E ]V GÉNÉRAL. J ^ I
est entière, si ia proporliou du t -.ubon ite de chaux est suffisante : l’acide carbonique est chassé; rnhimine est préci])itée en retenant un peu d’acide sidfiirique , et le sulfate de chaux se précipite en partie et reste en partie en dissolution en raison de la quantité d’eau. Il ne faut pas confondre l’effet que produit sur le sulfate craluinine,la chaux ou le carbonate dechaux avec celui de la potasse ou de la soude.
Si l’on verse par parties une dissolution d’alcali , privé d’acide carbonique ou dans l’état de carbonate dans une dissolution de sulfate d’alumine, le petit précipité qui se fait au contact delà liqueur se redissout aussitôt , et ce n’est que lorsque l’acidité approche de la saturation par l’alcali, que le précipité cesse de disparaître. Mais la combinaison, meme neutre, retient une por tion d’alumine ; le précipité devenu constant peut être redissous par une surabondance d’alcali. On voit donc que l’alcali peut surcomposer le sulfate d’alumine , et que par-là on peut y a])porter des changements favorables aux effets de ia teinture, pendant que la chaux et le carbonate de chaux produisent immédiatement la séparation et la précipitation de l’alumine.
On pourrait absorber l’acide sulfurique dans le procédé dont il est question , en fesant bouillir l’étoffe teirite en bleu de Saxe avec le carbonate de chaux , avant de Ja soumettre au bunillou d’alun.
3i2 de la TF, Iî^TURE
On reproche an bleu de Saxe d’avoir un oeil verdâtre, qui vient probablement de la légère alteration que l'acide sulfurique produit dans les molécules de 1 indigo ; on lui reproche encore y de meme qu’au vert de Saxe, d’avoir moins de solidité que le bleu et le vert qu’on obtient par le moyen de la cuve. On a cherché en Angleterre à se procurer l’éclat qui caractérise le bleu et le vert de Saxe , en prévenant les défauts qui l’accompagnent et en réunissant les avantages du bleu de cuve et ceux de la dissolution sulfurique d’indigo. Guliliche décrit un procédé pour donner à la soie le bleu et le vert anglais : on réunit ici ces deux objets pour servir d’exemples des différents procédés qui peuvent être mis en usage.
Il se sert d’une cuve à froid pour teindre en bleu , et il la vante beaucoup sous les rapports de la commodité , du prix et de la beauté des couleurs.
Cette cuve est composée d’une partie d’indigo , de trois parties de bonne chaux vive ou éteinte à l’air , de trois parties de vitriol d’Angleterre et d’une partie et demie d’orpiment. L’indigo doit d’abord être broyé avec soin et délayé dans l’eau , mis dans une cuve de bois dans laquelle on l’étend d’eau jusqu’à la hauteur convenable , suivant l’intensité de la couleur qu’on veut obtenir; on y ajoute la chaux, on agite bien le mélange, on le couvre et on le laisse reposer
quelques lieures ; on ajoute ensuite le vitriol réfluit en poudre ; on remue bien et ou couvre la cuve ; après quelques heures on y jette Torpiment réduit en poudre , on laisse encore reposer quelques heures , on remue le mélange et on le laisse leposer jusqu’à ce que la liqueur qui surnage j)araisse claire lorsqu’on détourne la lleurée qui la recouvre : alors on y teint la soie matteau par matteau, mais on la passe auparavant dans l’eau tiède. Au sortir du bain , on la lave dans une eau courante et on la fait sécher. Lorsque le bain devient trouble , on le laisse reposer jusqu’à ce qu’il se soit éclairci , précaution essentielle pour les nuances claires; et lorsqu’il commence à s’épuiser, on y ajoute un tiers des ingrédients en le traitant comme la première fois. A mesure que la cuve s’épuise , les nuances deviennent plus claires. Celte cuve sert également pour la soie , le lin et le coton. Guhliche pense que ceux qui n’ont ])as réussi à teindre la soie dans les cuves à froid , ou qui se plaignent qu’on n’en obtient que des nuances faibles, ont été induits en erreur par la trop peûte quantité d’orpiment qu’ils ont employée (ij.
(t) Guhliche fait usage pour la laine d’une cuve composée d’une partie d’indigo, de quatre parties de potasse, d’une partie de chaux , et d’une partie à luie partie et demie d’orpiment. li suit le procédé ordinaire, si ce n’est qu’il tient cette dernière cuve à une chaleur modérée. Il s’en sert aussi de ta même manière pour donner au drap un bleu et un vert anglais.
3^4 r> r LA teinture
Le bleu anglais exige qu’on donne d’abord à la soie un bleu clair ; on la passe aii sortir du bain dans leau chaude; on la lave en eau courante , et on la met dans un bain que l’on a compose avec la dissolution sulfurique d'indigo, et auquel on ajouté un peu de dissolution d étain , jusqu à ce qu elle ait pris la nuance qu’on desire, ou qu’elle ait épuise le bain : on peut, avant de la mettre dans ce bain , la passer dans line dissolution d alun où elle ne doit pas séjourner long-temps. La soie qu’on a teinte par ce procédé n’a ni l’œil rougeâtre du bleu de cuve , ni l’œil verdâtre du bleu de Saxe.
Pour faire le vert anglais , qui est plus beau que le vert ordinaire et plus solide que le vert de Saxe , Guhliche donne d’abord à la soie un bleu clair dans la cuvq à froid ; il la trempe dans l’eau chaudé ; il la lave dans l’eau courante; il la passe dans une légère dissolution d’alun ; il prépare un bain avec la dissolution sulfurique d’indigo , un peu de dissolution d’étain et une teinture de graine d’Avignon faite par un acide végétal : il tient la soie dans ce bain jusqu’à ce qu’elle ait pris la nuance qu’il desire ; alors il la lave et la sèche à l’ombre. Les nuances plus claires peuvent être teintes à la suite. On varie lefi nuances plus ou moins bleues , plus ou moins jaunes par les proportions de la substance jaune et de la dissolution d’indigo. Lorsqu’on veut
généra. L. 3l^
donner un vert d’oie à la soie , on lui fait prendre un bleu lé^er, soit dans la cuve à chaud , soit dans la cuve à froid; on la passe dans 1 eau chaude , on la laye en eau courante , et pendant qu’elle est humide , on la passe dans un bain de rocou.
Pour donner une couleur verte aux fils de lin et de coton , on commence par les bien dëereuser , on les .teint dans la cuve de bleu , on les fait dëgor^er dans l’eau et on les passe dans le ga udage. On proportionne la force du Ijleu et du jaune à la couleur qu’on veut obtenir. Comme il est difficile d’unir les velours de coton sur la cuve de bleu ordinaire , on les teint en jaune avec le curcuma , et on achève le vert avec la dissolution d’indigo dans l’acide sulfurique. Il est indiffèrent de commencer par le jaune ou par le bleu.
Le Pileur d’Apligny décrit un procédé pour teindre en vert d’eau ou vert de pomme , par un seul bain, le velours de coton , ainsi que les échevaux.
On déla^^e du vert-de-gris dans du vinaigre ; on garde le mélange bien bouché pendant quinze jours dans une étuve ; quatre heures avant de l’employer , on y ajoute une dissolution d’un poids de cendre gravelée égal à celui du vertr de-gris , et l’on tient ce mélange chaud. On prépare le fil ou le velours en les trempant dans une dissolution chaude d’alun , à raison d’une
3l6 DE LA TEINTURE
once de ce sel et de cinq litres d’eau par partie % on les relève , on ajoute au bain la liqueur de vert-de-gris , et on les replonge pour les teindre.
Toutes les nuances d’olive et de vert canard se font en donnant aux fils un pied de bleu , en les engallant et en les passant sur le bain de la tonne au noir , plus au moins fort , puis sur le bain de gaude avec le vert-de-gris , après cela sur un bain de sulfate de cuivre ; enfin on avive la couleur par le moyen du savon.
Chaptal obtient de beaux verts sur coton par les procédés suivans. Il passe le coton teint en bleu-de-ciel dans une forte décoction de sumac , et l’y laisse jusqu’à ce qu’elle soit bien refroidie. Il le fait sécher, le passe au mordant d’acétate d’alumine , sèche encore , lave et travaille le coton pendant deux heures dans un bain tiède où l’on a fait infuser environ 121 kilogram. de quercitron par 5o kilogrammes de coton.
9.0. Pour lOO' 'kilogrammes de coton, il mêle i5 kilogrammes d’alun , 10 de sulfate de cuivre, 10 de sulfate de fer, 7,5 d’acétate de plomb, J ,5 de soude et autant de craie ; il y passe le coton teint en bleu, puis à l’eau de chaux , et de là à un bain de quercitron.
Chaptal a remarqué que le jaune de la gaude s’unit mal avec celui du sumac , et que le mélange de leurs couleurs donne au bleu une mauvaise teinte ; mais qu’en passant ensuite le coton
UN général. 3i7
à line lessive marquant 12 degres , la couleur s’unit et devient assez fixe. La couleur de la gaude s’unit parfaitement a celle du tan. Il prefèic encore de teindre les cotons destines à être verts dans une cuve de bleu montée avec le sulfui e d arsenic, parce qu’il est difficile d obtenir un beau vert , s’il y a dans la cuve une trop forte propor tioi> de sulfate de fer.
Lorsque l’on veut avoir sur toile un fond vert , on imprime l’acétate d’alumine , et 1 on applique une réserve sur les parties qui doivent rester blanches , ou sur celles déjà couvertes d alumine et qui ne doivent prendre que la couleur jaune. On teint en bleu , on lave avec grand soin pour enlever toute la réserve , et l’on teint en gaude. Il arrive souvent que les parties du dessin qui devaient rester blanches , se colorent dans la gaude , parce que les sels de cuivre et la terre de pipe qui composent la réserve entrent en combinaison avec la toile. On pourrait commencer par la teinture en jaune , mais alors il devient impossible de rentrer exactement la réserve. Lorsqu’il n’y a que peu de blanc dans le dessin , on applique celle-ci au pinceau.
Si aux couleurs jaune , verte et bleue, se trouvent mêlées d’autres couleurs produites par la garance , on doit les terminer avant de teindre en bleu.
Lorsque les objets qui doivent être verts sont
«E LA TEïNTUTIE petits ou de forme irrégulière comme les feuilles des fleurs, on met le bleu au pinceau, et après avoir termine toutes les couleurs. On fait souvent le vert sur les toiles communes, en appliquant le bleu sur le jaune de rouille ou celunci sur le bleu. On fait ainsi un vert sombre tirant sur le nierd’cie, et qui est bien rarement uni. Cest la difficulté avec laquelle les deux couleurs s’unissent qui empêche qu’on ne se serve de ce moyen , d’ailleurs économique, pour teindre les cotons en échevaux.
On teint aussi en vert le coton auquel on a donné une couleur bleue avec le bleu de Prusse , selon le procédé qui a été décrit sect. II , cliap. V de la seconde partie. On alune la pièce encore mouillée de son bleu (i), et on la passe au bain de gaudeplus ou moins fort, suivant la nuance. La gaude procure une couleur plus vive que le bois jaune , qui fonce davantage , mais qui ternit un peu la vivacité du bleu. Si l’on voulait un vert tendant à l’olive , le bois jaune serait préférable. On fait sécher au grand air comme pour le bleu.
Nous avons décrit au meme endroit le procédé par lequel on peut obtenir un beau bleu par la combinaison du prussiate de fer avec l’étoffe ; ce procédé , appliqué au coton préalablement teint en olive par le moyen de l’alumine et de l’oxide
Cx'j L’art du fabricant de velours de coton.
EN GÉNÉRAL. 3l9
de fer, employés comme mordants , et d’une substance jaune colorante , lui donne un vert plus beau que celui que l’on peut obtenir par tout autre moyen. Dans cette operation , le fer se combine avec l’acide prussique et forme du bleu , pendant que l’alumine fait du jaune avec la substance colorante ; et Bançroft a raison de com- ])attre l’explication qu’on aurait donnée de cette production du vert , dans laquelle on ne fesait point entrer le concours de ralumine { i j.
Ce vert, qui résiste bien à l’action de l’air et de la lumière, est détruit par celle des alcalis, et il faut lui appliquer les observations qui ont été faites sur le bleu.
Le vert qu’on obtient en donnant une couleur jaune à une étoffe qui a été préalablement teinte en bleu et lavée après cela, n’offre rien d’obscur. La couleur incline plus ou moins au jaune ou au bleu , selon le degré du bleu qu’on a donné et selon la force du bain jaune. L’on augmente l’intensité du jaune par les alcalis, parle sulfate de chaux , par les sels ammoniacaux ; on la diminue par les acides , l’alun , la dissolution d’étain. Les nuances varient encore par la nature de la substance jaune qui est employée.
On obtiendra des effets différents avec les memes ingrédients dans la formation du vert de
(ï) Ann. de Cliim. tora. XIII.
Saxe , selon le procède que Ton suit : si l’on com* mence par teindre en bleu de Saxe , et qu’ensuite on donne séparément la couleur jaune , les effets seront analogues à ceux dont on vient de parler ; mais si 1 on mêle la dissolution d’indig^o avec les ingrédients jaunes ^ les résultats ne sont pas les memes , parce que l’acide sulfurique agit alors sur les molécides colorantes , et qu’il affaiblit l’intensité du jaune.
On a même remarqué ci-devant que l’acide sulfurique , retenu par l’étoffe dans le bleu de Saxe , j)roduisait toujours un peu cet effet ; ce qui lait préférer le bois jaune aux autres ingrédients pour ccïlle espèce de teinture.
Lorsqu’on teint une suite de nuances dans un bain composé du jaune et de la dissolution d’indigo , les dernières inclinent de plus en plus au jaune , paree que les molécules de l’indigo se fixent sur l’étoffe préférablement aux jaunes qui , par-là, deviennent dominantes dans le bain.
Quoique le sulfate de cuivre , et même le vertde-gris dont on fait quelquefois usage pour teindre principalement le lin et le coton , aient une couleur bleue , ils donnent cependant à l’étoflé une nuance verdâtre , parce que l’oxide de cuivre (jui s’y fixe prend cette couleur dans plusieurs circonstances , et particulièrement lorsqu’il est exposé à l’atmosphère. On fait passer cette couleur au jaune souci par le moyen d’une substance jaune.
k.%rv.