I A T F. T IX T U R E
Schcffcr prescrit de laisser pendant une nuitla laine dans une dissolution refroidie d’^ d’alun et d-;^ fie tartre. Le bouillon se fait avec des feuilles qu’on a ramassées vers la fin d'aout ou au coinnienccnnent de septembre , et qu’oii a fait sécher dans un endroit omliragé , mais aéré : on en prend la quantité qu’on juge convenable, et on la fait bouillir une demi-heure ; on y ajoute ^ de potasse blanche, pour rendre la couleur plus vive et plus foncée , après quoi on passe le bain au tamis; on le tient dans un état voisin de rél>ullilion , et on y teint la laine jusqifà ce qu’elle ail pris la couleur que l’on desire. Il prescrit pour la soie et pour le lin le même procédé, si ce n’est qii il augmente d’7- la proportion de l’alun. Au rapport de Ilergman , Alstroëmer a observé que la couleur était plus chargée en macérant le lin avec une plus grande quantité d’alun , en le tordant et le séchant avant de le teindre, et que , pour Textraction complète du piincipe colorant , il fallait aussi augmenter la quantité de potasse.
L’écorce, et sur-tout les jeunes branches du peuplier d’Italie et de quelques autres espèces de peuplier , donnent à la laine , selon d’Ambourney une couleur jaune belle et solide, surtout lorsque la laine a été préparée avec la dissolution d’étain ; il faut à-peu-près sept parties en poids de ce bois pour en teindre une de laine.
lî N G É N K R A I ,.
La semence tie trèfle rouge (trifolium pratense purpureum rnojus raii ) est employée en Suisse et en Angleterre pour la teinture. Vogier a eherclié à reeoiinaîtreles couleurs cpi’il était possible d’en obtenir, et il a trouvé que le bain de cette se- , meiice donnait , avec la dissolution de potasse , lin jaune très-foncé ; avec l’acide sidfurique , un jaune clair; avec les dissolutions d’alun et d’étain , un jaune citron ; avec le sulfate de cuivre , un jaune verdâtre. Les laines imprégnées de ces mordants et bouillies pendant quelques minutes dans le bain de la semence de trèfle rouge, se trouvent très-solidement teintes des différentes couleurs qu’on vient de nommer ; les jaunes donnent de beaux verts avec l’indigo : la luzerne ( medicago saliva J a donné les memes résultats (i).
Dizé a fait des expériences comparatives avec le trèfle et la gaude (2). Il en résulte que la semence de trèfle donne à la laine un beau jaune orangé , et à la soie un jaune verdâtre ; que la dissolution d’étain ne peut être employée pour cette teinture , mais qu’elle exige un alunage ; enfin que le bleu appliqué sur le jaune qui vient de la semence du trèfle , fait un vert moins beau et plus terne que celui pour lequel on s’est servi de la gaude.
(]) Ann. rie chini. tom. III.
{2) Journ. (le Phys. 1789.
La verge d’or du Canada (solidago canadensis ) avait déjà ëtë recommandée par Hellot. Gaad avait dit dans les mëmoires de Stockholm , que celte plante donnait une couleur jaune même supérieure à celle de la gaude , et qu elle était de beaucoup préférable à la génestrole ; cependant , comme l’oii n’en avait pas adopté l usage , et comme cette plante est facile à cultiver , Succow l’a soumise à de nouvelles épreuves (i). On supprime les expériences par les réactifs qui ne présentent rien de particulier. Une décoction des tiges de cette plante , dans laquelle l’auteur a ajouté une proportion considérable d’alun , a donné à un échantillon de drap qui n’avait point reçu de préparation , une couleur jaune de paille très-vive ; à un autre échantillon jiréparé avec le sulfate de fer, une couleur jaune verdâtre ; et une couleur jaune de citron très-pure et trèsvive, à un troisième échantillon qui avait été préparé avec l’alun.
Les fleurs d’œillet d’Inde ( tagetcs palula) , séparées de leur calice , ont été soumises aux memes épreuves. Le drap sans préparation a pris dans la décoction de ces fleurs une couleur jaune foncée ; préparé avec le sulfate de fer, une couleur verdâtre, qui , par une ébullition continuée , est devenue très-foncée ; enfin le drap préparé avec
(1) Crell. arm. chera. 1787.
EN GÉN É UAL.
l’alun a pris une couleur jaune très- vive qui tirait un peu sur le vert. Si l’on ajoute un peu d’alun au bain avant d’y plonger l’ëtoffe , on obtient un jaune très-beau et très-vif; il a même plus d’êclat que celui que l’on obtient de la verge d’or du Canada.
Il y a un grand nombre d’autres substances qui peuvent être employées pour teindre en jaune , et qui donnent des nuances plus ou moins belles , plus ou moins solides ; telles sont l’êcorce de l’êpine-vinetle , la fleur de cerfeuil sauvage, la grande ortie, la racine de patience sauvage, l’écorce de frêne, les feuilles d’amandiers , de pêchers , de poiriers , la fleur de jonc marin , etc. On a vu dans la première partie que l’acide nitrique pouvait aussi être employé pour donner une couleur jaune.
Les fleurs blanches , selon l’observation de Lewis , colorent en jaune même foncé l’eau avec laquelle on les fait bouillir ; les acides , les alcalis et les autres sels agissent sur cette couleur comme sur celles des autres substances végétales jaunes (i).
On voit que les substances dont on peut se servir pour teindre en jaune sont en très-grand nombre ; elles diffèrent entr’elles par la quantité de parties colorantes, par leur teinte plus ou
(i) The Chemical works of Caspar Newmaun.
üb2 DE la teinture
iDoins franche , plus ou moins vive , plus ou moins orangëe ou verdâtre, par leur degré de solidité et par leur prix. C’est en ('ombinant ces propriétés qu’on doit se déterminer sur leur choix, selon la qualité de l’étoffe, la couleur que 1 on desire , et les circonstances où l’on se trouve.
En général les alcalis rendent la couleur de ces substances plus foncée et plus orangée ; ils facilitent l’extraction des parties colorantes; ce Il est meme que par leur moyen qu’on l’obtient du rocou, mais ils en favorisent la destruction. Le sulfate de chaux, le muriate de soude, le muriate d’ammoniaque foncent la couleur des substances jaunes; les acides l’éclaircissent et la rendent plus solide ; l’alun et la dissolution d’étain , en la rendant plus claire , lui donnent plus d’éclat et de solidité..
Peu de jaunes produits par les substances végétales peuvent acquérir sur le coton une solidité comparable à celle des couleurs produites par la garance , et elles n’acquièrent jamais cette qualité qu’en perdant de leur éclat. Quand on veut une couleur plutôt très-solide que brillante , on colore le coton avec l’oxide de fer, en l’imprégnant des différentes dissolutions de ce métal. Les procédés employés pour cette teinture sont très-nombreux , et l’on conçoit qu’on peut beaucoup multiplier les nuances, en fesant varier
' EN GÉWÉJIAL.
l’etat cl’oxiriation flu métal ou la nature (le l’acide qui le ti(uit en dissoîution , ainsi que par de levers changemens dans les proportions des matières ou dans les manipulations.
Pour obtenir une couleur foncée , Chaptal foule le coton dans une dissolution de sulfate de fer , marquant de 12 a à l’arèomètre de Paumé, Il l’exprime très - également , mais légèrement. Dès que toute la partie est passée , il repasse matteau par matteau dans la meme dissolution , et tout de suite dans une dissolution de potasse, marquant le même nombre de degrés. La couleur du coton devient d’un bleu -vert sale , et tourne on quelques minutes au jaune doré agréable. Il faut à chaque passe vider le vase dans lequel on plonge les cotons , afin que la couleur soit ‘égale et uniforme.
Pour le jaune pâle et très -doux, il foule le coton à une dissolution de sulfate de fer, marquant trois degrés, et le repasse comme dans le précédent procédé. D’un autre côté il prépare une liqueur avec de la dissolution de potasse, marquant deux ou trois degrés , à la([uelle il ajoute de la dissolution d'alun jusqu’à ce qu’il ajierçoive que les flocons ne se dissolvent plus ; il imprègne le coton de cette liqueur, et la renouvelle pour chaque passe : le coton est teint en jaune très-agiéable.
Lorsqu’on trouve que les couleurs ne sont pas
assez foncées, on peut rep«isser immédiatement le coton à des dissolutions plus fortes.
Chaptal recommande, pour que ces couleurs soient unies, de ne passer à-îa-fois c[ue o,a5 Ivilogrammes de coton, d’employer des dissolutions de sulfate de fer faibles , de passer d’abord le coton dans une dissolution de potasse, puis dans celle de sulfate de fer, en répétant ces passages alternatifs autant qu’il sera nécessaire pour parvenir à la nuance que l’on desire , et d’apporter le plus grand soin à imprégner et à exprimer très-également le coton.
On produit un jaune beurre frais en passant le coton dans de l’acétate de fer peu oxide , mêlé de nitrate de fer , et on le fera tirer d’autant plus sur le rouge , qu’on emploiera une plus forte proportion d.e ce dernier sel.
Avec le nitrate de fer seul étendu d’eau , on a un jaune assez clair et qui monte vite. Si l’on imprègne le coton de nitrate de fer peu étendu ; qu’on le laisse sécher et qu’on le lave , il conserve une teinte très - foncée , semblable à celle de la rouille.
Le jaune de rouille qu’on imprime sur toile , est fait avec deux parties de sulfate de fer et une partie d’acétate de plomb : en y mêlant différentes proportions d’oxide de fer très-oxidé , on a des nuances qui tirent vers le rouge.
Le coton , teint par ces procédés , prend des
couleurs très-differontes dans des bains de teinture. Celui qui a reçu une légère couleur jaune par le procède de Chaptal , devient noisette dans la dèeoclion de galle : lorsque la couleur est plus foncée, elle devient gris-de-souris ; avec le tan ou le quercitron, il donne de 1 olive. Passé dans une décoction à parties égales de noix de galle, de sumac, de campéche et de gaude , le coton devient d’un gris-blanc sale; séché et passe' à une forte dissolution de sulfate dé fer, il prend la couleur grise-bleuâtre , qu’on nomme œil de
roi.
I>E LA teinture