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fois, et de la laisser ensuite reposer deux jours, ap rès lesquels elle a doiiiié une denrée bien caractérisée. Il Ta encore laissée en repos [)endant trois jours; ensuite il l’a réchauffée pour la troisième fois , et elle s’est trouvée rétablie.
Le second accident auquel la cuve de pastel est sujette est la putréfaction. Lorsque cet accident arrive , les veines et la denrée de la cuve disparaissent , sa couleur devient rousse , la pâtée qui est au fond se soulève, l'odeur devient fétide.
Quatreinere prétend que si l’on plonge dans une cuve ainsi dégradée un échantillon d’un bleu foncé , sa couleur y baisse de plusieurs nuances. La putréfaction s’établit dans la cuve , parce qu on ne 1 a pas assez garnie de chaux. Dès qu’on aperçoit les indices de la putréfaction, il faut se hâter de la corriger, en ajoutant de* la ciiaux et en palliant ; au bout de deux heures , on remet encore de la chaux et on pallie ; on réitère cette opération jusqu’à ce que la cuve soit rétablie ;
mais il faut prendre garde de passer à l’excès contraire.
On voit qu’une juste distribution de chaux, est l’objet qui demande le plus d’attention dans la conduite d’une cuve de pastel : elle doit modérer la fermentation du pastel et des autres substances qui servent à désoxider 1 indigo , car cet effet poussé trop loin détruit les parties colorantes ; mais une trop grande action de la chaux de-
7^ WE LA teinture
vient lin obstacle trop grand : il faut donc attendie que 1 excès de chaux disparaisse sans doute par la formation successive de l’acide carbonique , ou augmenter la cause de la fermentation, ou saturer une partie de la chaux par un acide Vt gètal. Une autre utilité de la chaux , est de tenii en dissolution les parties colorantes de l’indigo , et celles du pastel qui se trouvent dësoxidees. On se sert du vouëde ainsi que du pastel , niais il paraît que la préparation préliminaire que Ion fait subir à 1 un et à l’autre n’est pas essentielle : nous avons vu un habile teinturier de llouen , employer pour sa cuve la plante du vouëde simplement desséchée et prétendre en retiier plus d avantage que du vouëde ordinaire.
On pallie la cuve deux heures avant de teindre; et pour éviter que le marc qui se dépose au fond, et qu on appel e la pâtée , ne produise des inégalités dans la couleur, on introduit dans la cuve une espèce de treillis formé par de grosses cordes, qu’on appèle champagne , et meme , lorsqu’on veut teindre des laines en toison, on établit audessus , un filet à mailles serrées : on mouille l)ien dans l’eau claire et un peu chaude les laines ou les étoffes; on les exprime et on les plonge dans là cuve , où on les mène plus ou moins long-temps, selon que l’on desire une couleur j)lus ou moins foncée, en les éventant de temps cil temps : la couleur verte que le bain comrnu-
nique , se change en bleu par l’aclion de l’air. Il est difficile de donner un‘ ton égal pour les bleus clairs dans un bain riche; le meilleur moyen d’obtenir ces nuances est de se servir de cuves qui sont déjà é|)uisées et qui commencent à se refroidir.
Les laines et les étoffes teintes en bleu doivent être lavées avec beaucoup de soin , pour entraîner les parties qui ne sont pas fixées sur la laine , et meme les étoffes qui sont d’un bleu un peu foncé doivent être dégorgées avec soin au foulon avec un peu de savon qui n’altère point le bleu. Celles qui sont destinées à être teintes en noir doivent être traitées de même ; mais cette opération est moins nécessaire pour celles qui doivent être mises en vert.
On donne le nom de cuve dinde à une cuve dans laquelle on ne fait point entrer de pastel ni de vouëde. Le vaisseau qui sert à cette préparation (i) est une chaudière qui, par sa forme conique, laisse entre elle et la maçonnerie qui l’entoure et sur laquelle ses bords s’appuyent, assez de vide pour y faire du feu : on verse dans cette chaudière quarante seaux d’eau, plus ou moins , suivant sa contenance : l’on a délayé dans cette eau .'3 kilogrammes de cendres gravelées ,
(0 Mémoire sur l’indigo, par Hecqiict d’Orval et IIIbaucourt.
autant de son , et o,368 de garance , qu’on a ensuite fait bouillir : on fait entrer dans la cuve les marcs memes de ces matières ; on y verse ensuite 3 kilogrammes d’indigo broyé à 1 eau ; on pallie avec soin ; on ferme la cuve ; on entretient un peu de feu autour ; on la pallie une seconde fois , douze heures après qu’on l’a montée, et ainsi de suite , de douze heures en douze heures , jusqu’à ce qu’elle soit venue à bleu ; ce qui arrivera au bout de quarante-huit heures : si on 1 a bien gouvernée, le bain sera d'un beau vert, couvert de plaques cuivrées et d écume ou heurée bleue.
Cette cuve est beaucoup plus facile à conduire que celle de pastel ; mais comme tout le bleu y vient de l’indigo, elle est plus chère : l’alcali qui sert de dissolvant étant plus soluble que la chaux, le bain de teinture est beaucoup plus riche en couleur ; enfin les draps y retiennent plus de douceur que dans la cuve de pastel où la chaux sert de dissolvant. Lorsque cette cuve est dans l’état convenable , on s’en sert pour teindre , de la manière qui a été indiquée pour celle de pastel.
Hellot décrit deux cuves dans lesquelles l'indigo est dissous par le moyen de l’urine ; on v ajoute de la garance, et dans Tune du vinaigre et dans l’autre du tartre et de l’alun, de chacun poids égal à celui de l’indigo ; la quantité d’urine
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doit être très-consiclêrable. La dissolution de l’indigo, privée de son oxigène par l’urine et la garance en fermentation , est due à l’ammoniaque qui se forme dans l’urine, soit par l’action de la chaleur, soit par la putréfaction. Hellot remarque qu’il se fait une effervescence lorsqu’on verse la dissolution d’alun et de tartre, qui servent probablement à empêcher les progrès de la putréfaction ; mais ces cuves ne peuvent être comparées à la cuve de pastel et à la cuve d’Inde , par le* moyen desquelles on expédie beaucoup plus d’ouvrage , cl elles ne pourraient convenir que «la ns de petits ateliers.
On se sert pour teindre la soie en bleu , de la cuve d’Inde qui a été décrite; l’on y met ordinairement plus d’indigo que la dose qui a été indiquée ; mais les proportions de son et de garance sont à-peu-près les mêmes. Macquer , dit (i) que si l’on met un poids de garance qui soit le quart de celui des cendres gravelées , la cuve devient plus verte , et que sa couleur est plus assurée sur la soie sans avoir un œil moins agréable. La citve de pastel et les autres dont on a parlé ne sont pas propres à teindre la soie, parce qu elles ne la colorent pas avec assez de promptitude.
Lorsque la cuve est en état, on lui donne ce qu’on appèle un brevet, avec environ un kilo-
(0 Art de la teinture en soie.
gramme de cendres gravelëes , et un huitième de garance : on pallie , et après quatre heures elle peut servir à la teinture. La chaleur doit alors être assez ralentie pour qu’on y puisse tenir la main sans douleur.
On y plonge la soie, qui doit avoir été cuite à raison de 3o kilogrammes de savon par cent , et ensuite bien dégorgée de son savon par deux battures ou même plus , dans une eau courante. Comme la soie est fort sujette à prendre une couleur mal unie , on est obligé de la teindre par petites parties ; l’ouvrier plonge donc chaque matteau l’un après l’autre, après l’avoir passé sur un cylindre de bois, et lorsqu’il l’a tourné une ou plusieurs fois dans le bain , il l’exprime avec force sur le bain , et il l’évente pour le déverdir; lorsqu’il paraît bien déverdi , il le jette dans de l’eau pure , après quoi il le tord plusieurs fois sur l’espar t.
Il faut avoir soin que la soie qu’on vient de teindre en bleu, sèche très-promptement ; pendant l’hiver et dans les temps humides , on la fait sécher dans une chambre échauffée par un poêle , en l’exposant sur une espèce de châssis qu’on tient agité.
Quand le bain s’affaiblit et que sa couleur verte diminue , on lui donne un brevet dans lequel on fait entrer o,5 kilogramme de cendres graveléeS;, un peu d« garance et une poignée de son
P i\r général.
bien lave. Lorsque l’indigo se trouve épuisé, il faut aussi eu rendre à la cuve avec les proportions convenaJ3les de cendre graveléc , de garance et de son.
Quelques teinturiers profitent des cuves qui s’affaiblissent pour teindre en nuances claires; niais le bleu que l’on obtient alors est moins beau et moins solide que si l’on se sert ]30ur ces nuances de cuves neuves dans lesquelles on a fait entrer une moindre ([uantitë d indigo.
L’indigo seul ne peut donner un bleu foncé à la soie ; pour cela on est oblige de la préparer en lui donnant une autre couleur ou pied : pour le bleu turc ^ c[ui est le plus foncé, on donne d’abord un liain très-fort d’orseille , et un moins fort pour le bleu de roi ; ensuite on passe sur une cuve neuve et bien garnie ; les autres bleus se font sans pie^l.
On fait encore un bleu aussi fonce' que le bleu de roi , mais pour le pied duquel on se sert de cochenille , au lieu d’^rseille , afin de lui donner plus de solidité , ce qui le fait nommer bleu fin.
On donne à la soie un bleu qui a très-peu de solidité , par le moyen du vert-de-gris et du bois d’Inde ; mais on peut beaucoup augmenter sa solidité , eu lui donnant d’abord par ce moyen une nuance plus claire que celle qu’on veut obtenir ,
en la passant ensuite clans un bain d’orseille et enfin dans la cuve.
Pour teindre en bleu les soies ecrues, il faut cboisir celles qui sont naturelleiuent blanches, les bien pénétrer d’eau , et ensuite les passer dans la cuve en matteaux séparés , comme les soies cuites. Les soies crues prenant en général la teinture avec plus de facilité et d’activité cpie celles qui sont cuites : on a soin de passer dans la cuve, s’il est possible , les soies euites avant celles qui sont crues : si le bleu qu’on fait sur cru a besoin d’orseille ou des autres ingrédients dont on a parlé, on les traite comme les soies cuites.
Selon le Pileur d’Apligny , pour teindre le lin et le coton , c’est un tonneau qui contient à-peuprès cinq cents litres, qui sert de cuve ; la quantité d’indigo qu’on emploie est ordinairement de trois à quatre kilogrammes : on fait cuire cet indigo , après l’avoir pilé , dans une lessive tirée à clair , du double de son poids dépotasse , et d une quantité de chaux égale à celle de l’indigo ; on fait bouillir jusqu’à ce que l’indigo soit bien pénétré de la lessive, en remuant avec soin ce mélange, çt en prenant garde que l’indigo ne s attache au fond et ne se bride.
Pendant la cuisson de l’indigo , on fait éteindre un poids égal de chaux vive ; on y ajoute environ vingt litres d’eau chaude, et on y fait dissoudre du sulfate de fer en quantité double de celle de