‹ Éléments de l'art de la teinture. Avec une description du blanchiment par l'acide muriatique oxigénéChapitre 41 sur 53 · I- IS" GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

I- IS" GÉNÉRAL

et quand on sVst assure que le jaune est au point convenable, on retire la soie du bain, on la lave et on la passe en cuve comme pour le bleu»

Pour rendre la couleur ])lus foncée et en même temps pour en varier le ton , on ajoute dans le bain jaune, lorsque la ^aude en est retirée , du jus de bois d’Inde , de la décoction de bois de fustet , du rocou. Pour les nuances très-claires , telles que le vert pomme et le vert céladon, on donne un pied beaucoup moins fort que pour les autres. On préfère pour les nuances claires, si ce n’est pour le vert de mer , de teindre en jaune dans des bains qui ont déjà servi, mais dans lesquels il n’y a point de bois d’Inde ni de fustet , parce que la soie qui est parfaitement alunée, se teint trop rapidement dans les bains neufs, et est sujette par- là à prendre une couleur mal unie.

On choisit , pour teindre en vert sur crud , des soies naturellement blanches, comme pour le jaune , et , après les avoir trempées , on les alune et on suit le même procédé que pour les autres soies.

Lorsqu’on se sert du bleu de cuve pour teindre en vert , on peut, au lieu de gaude , employer la sarrette ; elle est même préférable , parce que la couleur qu’elle donne tire naturellement sur le vert : on se sert aussi de la génestrole, quelque-"

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i'jis on iiièhi ('cs ingrcdicnils ; l’on peut aussi faire usage des au 1res substances qui teignent en jaune, et se procurer , par leur moyen , des nuances varices.

Le vert qu’on obtient par le moyen de la dissolution d’indigo par l’acide sulfurique, est connu sous le nom de vert de Saxe ; il a plus d’ëclat , mais moins de solidité que celui qui vient d être décrit : c’est en Saxe que ce procédé a commencé à être exécuté , et l’administration en fit imprimer une description en i'y5o(i). Selon cetlc description , il faut donner au drap pendant une demi-heure un bouillon avec l’alun et le tartre ; on le retire et on l’évente sans le laver ; on rafraîchit le bain , on y mêle bien la dissolution d’indigo , en n’en mettant d abord que la moitié ^ on y abat le drap et on l’y tourne rapidement sans faire bouillir pendant cinq à six minutes ; on le relève pour verser le reste de la dissolution qui doit être mêlée avec beaucoup de soin : après y avoir fait bouillir légèrement le drap pendant sept à huit minutes , on le retire , on le fait refroidir; on vide le bain aux trois quarts plus ou moins , selon la nuance du vert qu on veut avoir ; on le remplit d’une décoction de bois jaune , et lorsque ce bain est très-chaud , on y passe le drap

(i) Manière de teindre un drap blanc en vert nommé vert de Saxe.

EN GÉNÉRAL. 3of)

qui avait etë teint en bleu et refroidi , jusqu’à ce qu’il ait acquis la nuance qu’on desire. Le drap qui a ëtë teint en bleu dans le bain avec l’alun et le tartre , a une conleur moins brillante , mais pins solide que quand on le met en bleu sans ce mélange.

L’expérience a appris à exécuter ce procédé d’une manière plus expéditive et même plus sûre ; on donne un bouillon comme pour le gaudage , ensuite on lave le drap ; on met dans le même bain du bois jaune réduit en copeaux et enfermé dans un sac ; on le fait bouillir une heure et demie ; on le lève , on rafraîchit le bain au point de pouvoir y tenir la main ; on y verse à-peu- ])rès o,6o kilogramm. de dissolution d’indigo pour chaque pièce de drap de 22 mètres qu’oit a à teindre ; on tourne vite dans les commencements , et ensuite lentement ; on lève le drap avant que le bain entre en ébullition. G’est une bonne pratique que de ne mettre d’abord que les deux tiers de la dissolution , de lever le drap après deux ou trois tours , et d’ajouter ensuite le dernier tiers ; la couleur s’unit mieux. Si l’on aperçoit qu’elle ne prenne pas bien , on ajoute un peu d’alun calciné et réduit en poudre. On teint le vert de pomme Saxe sur le bain qui a servi au vert de Saxe , après en avoir jeté le tiers, ou la moitié et l’avoir rafraîchi ; on y touine le drap jusqu’à ce qu’il approche de lebulliiion,,

3lO , DE LA TEINTURE

Il est facile de voir que i on peut produire une grande variété de verts, non-seulement selon les proportions de la teinture de l’indigo et de la substance jaune dont on fait usage , mais selon la nature de la substance jaune. Cependant on préfère , pour obtenir un vert décidé , le bois jaune aux autres substances colorantes, parce que sa couleur est moins affectée par l’acide sulfurique qui éclaircit et affaiblit considérablement celle des autres substances.

Pour éviter cet effet avec le quercitron, Bancroft prescrit de teindre d’abord l’étoile en bleu , de la bien rincer dans l’eau et de lui donner après cela un bouillon composé avec trois parties de craie lavée et de dix ou douze parties d’alun pour cent parties de drap ; on fait bouillir pendant une heure : alors , sans changer de bain , on introduit dix ou douze parties de quercitron , et on continue la teinture ; au bout d un quartd’heure , on ajoute une partie de craie , et on répète celte addition à des intervalles de six à huit minutes , jusqu’à ce qu’on ait une belle couleur verte.

Bancroft conseille en plusieurs occasions , et d’autres auteurs font de même , d’ajouter du carbonate de chaux au sulfate d’alumine , pour saturer l’excès d’acide de celui-ci ; mais cest la décomposition d une partie de sulfate d alumine aue l’on produit par-là , et cette décomposition

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