CHAPITRE IV
Des couleurs qui résultent du mélange du noir avec les autres couleurs et des hrunitures.
On a décrit les procédés par lesquels on obtient les dégradations du noir qui forment les différentes nuances de gris ; on a fait voir qu’on pouvait y mêler des nuances étrangères, et les faire incliner vers quelques couleurs ; mais le noir est employé souvent av«c des couleurs qui doivent rester dominantes , et qui doivent seulement être rembrunies : en même tems elles prennent plus de solidité. Dans le cours de cet ouvrage on a souvent indiqué que l’on donnait unebruniture à- certaines couleurs ; mais ce chapitre est destiné à traiter particulièrement de cette opération et des ressources qu’elle présente à l’art , quelquefois pour imiter des couleurs que l’on peut obtenir par d’autres moyens, quelquefois pour produire des couleurs nouvelles.
Pour faire une bruniture , on fait quelquefois passer l’étoffe qui vient de recevoir une teinture dans une dissolution de sulfate de fer à laquelle
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on a melë un astringent , et qui forme par con* sequent un hain de noir; plus souvent on ajoute clans un bain d’eau une petite quanti tc^ de dissolution de fer , et on y en met juscpi’à ce que 1 étoffé teinte que ion y passe soit montée à la nuance qu’on desire : plus rarement on ajoute du sulfate de fer au bain de teinture , mais l’on obtient avec plus de précision l’effet (]u’on desire en passant l’ëtoffe coîorëe dans la dissolution de sulfate de fer. Poerner fait souvent macërer l’ëtoffe dans une dissolution de sulfate de fer à laquelle il ajoute quelquefois d’autres ingrëdients , et au sortir de ce mordant il la passe dans un bain de teinture.
Le premier moyen est einployë pour les marrons, cafës, pruneaux et autres nuances de bruns d’une teinture commune ; on leur donne une couleur plus ou moins foncëe , selon la couleur qu’on a dessein d’obtenir par la bruniture , ensuite on fait un bain avec la noix de galle , le sumac et l’ëcorce d'aune , et on y ajoute du sulfate de fer. On y passe d’abord les ëtoffes qui doivent être plus claires ; et lorsqu’elles sont aelievëes , on y passe celles qui doivent être plus brunes , en ajoutant , à chaque operation , une cjuantitëde sulfate de fer prcportionnëe à l’objet cpi’on se propose.
Les autres brunitures n’offrent rien de particulier pour l’opëration ; on va choisir quelqiies^
exemples des effets qu’on obtient et indiquer quelques procédés particuliers.
Il a etc dit dans la première section de cetteseconde partie , que , pour plusieurs espèces de gris , on donnait un léger pied de bleu. Poerner fait des gris bleuâtres en enq^Ioyant la dissolution sulfurique d’indigo qu’il mêle à une décoction de noix de galle avec du sulfate de fer , et il varie les nuances par les diflérenles proportions de ces trois ingrédients. Il obtient d’autres nuances en ajoutant du sulfate de fer à un bain composé de cochenille , de bois jaune et de noix de galle.
Pour la couleur de roi , l’on donne un pied de pastel de bleu de ciel , on teint avec la gaude et un sixième de noix de galle, et on donne une bruni ture avec la dissolution de sulfate de fer.
On fait le marron et les couleurs qui en approchent avec le santal , la noix de galle et une bruniture; on ajoute quelquefois du fernambouc : l’on donne à ces couleurs une tendance au pourpre et au eramoisi , en les teignant dans une suite de cochenille, ou en ajoutant un peu de garance ou de cochenille dans le bain; on éclaircit la. couleur par le moyen d’un peu de tartre.
Pour les noisettes, on allie la noix de galle, le bois jaune, le bois d’Inde; on y ajoute plus ou moins de garance et un peu d’alun.
Le bois de campèche et le bois de Fernambouc
étant employés à parties égales ou dans d’autres proportions , donnent différentes couleurs brunes assez solides , lorsqu’on mêle à leur décoction plus ou moins de dissolution de fer et que l’on y teint la laine préalablement alunée et engallée : cependant ces coideurs ne peuvent se comparer avec les précédentes sous le rapport de la solidité.
On peut donner aux couleurs précédentes différentes nuances de mordorés et de capucines , en les passant , au sortir de la teinture , dans im bain de rocou.
Ou obtient une grande variété de nuances par le mélange du bois de Brésil, de celui de campéche , de Forseille , de la noix de galle et par une bruniture avec le sulfate de fer; mais ces uuances sont toutes plus ou moins fugitives , quoiqu’elles aient un éclat séduisant.
Lorsqu’on passe une étoffe qui a reçu une couleur dans un liairi de noir plus ou moins délayé , l’effet qu’on obtient est simple ; c’est une nuance de noir plus ou moins foncée c|u’on allie à la première couleur.
Il ii’en est pas de même lorsqu’on passe l’étoffe colorée dans une dissolution de sulfate de fer ; alors les parties colorantes qui sont fixées sur l’étoffe agissent sur le sulfate de fer, prennent une partie de son oxide et la combinent avec elles et avec l’étoffe : la couleur qui résulte de cette combinaison est plus ou moins foncée ,