‹ Élements de la philosophie chrétienne comparée avec les doctrines des philosophes anciens et des philosophes modernes (volume 2)Chapitre 95 sur 99 · CHAPITRE QUATRIÈME. — DES FACULTES APPETITIVES · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME. — DES FACULTES APPETITIVES

g 320. L'expérience prouve qu'il existe dans l'âme des facultés appétitives. Pag 463

ART. I. — De l'Appétit considéré en général

gg 32 1. L'appétit est l'inclination d'une chose vers ce qui lui convient. — 322. Le bien constitue l'objet de l'appétit. — 323. L'appétit repousse naturellement le mal, s'il le désire ce n'est qu'indirectement. — 324. Il y a trois sortes d'appétits. — 325 L'appétit naturel est commun à toutes les choses naturelles. — 326. L'appétit sensitif est propre aux animaux. — 327. L'appétit raisonnable est propre aux êtres doués de raison. — 328. i" L'acte de l'appétit suppose la connaissance de l'objet ; 2" L'appétit naturel appartient à toutes

les puissances de l'âme; l'appétit élicite constitue un genre particulier de faculté ; 3° Il y a deux sortes d'appétits élicites : le sensitif et l'intellect if ; ils difterent spécifiquement l'un de l'autre ; 4° L'inconnu ne peut être l'objet ni de l'appétit sensitif, ni l'appétit raisonnable ; 5° L'appétit élicite ne doit pas être confondu avec la faculté de connaître. Pag 463-467

ART. II. — De l'appétit sensitif

gg 329. L'appétit sensitif se porte vers le bien que lui proposent les sens; on le divise en concupiscible ex. en irascible. — 33o. L'appétit concupiscible a pour objet un bien sensible considéré en lui-même; l'objet de l'appétit irascible c'est le difficile et l'ardu qu'il désire dans un but ultérieur, — 33 1. 11 existe une différence spécifique entre ces deux appétits. — 332. i° L'appétit irascible a pour but de protéger l'appétit concupiscible. — 33?. 2° L'appétit irascible est plus noble que l'appétit concupisciple. — 334. Ces deux appétits sont communs à l'homme et à la bête ; chez l'homme ils sont soumis à la raison.

— 335. Cependant l'empire de la raison sur l'appétit sensitif n'est pas absolu. Pag ..... 471-476

ART. III. — De l'appétit raisonnable ou volonté et de ses divers actes

Il 336. L'appétit raisonnable ou volonté incline l'homme a poursuivre le bien appréhendé par la raison. — SSy. Cette définition est à tort rejetée par plusieurs philosophes modernes. — 338. Le mal, comme tel, ne peut être l'objet de la volonté. — 339. 1° La volonté, comme l'intellect, est une puissance réfléchie ; 2° Vobjet de la volonté comprend la fin et les moyens propres à l'atteindre ; 3° La volonté ne se divise pas en concupiscible et en irascible.

— 340. Vacte volontaire est une action qui procède d'un principe interne avec connaissance de la fin. — 341. Au volontaire sont opposés l'involontaire et le non volontaire, l'un positivement et l'autre négativement. — 342. On distingue dans le même sens le nolle et le non velle de la volonté. — 343. Le volontaire et le spontané se distinguent entre eux d'après la connaissance plus ou moins parfaite qui a précédé. — 344. On divise les actes volontaires en actes élicites et en actes commandés. Pag 470-482

ART. IV. — Oii Von examine si la volonté humaine jouit de la liberté

Il 345. La liberté humaine est cette propriété par laquelle la volonté est exempte de nécessité dans ses actes. On distingue la nécessité externe ou contrainte et la nécessité interne ou de nature. — 346. La volonté est libre de toute contrainte dans ses actes propres et intrinsèques. — 047 . Les actes extérieurs et com,:andés par la volonté peuvent être violentés et contraints.

— 348. Le fatalisme des stoïciens est incompatible avec la liberté humaine. — 349. Les théories de Spinoza et des panthéistes allemands détruisent la notion de liberté. — 35o. Les philosophes impies des dix-septième et dix-huitième siècles nient la liberté humaine. — 35i.Le libre arbitre ne consiste pas dans l'exemption de toute contrainte. — 352. 11 consiste dans le pouvoir de choisir.

— 353. Une certaine indifférence de la volonté fait partie de l'essence du libre arbitre. — 354. Le libre arbitre exclut toute nécessité de nature. — 3bb. Il est faux que les actes soient d'autant plus libres qu'ils sont plus spontanés. — 356. La liberté d'indifférence comprend la lib. du contradiction, la lib. de spécification, la lib. de contrariété. — "ib-j. Elle comprend aussi chez l'homme le pouvoir de faire le bien, ou le mal. — 338. L'indifférence de contradiction suffit à constituer l.ssence du libre arbitre. — 339. Le pouvoir de faire le bien

ou le mal n'appartient pas à son essence. — 36o. La volonté ne possède pas la liberté d'indifférence par rapport au bien universel et par/ait ; Preuves : I Le bien est l'objet propre de la volonté comme la vérité est l'objet propre de l'intellect. — 36 1. 2o Le bien universel et parfait est l'objet adéquat de la volonté. — 362. La volonté possède la liberté d'indifférence par rapport aux biens particuliers ; Preuves : i° Les biens particuliers ne sont pas l'objet adéquat de la volonté. — 363. 2o Les biens particuliers n'ont pas une relation nécessaire avec le bonheur. — 364. A ces preuves intrinsèques on peut en ajouter plusieurs d'extrinsèques. — 365. 3» Le témoignage de la conscience prouve l'existence de la liberté. — 366. 4° La négation de la volonté humaine entraîne des conséquences funestes — 'iôj. 5" Le consentement de tous les peuples prouve aussi l'existence de la liberté. Pag 483-499

ART. V. Oii l'on traite de l'origine ou racine de la liberté humaine

gg 368. Quelle est la vraie racine de la liberté. — 369. Première opinion : La volonté se détermine sans motif. — 370. Réfut.: lo La volonté est une puissance raisonnable, partant elle n'agit jamais sans raison. — 371 2o Une action déterminée ne peut provenir d'un principe indéterminé. — 372. 3° Dans cette opinion, les peines et les récompenses n'atteindraient pas leur but. — 373. 40 Cette maxime : placet quia eligitur, est contraire aux principes de la morale. — 374. Il n'existe pas d'acte libre sans examen préalable. — Z-jb. Seconde opinion: Toute action libre est précédée d'un jugement, mais la volonté peut toujours se déterminer en sens contraire. — 376. Réfut. : Cette opinion retombe dans la première ; car en définitive la volonté se détermine aussi sans raison ; elle conduit également au renversement de toute morale. — 377. Troi' sième opinion : La volonté est déterminée par le dernier jugement pratique.

— 378. Observation: lo La volonté n'agit jamais sans jugement préalable; 2° Ce jugement est pratique et non simplement spéculatif; 3o Ce n'est pas un jugement pratique général ; 40 C'est le dernier des jugements pratiques. — 379. Démonstration : lo Si la volonté ne se conformait pas au dernier jugement pratique, l'élection serait sans motif et l'action sans objet. — S80. 2° Si la volonté est le sujet de la liberté, la raison en est la racine. — 38 1. 3° L'homme est libre dans ses actes parce qu'il est raisonnable. — 382. Le libre arbitre a par conséquent sa racine dans la raison. — 383. La liberté de la volonté reste intacte, parce qu'elle se conforme à un jugement libre qui est en partie son œuvre. Pag 5oo-5o9

ART. VI. Réfutation des objections contre l'existence de la liberté humaine et l'origine que nous lui avons assignée

g§ 384. le Object. Le témoignage de la conscience ne prouve rien. — 385. En effet, La conscience constate l'existence des volitions, elle n'en manifeste pas la cause. — 386. Rép. La conscience témoigne en outre que nos volitions procèdent de notre libre choix. — 387. Instance: II en est des volitions comme de notre existence, la conscience ne nous en fait point connaître la cause. — 388. Rép. La parité n'existe pas ; la cause de nos volitions est interne et présente à la conscience, celle de notre existence lui est antérieure et externe.

— 389. 2e Object. Les récompenses et les châtiments ne prouvent pas plus la liberté de l'homme qu'ils ne prouvent la liberté de la bête — 390. Rép. Les récompenses et les châtiments supposent le mérite et le démérite et partant la liberté; c'est improprement qu'on emploie ces mots en parlant des

bétcs. — 391. 3*' Obj. La raison de notre vouloir réside dans une cause étrangère ; donc. — 39'2. Rép. Soit, mais lo La honlérelative des objets sensibles cmpêche qu'ils ne meuvent nécessairement la volonté — 393. 20 Q.uand à l'action divine, elle n'exclut pas le choix libre de la volonté. — 394. Q uelle est la part de Dieu dans l'exercice de la volonté. — 3g5. Comment sous l'action divine les actes de la volonté ne laissent pas d'être libres. — 396. 4e Object- La volonté est mue par l'appétit sensitif, lequel n'est pas libre; donc. — 397. /îéj?. i» L'appétit sensitif n'intlue pas sur toutes nos actions. — 398. 2" Même dans les actions où l'appétit sensitif indue sur la volonté, celle-ci reste libre. — 399. 5e Obj. La volonté n'a pas un égal pouvoir pour le mal et pour le bien ; donc. — 400. Rép. L'égalité de pouvoir pour le bien ou pour le mal n'appartient pas à l'essence du libre arbitre. — 401.- Inst. La volition des biens particuliers dérive de la volition du bien général; donc. — 402. Rép. Elle n'en dérive pas nécessairement ; car les biens particuliers n'ont pas une connexion nécessaire avec le bonheur. — 4o3. 6« Obj. Les volitions dépendent de la connaissance du bien et du mal ; donc elles ne sont pas libres. — 404. Rép. Elles en dépendent sans être nécessitées par elle : le jugement qui détermine la volition esten partie l'œuvre de la volonté. — 4o5. i' Inst. Cette explication de la liberté n'est pas compréhensible ; donc. — 406. En effet : Si la volition dépend du jugement et le jugement de la volition, nous tombons dans une progression indéfinie. — 407. Rép. Cette progression n'est pas à craindre : le premier moteur de l'entendement et de la volonté c'est Dieu. — 408. 2^ Inst. Cette doctrine conduit au fatalisme ; donc. — 409. En effet : Si les motifs entraînent la volonté, celle-ci cédera toujours au plus fort et restera en suspend entre deux motifs égaux. — 410. Rép. Cette difficulté s'évanouit si l'on fait attention que la volonté influe sur le jugement en attirant l'attention de l'intellect sur telle considération plutôt que sur telle autre. Pag 5 I 5-525

ART. vil. — De l'empire de la volonté sur les autres facultés de l'dme

g§ 411. L'empire de la volonté sur les facultés de l'âme, sauf la puissance végétative, est un fait reconnu. — 412. La raison de cet empire, c'est que la volonté a pour but le bien universel, lequel comprend l'objet particulier de chaque faculté. — 41 3. L'intellect lui-même est mu par la volonté. — 414. L'observation et le langage ordinaire confirment cette doctrine. — 41 5. Remarques sur la manière dont la volonté influe sur les autres facultés : lo L'acte par lequel la volonté agit sur les autres puissances est lui-même précédé d'un acte de la raison ; 2° L'action de la volonté sur les autres puissances consiste en ce qu'elle incline chacune vers son opération propre ; 3° L'action réciproque de la volonté et de l'intellect n'a rien de contradictoire ; 40 Les actes des autres puissances sont modifiés et conduits à leur perfection par la vertu que leur communique la volonté. Pag 526-528

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