CHAPITRE III
Du quercitrort.
d’ïST à Pancroft que l’on doit l'acquisition de cette substance tinctoriale : il a donné une ample description de ses propriétés et des usages auxquels elle est propre : nous allons en présenter le sommaire.
Le quercitron est l’écorce du quercus nigra de Linneus : l’épiderme qui donne une couleur Ijrunâtre , doit être séparée avec soin de l'écorce * après cela on réduit celle-ci en poudre dans un inoidin.
(P/ Mrm. de l’Instit. loin. i.
DE L JL T E I r. T U U E
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CcUe poudre donne autant de substance colorante que huit ou dix parties de gaudc , et autant <[ue quatre de bois jaune. Sa couleur a beaucoup d’analogie avec celle de la gaude ; mais elle revient à beaucoup meilleur marche.
Le quercitron donne facilement sa jjartie colorante à Feau , meme lorsqu’elle n’est que tiëde: on en obtient un extrait qui a le douzième du poids de l’écorce ; mais il est difficile de l’employer en teinture , parce que si l’on se sert de la chaleur de l’ébullition , sa couleur se rembrunit ; si l’on fait une évaporation lente , elle éprouve une autre espèce d’altération.
La décoction de quercitron est d’une couleur jaune brunâtre; les alcalis la rendent plus foncée et les acides plus claire : la solution d’alun n’en sépare qu’une petite portion de la matière colol anîe qui forme un précipité d’un jaune foncé ; îes dissolutions d’étain y produisent un précipité plus abondant , d’un jaune vif. I.e sulfate de fer donne un précipité abondant d'une couleur olive foncée ; la liqueur c|ui surnage , est (daire et d’un léger vert-olive.
Pour teindre la laine , il suffit de faire bouillir nendant deux minutes le quercitron avec son poids , ou un tiers de plus c[ue son poids, d’aliin : on introduit ensuite l’étoffe , en donnant d’abord la nuance la plus foncée, et en finissant par la couleur de paille. On peut aviver ces couleurs en
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fesant passer 1 étoffé au sortir du bain dans une eau chaude blanchie par un peu de craie lavée ; mais la couleur que l’on obtient par ce procédé n’est pas aussi solide que lorsque l’on soumet l’étoffe à un bouillon avant de la passer dans le bain de teinture : dans cette seconde méthode, on fait bouillir l’étoffe pendant une heure ou une heure et un quart , dans une dissolution d’alun , d’un sixième ou d’un huitième du poids de la laine : il ne faut pas y faire entrer le tartre ; ensuite on teint dans un bain préparé avec un poids de quercitron égal à celui de l’alun employé jusqu’à ce que la couleur paraisse assez montée : alors on introduit de la craie dans le bain pour aviver la couleur , et on rabat de nouveau pendant 8 ou 10 minutes.
On obtient une couleur plus vive par le moyen de la dissolution d’étain. Bancroft prescrit d’employer dans le bain un poids égal de quercitron et de dissolution d’étain par l’acide nitro-murialique , et sur-tout par le mélange d’acide nitrique et d’acide sulfurique , dont nous avons parlé en traitant de récarlalc. Quand on veut une couleur jaune d’or brillante, tirant moins sur l’orangé, on n’emploie que sept à huit ])artics de dissolution d’étain contre dix de quercitron , et cinq d’alun : un peu de tartre ajouté à ces ingrédients donne une couleur citrine tirant sur le vert ,
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qu’on a cru jusqu’à présent ne pouvoir obtenir que (le la gaucle.
Le qnercitron peut être substitue à la gaude pour les differentes nuances que l’on veut donner à la soie^ qui doit d’abord être alunêe. La dose est d’une à deux parties de quereitron pour douze parties de soie. On peut aviver la couleur en ajoutant un ]>eu de craie ou de potasse vers la fin de l’operation ; on peut aussi faire usage de la dissolution d’êtain avec l’alun , qui doit être en plus grande proportion.
Pour substituer le ([uereitron à la gaude dans l’impression des toiles , Caneroft prescrit , après les operations préliminaires de l’impression , de délayer le quereitron en poudre dans l’eau froide , d’introduire les pièces que l’on veut teindre , et d’échauffer peu-à-peu le bain , en les dévidant lentement sur le moulinet : la couleur est plus vive et plus durable, si l’on n’élève la chaleur qu’un peu au-dessus de la température du corps humain , cpie lorsqu’elle ap])roche plus de l’ébullilion. On fait varier fintensité du jaune , ou en augmentant la proportion du quereitron , ou en prolongeant l’immersion. Un avantage de cet ingrédient sur la gaude , c’est qu’il ne colore presque pas les fonds blancs , lorsque l’on n’a pas trop élevé la chaleur du bain ; de sorte que le iavaee à l’eau froide , et sur-tout à l’eau chaude , suffit sans passage au son et sans exposition sur
le prë. T.a (liffërencc des tenipeirat Tires qu’exigent le quercilron et la gaude , fait que le mélangé de ces deux ingrédients ne produit pas de bons effets. L’addilion du tartre augmente la propriété qu’a le ([uereitron de ne pas altérer les fonds blancs ; il fait tirer la eoideur vers cette nuance verte qui fait reclierclier la gaude , mais il faut alors élever un peu plus la chaleur du bain.
Bancroft décrit une coideur d’application que l’on obtient du quercitron : on fait une forte décoction de quercitron, on la filtre, on la fait évaporer à une douce chaleur, et quand elle est réduite au-delà de la moitié, on la laisse refroidir jusqu’à la température humaine; après cela on mêle avec cette liqueur un quart d’acétate d’alumine ; on épaissit le mélange avec la gomme autant qu’il faut pour qu elle ne coule pas dans l’application , mais en évitant une consistance qui rempccherait de pénétrer dans l’étoffe. La couleur que l’on obtient par cette application n’a ni autant d’intensité , ni autant de solidité que celle qu’on a en imprégnant d’abord l’étoffe du mordant ; cependant on peut augmenter rune et l’autre par un mélange de nitrate de cuivre et de nitrate de chaux.
On doit indubitablement regarder le quercitron comme une substance très-utile en teinture ; cependant les épreuves qui , à notre connaissance , ont été faites avec les précautions près-
criles par Bancroft, sur-tout relativement à îa température du bain, nous paraissent prouver que la couleur qui en provient est inferieure en solidité à celle qui est due à la gaude. On peut obtenir une couleur plus pure et plus vive du quercitron , en suivant le procédé que Chaplal a donne pour le bois jaune.