velouté sans garance.
On peut aussi teindre en noir sans avoir donné un pied de bleu ; on se sert meme de cette méthode pour les draps de peu de valeur; alors on les racine ^ c’est-à-dire qu’on leur donne un pied de fauve avec le brou de noix ou la racine de noyer, ensuite on les noircit de la manière prescrite ci-dessus ou de quelque autre ; car il est facile d’apercevoir qu’on peut obtenir le noir par plusieurs procédés.
Les proportions que , selon Lewis, les teintii-
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riers anglais suivent le plus généralement , sont pour 5o kilogrammes de drap de laine teint d’abord en bleu foncé, environ 2,5 kilogrammes de sulfate de fer, autant de noix de galle, et 1 5 kilogrammes de campéche. Ils commencent par engaller le drap , ensuite ils le passent dans la décoction de campéche à laquelle ils ont ajouté le sulfate de fer.
Quand le drap est complètement teint, on le lave dans une rivière et on le passe dans le moulin à foulon jusqu’à ce que l’eau en sorte claire et sans couleur ; quelques uns recommandent , pour les draps fins , de les fouler avec l’eau de savon : cette opération demande un ouvrier expérimenté , qui dégorge bien le drap du savon. Plusieurs recommandent, au sortir du foulon, de passer le drap dans un bain de gaude, dans la vue de lui donner de la douceur, et en meme tems de consolider le noir. Lewis dit que le passage du drap par la gaude, après avoir été traité avec le savon , est absolument inutile , quoiqu’il soit avantageux quand on n’a pas fait cette opération.
On lit dans les mémoires de Stockholm pour l’année 1753, qu’on peut substituer à la noix de f^alle Xuva ursi, cueilli en automne et séché avec soin , afin que ses feuilles restent vertes. On fait bouillir pendant deux heures, 5o kilogrammes de laine, avec 8 kilogrammes de sulfate de fer
et autant de tartre ; on rince le drap le jour suivant , connue après Fahinage ; on fait bouillir ensuite dans l’eau pendant deux heures , kilogrammes d’uva ursi ; après l’avoir ôtèe , on y met un peu de garance et on y trempe le drap eu même tems ; on l’y laisse une heure et demie ou une heure trois quarts , et ensuite on le rince dans l’eau. Lewis observe que cette manière de teindre , donne un assez bon noir sur le drap bleu , mais seulement un brun foncé sur le drap blanc , et que la garance et le tartre y sont inutiles. L’uva ursi précipite le sulfate de fer en grosses molécules noires qui se dispersent dans l’eau.
On peut distinguer différentes opérations dans la teinture de la soie en noir; la cuite de la soie, son engallage , la préparation du bain , l’opéra^ tion delà teinture, l’adoucissage du noir.
La soie, comme on l’a vu, part. lere., contient^ naturellement une substance que l’on appelle sa* gomme , et qui lui donne la roideur et l’élasticité qu’on remarque lorsqu’elle est dans son état naturel ; mais elle n’ajoute point à la force de la soie , qui est alors ce qu’on appelle de la soie crue ^ bien plus , elle la rend plus sujette à s’user par la roideur qu’elle lui communique ; et quoique la soie crue prenne plus facilement la couleur noire, cependant le noir en est moins parfait pour l’intensité , et il résiste beaucoup moins^aus
réactifs qui sont propres à dissoudre les parties colorantes , que la soie qui a été dëcreusée ou dépouillée de sa gomme.
Pour décreuser la soie destinée au noir, on la fait bouillir ordinairement quatre ou cinq heures avec le cinquième de son j)oids de savon blanc ; après cela on la bat et on la lave avec soin.
Pour 1 engallage, on fait bouillir pendant trois ou quatre he\ires la noix de galle , dont il faut àpeu-près les trois quarts du poids de la soie ; mais vu le prix de la noix de galle d’Alep , on y mcle plus ou moins de noix de galle blanche , ou meme d une espèce inférieure qu’on appelle galon. La proportion dont on se sert ordinairement à Paris est de deux parties de noix de galle d’Alep sur huit à dix parties de galon. Après l’ébulfition on laisse la noix de galle se déposer pendant environ deux heures ; on plonge la soie dans le bain , et on l’y laisse depuis douze jusqu’à trente - six heures; après quoi on la retire et on la lave à la rivière.
La soie est susceptible de se combiner avec des quantités plus ou moins grandes de principe astringent, d’où résulte une augmentation considérable depoids , non seulement par le poidsdu principe astringent, mais aussi par celui des parties colorantes qui s’y fixent ensuite en raison de la quantité du principe astringent qui s y trouve combiné : en conséquence ou varie les j^rocédés selon le poids plus ou moins considérable que
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l’on veut communiquer à la soie ; ce qui exige quelques éclaircissements.
Le commerce des étoffes de soie se fait de deux manières : elles se vendent ou en raison du poids ou en raison delà surface , c’est-à-dire à la mesure ; c’est ce qui distinguait autrefois le commerce de Tours et celui de Lyon; à Tours on vendait au poids, et à Lyon à la mesure. L’on avait donc interet de sui charger le poids à Tours , et au contraire à Lyon on avait interet à épargner les ingrédients de teinture; de là est venue la distinction du noir léger et du noir pesant. Aujourd’hui on teint des deux manières à Lyon , parce qu’on y a adopté les deux modes de commerce.
La soie perd à-peu-près le quart de son poids par une cuite complète , et elle reprend dans la teinture en noir léger la moitié de cette perte: mais dans le noir pesant, elle prend quelquefois au de-là d’un cinquième de son poids primitif, et cette surcharge est nuisible à la beauté du noir
et à la solidité de l’étoffe. L’on désigne sous le nom de noir anglais , celui qui est très-surchargé, parce qu’on prétend que c’est d’Angleterre qu’il nous est venu. Comme la soie qui est teinte avec une grande surcharge n’a pas un beau noir , on la destine ordinairement à la trame que l’on recouvre d’une chaîne teinte en beau noir.
La diffé rence du procédé pour obtenir le noir pesant consiste à laisser la soie plus long-temps
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DE LA teinture
dans lengallage, à le répéter, à passer un plus graod nombre de fois la soie dans la teinture meme a 1 y laisser séjourner. Le premier en • gallage se fait ordinairement avec une noix de galle qui a servi dans une opération précédente, et Ion emploie de la nouvelle pour le second : mais ces moyens ne suffiraient pas pour donner une grande surcharge , telle qu’elle se trouve dans le noir anglais; pour luidonner ce poids on engalle la soie sans la décreuser; et au sortir de l’engallage, on 1 assouplit par le moyen des chevillages.
Les teinturiers en soie conservent une cuve pour le noir , et sa composition très - compliquée varie dans les différents atteliers : ces cuves sont ordinairement établies depuis longues années , et lorsque la teinture noire s’y épuise , on larenouvelle par ce qu’on appelle un brevet. Lorsque le dépôt qui s’y accumule est trop considérable , on le retire, de sorte qu’au bout de quelque temps, il ne reste plus rien de plusieurs ingrédients qui entraient dans le bain primitif , mais qui ne sont pas employés dans le brevet. On peut voir dans l’ouvrage de Macquer(i), la description d’un bain et d’un brevet de cette espèce : on y fait entrer de la graine de fenu-grec , de psyllium , de cumin , la coloquinte , les baies de nerprun , d’agaric , le nitre , le muriate d’ammoniaque , le
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sel gemme, la litarge , l’antimoine, la mine de plomb , l’orpiment, le muriate de mercure corrosif, etc. Macqiier convient qu’il y a beaucoup d’ingrédients inutiles dans ce procédé, et effectivement ily en a plusieurs qu’on n’y fait plus entrer; mais les compositions non seulement de chaque pays, mais de chaque atelier , sont différentes.
Ordinairement on ajoute au bain de teinture , de la limaille de fer ; mais quelques teinturiers , particulièrement à Tours, y substituent la moulée^ ou le détriment des meules qui servent à aiguiser ; cette moulée n’agit probablement que par les parties de fer qu’elle contient et qui s’y trouvent très-divisées.
Pendant qu’on finit de disposer les soies à la teinture, on échauffe le bain , ayant soin de remuer de temps en temps, pour que le marc qui est au fond ne prenne pas trop de chaleur : ce bain ne doit jamais être amené jusqu’à l’ébullition ; l’on y ajoute plus ou moins de gomme et de dissolution de fer , suivant les différents procédés , et quand on juge que la gomme est dissoute et que le bain est parvenu à un degré voisin de l’ébullition , on le laisse reposer pendant environ une heure , ensuite on y plonge les soies, qu’on divise ordinairement en trois parties pour les mettre successivement dans le bain. Chaque partie est légèrement torse trois fois, et mise à éventer chaque fois. Le but de cette opération est
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d’exprimer la liqueur dont la soie est impregnëe, et qui s est epuisëe , pour y en faire pënëtrerde la nouvelle , mais sur-tout d’exposer la soie à 1 influenee de 1 air, qui fonce le noir.
Après que chaque partie de la soie a ëprouvë trois torses , on est obligé de réchauffer le bain , en y remettant de la gomme et du sulfate de fer, comme la première fois ; et l’opératiou qui se fait dans 1 intervalle d’un réchauffement à l’autre corislituecequon appelle un feu. On ne donne que deux feux pour le noir léger ; mais on en donne trois pour le noir pesant , et meme les teinturiers laissent séjourner la soie dans le bain après ledernierfeu, pendant environ douze heures. On teint ordinairemeut 3o kilogrammes de soie dans une opération , ce qu’on appelle une chaudée. Si 1 on ne teint que la moitié de cette quantité , l’on n’a besoin que d’un feu pour le noir léger.
L opération de la teinture étant achevée, on met de l’eau froide dans une barque, et on y disbrode la soie en la lisant.
La soie , en sortant de la teinture en noir , a beaucoup d’âpreté ; l’opération par laquelle on 1 en dépouille, est ce qu’on appelle X adoucissage : on verse dans un grand vaisseau rempli d’eau la dissolution de a à 2,5 kilogrammes de savon pour 5o kilogr. de soie ; on y coule la dissolution de savon à travers une toile ; on mêle bien cette dissolution ; on y met les soies ; on les y laisse pen-
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dant environ un quart d’heure ; après cela on les tord et on les fait sécher.
Pour teindre en noir la soie crue , on l’engalle à froid sur le bain de noix de galle qui a déjà servi pour le noir en soie cuite. On choisit pour cet objet la soie qui a son jaune naturel. Il faut remarquer que lorsqu’on veut conserver une partie de la gomme de la soie que l’on assouplit ensuite , on fait l’engallage avec le bain de noix de iralle chaud à la manière ordinaire : mais ici où
l’on veut conserver toute la gomme de la soie et l'élasticité qu’elle lui communique, on ne fait l’engallage qu’à froid : si l’engallage est faible, on y laisse la soie plusieurs jours.
La soie ainsi préparée et lavée , prend trèsfacilement la teinture noire , et la disbrodurek laquelle on peut ajouter du sulfate de fer, suffit pour la lui communiquer. Cette teinture se fait à froid ; mais suivant le plus ou le moins de force de la disbrodure, elle exige plus ou moins de temps. Il faut quelquefois trois ou quatre jours ; après cela on la lave en lui donnant une ou deux baltures, et on la fait sécher sans la tordre pour ne pas l’amollir.
On peut teindre sur crud avec plus de promptitude , en lisant la soie dans le bain froid après Vengallage , en l’éventant et en répétant quelquefois ces manœuvres ; après cela on la lave et on la seche comme on a dit.
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Macquer décrit un procédé plus simple pour le noir dont on teint les velours à Gènes , et il dit que ce procédé , rendu encore plus simple , a eu un succès complet à Tours : en voici la description.
Pour 5o kilogrammes de soie, on fait bouillir pendant une heure, lo kilogrammes de noix de galle d’Alep en poudre , dans suffisante quantité d’eau ; on laisse reposer le bain jusqu’à ce que la noix de galle soit précipitée au fond de la chaudière , d’où on la retire ; après quoi on y met 1 5 kilogrammes de vitriol d’Angleterre , 6 kilogrammes delimailîe de feret lokilogrammesde gomme du pays qu’on met dans une espèce de chaudron à deux anses , troué de toutes parts. On suspend ce chaudron avec des bâtons dans la chaudière , de manière' qu’il n’aille pas au fond. On laisse dissoudre la gomme pendant une heure, .en la remuant de temps en temps. Si l’heure passée , il reste encore de la gomme dans le chaudron , c’est une marque que le bain , qui est de deux muids , en a pris autant qu’il faut ; si au contraire toute la gomme est dissoute, on en j^eut ajouter i à 2 kilogrammes. On laisse ce chaudron continuellement suspendu dans la chaudière , de laquelle on ne le retire que pour teindre , et on le remet ensuite. Pendant toutes ces opérations la chaudière doit être tenue chaude , mais sans ' bouillir. L’engallage de la soie se fait avec un tiers
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de noix de galle d’Alep : on y laisse la soie pendant six heures, puis pendant douze. Le reste selon l’art.
Lewis dit qu’il a répété ce procédé en petit , et qu’en ajoutant du sulfate de fer de plus en plus , et en répétant les immersions de la soie un grand nombre de fois , il a enfin obtenu un beau noir.
Le sulfate de fer parait en effet être en trop petite proportion dans le procédé décrit par Macquer; et il faut bien qu’on y ait trouvé des inconvénients , puisqu’on n’en a pas retenu l’usage à Tours. Lewis pense que la gomme est inutile , et quelle est toute emportée par le lavage de la soie ; mais il y a apparence que s’il eût continué à teindre dans le meme bain , il se serait aperçu qu’elle aurait servi à le maintenir; cependant il paraît qu’on en met un excès dans ce procédé. Il doit être avantageux sur-tout, quand on diminue la quantité de la gomme , d’ajouter par parties le sulfate de fer après chaque feu.
Lewis remarque encore que , quoiqu’on puisse teindre en bon noir sur la soie blanche , sans se servir de bois de campêche ou de vert-de-gris , l’addition de ces deux ingrédients contribue beau* coup à améliorer la couleur sur la soie ainsi que sur la laine.
Le procédé de la teinture en noir sur soie, est très dispendieux par la quantité de noix de galle.