‹ Éléments de l'art de la teinture. Avec une description du blanchiment par l'acide muriatique oxigénéChapitre 46 sur 53 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Du mélange du rouge qu du jaune.

O « u>a pas cru devoir séparer , en traitant de la cochenille , les opérations qui se succèdent ordinairement dans les ateliers, et on a décrit les principales nuances qu’on obtient par le mélange du rouge de la cocheniIJç et du jaune. Ces nuances peuvent recevoir une infinité de modifications par les différentes proportions des ingrédients par les substances jaunes que fcn choisit , ]3ar les préparations que l’on donne au drap , par les mordants que l’on ajoute au bain de teinture. Ainsi Poerner décrit un grand nombre de variétés qu il a obtenues en employant la gaude , la sarrette , la génestrole et d autres substances jaunes , et en lésant entrer dans la préparaiion du drap ou dans le iiain , du tartre, de lalun , du sulfate de zinc, du sulfate de cuivre.

On peut de meme obtenir différentes cou- ][eurs de la garance qu on allie à des substances

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jaunes. C’est ainsi que l’on teint les mordorés et les canelles ; ces couleurs se font ordinairement en deux h^ains. L’on commence par le garançage , que l’on fait précéder d’un bouillon d’alun et de tartre , comme pour le garançage ordinaire ; ensuite on donne un bain de gaude.

Pour le canelle on donne un garançage moins fort , et ordinairement on se sert d’un bain qui a servi au mordoré- On varie les proportions selon que l’on veut faire dominer le rouge ou le jaune ; quelquefois on mêle de la noix de galle et' quelquefois on fonce la couleur par une bruni ture.

Quelquefois on a seulement le dessein de donner un ton rougeâtre ou jaune ; on peut alors passer l’étoffe qui vient d’être teinte en jaune dans xni bain de garance plus ou moins cliargé , selon son intention.

On se sert aussi du bois de Brésil avec les substances jaunes , et quelquefois on 1 allie à la cochenille et à la garance.

Lorsqu’au lieu de gaude ou d’autres substances jaunes on >je sert de racine de noyer , de brou de noix ou de sumac , on obtient des couleurs de tabac , de châtaigne , de musc , etc.

Les niarons , les canelles et toutes les nuances intermédiaires se font sur la soie par le moyen du bois d’Inde , du brésil et du fustet.

Ou cuit la ^oie à lordiiKiit’e , on Fulune , et on

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préparé un bain en mêlant ies décoctions fies lix)is bois que l’on vient de nommer , lesquelles ont été faites séparément ; l’on varie la proportion de cbacune selon la nuance que Ion veut obtenir ; cependant celle de fustet doit dominer : le bain doit être d’une chaleur tempéree. On lise la soie sur le bain ; et lorsqu’il est tiré et que la couleur est unie , on la tord et on la passe dans un second bain des trois ingrédients, qu on proportionne selon l’effet du premier bain , pour, obtenir la nuance que l’on veut.

Le mélange du rouge et du jaune ne présente pas d’observations particulières à celles qui ont été exposées dans les deux chapitres précédents.

Pour quelques couleurs on allie le bleu au rouge et au jaune ; c’est ainsi que l’on fait les olives. On donne un pied de bleu , puis on passe à la teinture jaune , enfin on donne un léger garançage. La nuance qui résulte de cette opération dépend de la proportion des trois couleurs dont elle est composée ; pour lés nuances foncées on donne unebruniture avec une dissolution plus oti moins chargée de sulfate de fer.

On ne se sert pas du bleu de cuve pour faire les olives sur soie , mais après l’alunage , on passe la soie sur un bain très-fort de gaude ; après cela on ajoute à ce bain du jus de bois d’Inde ; et lorsqu’on y a passé la soie , on y mêle un peu de dissolulion alcaline c[ui le verdit et

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lui fait prendre une couleur olive. On passe de nouveau la soie sur ce bain juscpi’à ce qu’elle ait pris la nuance convenable. Pour la couleur qu on appelle olive rousse ou olive pourrie , après le gaudage , on ajoute dans le bain du fustet et du bois d Inde sans alcali : si on veut que la couleur soit plus rougeâtre , on ne met que du bois d Inde. On fait aussi une espèce d’oliv^e rougeâtre en teignant la soie dans un bain de fustet auquel on ajoute plus ou moins de sulfate de fer et de bois d’Inde.

On lait selon le Pileur d’Apligny un bel olive sur fil et coton en lésant bouillir dans une suffisante quantité d’eau quatre parties de gaude sur une de potasse; on lait bouillir à ]>art avec un peu de vert-de-gris , du bois de Brésil qu’on a fait tremper la veille ; on mêle les deux dissolutions en proportions différentes , suivant les nuances qu’on desire, et on y passe le fil ou le coton .

Les couleurs qui résultent du mélange du jaune avec le rouge , comme le coquelicot , le brique , le capucine , etc. s’obtiennent sur toiles peintes à l’aide de la gaude et de la garance : on imprime pour mordant de l’acétate d’alumine ; on garance légèrement et on finit par le gaudage.

Pour varier les nuances , il suffit d’augmenter ou de diminuer la durée de l’iine des deux teintures , ou la proportion des matières que

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ron y emploie. Ces procédés sont applicables à la teinture du coton en écheveau.

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