‹ Éléments de l'art de la teinture. Avec une description du blanchiment par l'acide muriatique oxigénéChapitre 40 sur 53 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Du mélange du bleu et du jaune ou du vert.

Différentes plantes peuvent donner des couleurs vertes ; telles sont la coquiole noire ( hromus secaline les baies vertes de la bov*rdaine ( rhamnus frangula J , le cerfeuil sauvage j chceropkylluj7i sih’cstre) , le trèfle des près ( tri’folium pratense ) , le roseau ( arundo phragmites) , mais ces couleurs n’ont pon-t de solidité.

D’Ambouriiey dit cependant quil a reiire un vert solide du suc ferimuité des baies de bourdaine ; il a apprêté le drap avec du laitre, de la dissolution nitrique de bismuth et du munate

3o4 LA TEINTURE

de soude, et il a ajoute au suc fermenté et tiède de baies de bourdaine , un peu d’acétate de plomb : le drap a pris dans ce bain une nuance moyenne entre le vert perroquet et le vert de pré.

Poivre et quelques autres écrivains avaient annoncé que l’on avait dans différentes parties de l’Inde une fécule verte ou une espèce d’indigo vert , ce qui serait précieux pour l’art des teintures ; mais quelques essais de bancroft paraissent prouver que ce n’est que l’indigo ordinaire qui se trouve uni à une substance jaune.

C’est par le mélange du bleu et du jaune que les teinturiers font le vert dont on distingue un grand nombre de nuances; il faut de l’adresse et de l’expérience pour obtenir cette couleur uniforme et sans tache, sur - tout dans les nuances claires.

On peut obtenir le vert, soit en commençant par la teinture en jaune, soit en commençant par le bleu ; mais la première méthode a quelques inconvénients : alors le bleu salit le linge , et une partie du jaune se dissolvant dans la cuve, il l’altère et la verdit : on préfère la seconde méthode pour les étoffes de laine.

On se sert ordinairement de la cuve de pastel ; mais pour quelques espèces de vert , on fait usage de la dissolution d’indigo par l'acide sulfurique , et alors , ou l’on teint séparément en bleu et en

EN C 1? N n A E.

jaune , ou bien l’on mêle tous les ingrédients pour teindre par une seule opération ; erilin l’on peut se servir des dissolutions de cuivre et des substances jaunes. Nous allons parcourir ces différents procédés.

Le pied de bleu cpie l’on donne au moyen de la cuve doit être proportionné au vert cpi’on veut obtenir; ainsi pour le vert canard , il faut un bleu foncé ; pour le vert perroquet, un pied de bleu de ciel;pourle vert naissant, un pied de bleu blanchi.

Lorsque les draps ont subi cette opération , on les lave au foulon et ou leur donne un bouillon comme pour le gaudage ordinaire ; rnais pour les nuances claires on diminue la quantité des sels. Plus souvent on commence par donner le bouillon aux draps destinés aux nuances claires ; et après les avoir retirés , on ajoute du tartre et de lalun , et on. continue ainsi jusqu aux draps destinés aux nuances les plus foncées , en ajoutant de plus en plus du tartre et de l’alun.

Le gaudage s execute comme pour le jaune ; mais on emploie une plus grande quantité de gaude , a moins qu on n ait a teindre que des nuances claires pour lesquelles il faut au contraire en diminuer la quantité. Ordinairement on teint en même temps une suite de nuances , depuis les plus foncées jusqu’aux jdus claires ; on commence par les nuances plus foncées, et l’on

pîKsse de suite aux plus claires : entre chaque mise qu’on laisse de demi-heure à trois quartsd’heure, on ajoute de Teau au bain. Quelques teinturiers passent deux fois chaque mise dans le bain ; ils commencent dans le premier tour par les nuances les plus foncées, et par les nuances les plus claires dans le second : dans ce cas, chaque mise doit rester moins de temps dans le bain ; il faut avoir attention qu’il ne bouille pas pour les nuances très-claires.

On donne une bruniture au vert très-foncé, avec du bois de campèche et un peu de sulfate de fer.

Il est encore plus difficile sur la soie que sur le drap d’éviter que le vert ne soit taché et n’ait des bi.vnrrnres. La cuite de la soie destinée aux

vei'ts se fait comme pour les couleurs ordinaires; cependant pour les nuances claires , il faut qu elle soit cuite à fond comme pour le bleu.

On ne commence pas par teindre en bleu comme pour le drap; mais, après un fort alunage , on lave légèrement la soie à la rivière, et on la distribue en petits matteaux pour qu elle puisse se teiiulre également ; après cela on la lise avec attention sur un bain de gaude. Quand on iiige que le pied est à la hauteur convenable, on fait un essai dans la cuve pour voir si la couleur a le ton qu’on desire; si elle n’a point assez de fond , on ajouté de la décoction de gaude ;

Page 1