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îa chaux. Lorsque la dissolution est finie, on verse la liqueur dans la cuve , qu’on doit auparavant remplir d’eau jusqu’à la moitié ou environ ; on verse ensuite par dessus, la dissolution d’indigo , et l’on ajoute le reste de la lessive qui n a pas été employée à la cuisson de l’indigo : lorsque tout est versé dans la cuve, on achève de la remplir d eau a deux ou trois doigts du. hord ; on la pallie avec un rable deux ou trois fois par jour, jusqu’à ce qu’elle soit en état de teindre, ce qui' arrive au bout de quarante-huit heures, souvent plutôt, suivant la température
de l’air , qui accélère plus ou moins la formation de cette cuve.
Quelques-uns ajoutent à une cuve composée à-peu-près comme la précédente , un peu de son, de garance et de pastel (i).
On suit à Rouen un autre procédé , que Quatremere a décrit. Les cuves sont composées d’une espèce de pierre à fusil ; l’intérieur et l’extérieur sont recouverts d’un enduit fait avec un ciment fin : on en a un certain ^nombre dans un atelier, et on les range sur une ou plusieurs files parallèles.
Une cuve peut contenir 4 niuids d’eau et on peut y mettre neuf à dix kilogrammes
(■) Procès-verbal des' opérations de teint faites à Yvetot jiar François Gonixi,
d’indigo, qu’on a fait macérer auparavant pendant huit jours, dans une lessive caustique , assez forte pour porter un œuf; on broie ensuite cet indigo dans un moulin dans lequel souvent la macération elle-même se fait ; on remplit alors la cuve en y laissant un peu de vide , et on y introduit dix kilogrammes de chaux : lorsqu’elle est bien éteinte , ou pallie la cuve , on y ajoute dix-huit kilogrammes de sulfate de fer ; et lorsque la dissolution est complète , on verse l’indigo moulu à travers un tamis ; on pallie la cuve sept ou huit fois ce même jour , et, après un repos vde trente-six heures, on peut teindre dessus.
Il faut avoir des cuves établies à des époques différentes : on commence par passer le coton ou le fil sur la cuve la plus épuisée , et on continue ensuite en allant de cuve en cuve jusqu’à la plus forte , à moins qu’on n’ait obtenu avant cette cuve la nuance à laquelle on veut^atteindre. Il faut que le fil ou le coton soit mouillé avant d’entrer dans la première cuve : on ne doit pas le laisser dans le bain plus de cinq à six minutes , parce qu’il ^ prend dans cet espace de temps à-peu-près tout le bleu dont il peut se charger.
Lorsqu’on vient de teindre sur une cuve, il faut la pallier , et ne plus travailler dessus qu’on ne l’ait laissée reposer au moins vingt-quatre heures; si cependant elle est établie nouvellement’ elle n’a pas besoin d’un temps aussi
long.
Quand une cuve a teint trois ou quatre fois, elle commence à s’alterer ; lorsqu’on la pallie , on n’aperçoit plus de. veines à sa superficie, où elle noircit ; alors il faut la renourrir ^ et pour cela ou y ajoute deux kilogrammes de sulfate de fer et un de chaux vive , et on la pallie deux fois; on })eut renourrir trois ou quatre fois une cuve, en diminuant la dose à proportion qu’elle dëcheoit en force et en qualité.
Dans les cuves dont on vient de parler, c’est la potasse et la cha’ux qui donnent la solubilité à l’indigo qui est désoxidé par l’action du fer précipité ; il faut en conclure que le sulfate de fer dont on fait usage , doit être peu oxidé , car lorsqu’il est à un grand état d’oxidation , il ne produit aucun effet.
On peut se servir de la chaux seule pour précipiter le sulfate de fer et pour • dissoudre l’indigo désoxidé : alors la dissolution d’indigo est moins condensée et l’on ne parvient pas , ou du moins , on ne parvient pas si promptement à donner au coton un bleu si intense par le moyen de cette cuve qu’avec la précédente; mais cette circonstance même est souvent un avantage ; quelques-uns augmentent la condensation de cette cuve, en y ajoutant un peu d’orpiment et de potasse.
llergman et ITaussman ont donné des descriptions particulières de cette cuve, avec des pro-
DE LA teinture
porhons un peu differentes : le derniér rèmarcpie à cette occasion que le sulfate de fer ne doit point contenir de cuivre; car l’oxide de cuivre rétablit 1 indigo que Ion a interet de tenir dans î état de désoxidation , jusqu’à ce qu’il se soit combine avec FeHoffe. Celte observation doit s’appliquer à tous les cas où l’on fait usage du sulfate de fer avec l’indigo : il remarque de plus que la toile de coton que Ton passe dans une eau acidulée par l’acide sulfurique , au sortir de cette cuve , prend un plus beau bleu , que si on se contente de la laver à la rivière ou de la faire sécher.
ISous allons indiquer une cuve de cette espèce^ dont la bonne préparation est confirmée par l’expérience , avec les différents usages que l’on en fait.
Les proportions dont on se sert pour cette cuve , sont, une partie d’indigo , deux de sulfate de fer , deux de chaux : après l’avoir palliée plusieurs heures de suite , lorsqu’on la monte , on la laisse reposer deux jours et l’on y teint.
Avant de teindre on enlève la fleurée ; et chaque soir, lorsque le travail est fini , on donne la nourriture à la cuve, -en y remettant du bouillon d’une petite cuve préparée pour cet usage avec une proportion d’eau beaucoup moins forte que dans la c'uve où l’on teint et à laquelle on ajoute la flcuréedecelle-ci. Onia pallie , on la couvre et