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e^oiît le prix est fort augmente. Il est donc important de chercher à diminuer cette quantité. L’on va voir un procédé qui est extrait du mémoire d’Anglés, qui a concouru pour un prix proposé en 17^6 par l’académie de Lyon, et dans lequel on a cherché à remplir cet objet.
On plonge la soie cuite avec soin et lavée à la rivière dans une forte décoction de brou de noix , et on Ty laisse jusqu’à ce que la couleur du bain soit épuisée ; on la retire ensuite pour la cheviller légèrement, la faire sécher, et la laver à la rivière. La décoction de brou de noix se fait par une ébullition d’un bon quart - d’heure ; après quoi on retire le feu , et on laisse tomber le bouillon avant d’y plonger la soie qu’on a eu soin de tremper auparavant dans l’eau tiede : on donne le pied du bleu par le moyen du campêche et du vert-de-gris , en dissolvant dans l’eau froide un seizième de vert-de-gris relativement à la soie : on y laisse tremper celle - ci pendant deux heures , et on la passe ensuite dans une forte décoction de bois de campêche ; on l’exprime légèrement , et on la sèche avant de la laver à la rivière. On peut se passer d’engallagepourle noir léger ; mais il faut engaller la soie à raison de moitié de noix de galle pour obtenir un noir pesant.
Pour préparer le bain , on fait macérer dans 100 litres d’eau, à un feu doux, pendant la
heiues
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heures, i kilogramme de noix de galle et i,5 kilo grammes de sumac. Après que le bain est passé au clair ^ ou y fait dissoudre i,5 kilogrammes de sulfate de fer et autant de gomme arabique. La dissolution étant faite , on y plonge la soie à deux rejirises différentes, et on Fy laisse séjourner pendant deux heures chaque fois , ayant soin , après la première immersion , de l’éventer et de la sécher avant de lui donner le second feu, après lequel on l’évente et on la sèche également ; ])uis on lui donne deux battures à la rivière ; après cela, le troisième feu de la même manière que les deux précédents , excepté qu’on la laisse 4 ou même 5) heures dans le bain. Lorsqu’elle est égouttée et séchée , on lui redonne deux battures à la rivière. Il faut avoir soin que pendant l’opération, le degré de chaleur n’excède pas le terme moyen de 1 eau bouillante , ce qui répond à 40 degrés du thermomètre de Reaumur ; et avant de donner les deux derniers feux, il faut ajouter o, 25 kilogrammes de sulfate de fer et autant de gomme arabique.
Pour enlever l’âpreté que la teinture noire donne à la soie , Anglês préfère la décoction de gaude à la dissolution de savon.
Il dit que le bleu d’indigo, donné à la soie avant la teinture noire , ne lui laisse prendre qu un noir farineux , mais qu’avec le campêche et le vert-de-gris on obtient un noir vélouté : il
iS DE LA TEIÎTTLIIE
dit aussi que le Lrou de noix adoucit la soie. Quoiqu’on puisse faire un beau noir avec le brou de noix et le bain qui a ëtë dëcrit , il y ajoute cependant le campêche et le vert-de-gris, pour ne pas être obligë d’employer beaucoup de sulfate de fer qui attënue trop la soie ; enfin il pense que la noix de galle ne sert qu’à rendre du poids à la soie , et que le sumac suffirait pour cette teinture.
Le lin et le coton prennent difficilement un noir qui soit assez foncë et qui rësiste au savon , de sorte qu’on est obligë d’employer des procëdës particuliers pour les teindre en noir; et jusqu’à prësent on trouve peu de ces teintures qui soient suffisantes.
L’on se sert, pour teindre en noir le coton et le lin , d’une dissolution de fer qu’on tient dans un tonneau qu’on appelle la tonne au noir ; on prëpare cette dissolution , ou avec du vinaigre ou avec de la petite bière , ou de la piquette , que l’on fait aigrir avec de la farine de seigle, ou * d’autres ingrëdients , dans la vue d’avoir une liqueur acide au plus bas prix ; on jette dans cette liqueur de la ferraille , et l’on abandonne cette dissolution pour s’en servir au besoin, ayant soin de ne pas remployer avant six semaines ou deux mois depuis sa prëparalion. Souvent on
ajoute à ce bain des astringents, et particulièrement la décoction d'ëcorce d'aune qui , lors même
eno^wéral. rg
quelle est seule, a la propriété de dissoudre une quantité considérable d’oxide de fer.
Nous avons remarqué , en parlant de l’acétate de fer, qu’il convenait que ce métal y fût trèsoxidé : il convient , en conséquence , de séparer la dissolution , lorsqu’elle est faite , du métal qui s’oppose à son oxigénation.
Le Pileur d’Apligny décrit (i) le procédé qu’on suit à Rouen pour les fils de lin et de coton. On ' les teint d’abord en bleu de ciel sur la cuve , puis on les tord et on les met au sec. On les engalle à raison d’une partie de noix de galle sur quatre de fil. On les laisse vingt -quatre heures dans l’engallage , on les tord de nouveau , et on les fait sécher.
On verse ensuite dans un baquet lo litres en- .viron du bain de la tonne au noir, par kilogr. de fil ; on y passe et on y travaille à la main le fil par parties un quart-d’heure ou environ ; on le tord et on le fait éventer. On répète deux autres fois cette opération , en ajoutant à chaque fois une nouvelle dose du bain noir , qui doit avoir été écumé avec soin; on fait encore éventer le fil ; on le tord , on le lave à la rivière pour le bien dégorger , et on le fait sécher.
Pour finir de teindre le fil , on fait bouillir , pendant une heure, dans une chaudière, un
(i) L Art de la Teinture des fils et étoffes de coton.
DE LA teinture
poids decorce d’aune, égal à celui du fil, avec une suffisante quantité d’eau ; on y ajoute environ moitié du bain qui a servi à l'engallage , et du sumac , à moitié du poids de l’écorce d’aune. On fait bouillir de nouveau le tout l’espace de deux heures , après lesquelles on passe ce bain au tamis. Lorsqu’il est froid , on y passe le fil sur les bâtons , et on l’y travaille parties j^ar parties ; on févente de temps en temps , puis on le rabat dans le bain ou on le laisse vingt-quatre heures ; on le tord et on le fait sécher.
Pour adoucir ce fil lorsqu’il est sec , on est dans l’usage de le tremper et de le travailler dans un restant de bain de gaude qui a servi à d’autres couleurs , et auquel on ajoute un peu de bois d’Inde ; on le relève et on le tord , et à l’instant on le passe dans un baquet d’eau tiède dans lequel on a versé du poids du fil, d’huile d’olive ; enfin on le tord et on le fait sécher.
Le Pileur d’Apligny décrit un procédé dans lequel il se sert aussi de la garance pour donner au fil de lin et de eoton une couleur noire qu’il annonce comme très-belle et très-solide.
On commence par décreuser le fil à l’ordinaire , l’engailer , faluner , puis on le passe sur un bain de gaude. Au sortir de ee bain , il faut le teindre dans une décoction de bois d’Inde , à laquelle on ajoute un quart de sulfate de euivre pour la quantité de fil. Au sortir de ce bain , on
Je lave à la rivière et on le tord à plusieurs reprises , sans neanmoins tordre trop fort ; enfin on le teint dans un bain fait avec une partie de garance contre deux de fil à teindre. Pour que le noir ne soit pas sujet à décharger , il faut avoir soin de passer le fil sur un bain de savon, bouillant.
Wilson indique de cette manière (i) la méthode qifon suit à Manchester. On fait un engallage avec la noix de galle ou avec le sumac , et après cela on teint avec la liqueur d’un bain , qui est une dissolution de fer dans Facide végétal , laquelle est souvent composée d’écorce d’aune et de fer , et après cela on passe dans le jus de bois de campèche avec un peu de vert-de-gris. On répète ce procédé jusqu’à ce qu’on ait obtenu un noir foncé. Il est nécessaire de laver et de sécher entre chaque opération.
Bancroft avait annoncé que l’on employait Facide du goudron à Manchester pour les teinture, s en noir du coton. Chaptal fesait usage, dans ses teintures, de Facide pyroligneux; mais on doit à Bosc les détails de l’opération par laquelle il a obtenu lui-méme un beau noir ]>ar le moyen de cet acide (i ).
(î) An Essay on liglit and colours and ^Ylult colüUiing matters are thatdye cotton and linen.
(2) Anu. des Arts et Manufactures , toni. V.
« Remplissez une chaudière de fonte d’cicidé pyroligneux; ajoutez-y de la vieille ferraille bien oxidèe, faites bouillir, la dissolution de l’oxide se fera rapidement ; lorsque le fer sera bien décape , et que cette dissolution sera noire comme fie 1 encre , jetez le tout dans une tonne pour vous servir au besoin ; préparez votre coton à l’ordinaire , en lui donnant un pied de bleu : engallez , passez les matteaux de coton sur un bain de dissolution de pyrolignite de fer étendu d’eau tiède ; renouvelez les engallages et les passages dans le bam de pyrolignite de fer, jusqu’à ce que vous ayez obtenu un noir foncé et brillant ; finissez par passer votre coton à l’buile d’olive : cette opération est simple ; on jette sur de l’eau tiède un peu d’buile d’olive ; on passe sur ce bain le coton ; il absorbe l’huile ; on le manie long-temps dans le bain pour étendre l’huile également. Ce procédé adoucit , assouplit le coton et lui donne beaucoup de brillant. Faites sécher à l’ombre , alors les cotons sont d’un noir parfait et très-solide ; il faut à chaque fois qu’on s’est servi du bain de pyrolignite de fer , le jeter comme inutile , et jamais n’ajouter dans la tonne les vieux bains ».
Rose prévient que les étoffes teintes par le moyen de l’acide pyroligneux , conservent avec beaucoup de ténacité l’odeur de cet acide , et (ju'il faut les laisser quelque temps exposées à
Eîf GÉNÉRAL.
raîr pour les en debarrasser , avant de les ployer et de les renfermer.
L’application de riiuile qui relève le noir , et donne de la douceur aux étoffes , se fait sur celles qui sont tissées , par exemple sur le velours de coton , par le moyen de brosses qui en sont légèrement imprégnées à leur surface.
Hermstadt ( i ) recommande un procédé de Vogler , qui consiste à se servir , pour mordant , d’une dissolution de nitrate de plomb , à passer ensuite l’étoffe dans une dissolution de colleforte , et à la teindre dans un bain composé de noix de galles , de campêche et de sulfate de fer, auquel on peut substituer l’acétate.