CHAPITRE TROISIÈME. DE L^INTELLIGENCE
g 146. L'homme placé entre l'ange et la bête possède les facultés de l'un et de l'autre. Pag 348
ART. 1. — De l'objet de l'intellect
gg 147. L'intelligible forme l'objet de l'intellect. — 148. Les choses considérées comme intelligibles se rapportent diversement à l'intellect Divin et à l'intellect humain. — 149. L'intelligibilité des choses est fondée sur l'immatérialité. — i5o. Observations sur la nature de l'immatérialité des choses qui forment l'objet de l'intellect. — i5i. L'intellect humain ne peut rien concevoir sans le secours des facultés sensitives. — i52. lo L'intellect, naturellement uni avec les facultés sensitives, doit en dépendre sous certains rapports; 20 Les facultés ayant leur source commune dans l'essence de l'âme, doivent dépendre les unes des autres dans leurs opérations. — i53. L'imagination est la faculté sensitive qui fournit à l'intellect la matière sur laquelle il agit. — i3i.. Cette doctrine est confirmée par l'expérience. — i35. L'intelligible pro-
portion né â l'intellect humain c'est V immatérialité des essences qui ont leur être dans la matière. — i56. L'intelligible proportionné à l'intellect humain ne re'side point dans rimmatcrialité absolue. — iSy. Il faut distinguer l'objet adéquat de l'intellect, de l'objet proportionné à l'intellect humain. — i58. L'objet adéquat de l'intellect comprend tout ce qui est ou peut être. — 1 5g. Uoh]et proportionné à l'intellect humain ne comprend que les essences des choses matérielles. — 160. Ce qui, dans les choses matérielles, est l'objet de l'intellect, c'est leur essence dégagée des conditions individuelles. — 161. Cet objet ainsi dégagé de toute condition individuelle ou matérielle est universel. — 162. L'universel dégage des choses matérielles est donc l'objet proportionné à l'entendement humain. Pag 349-359
ART. II. — Des espèces intelligibles nécessaires pour produire la connaissance
iniellective
gg i63. La connaissance intellectuelle est impossible sans les espèces intelligibles ; En effet: 10 Toute intellection suppose l'union avec l'intellect de l'objet lui-même ou de son espèce ; 2° Pour passer de la puissance à l'acte, l'intellect doit d'être déterminé par quelque chose : seule, l'espèce l'intelligible peut remplir ce rôle. — 164. Les fantômes de l'imagination ne peuvent remplir l'office d'espèces intelligibles. — i65. Les espèces intelligibles sont immatérielles et dans l'intellect, et relativement à l'objet qu'elles représentent. — 166. L'espèce intelligible est la forme qui réduit l'intellect de la puissance à l'acte. — 167. Elle est ce par quoi (illud quo) l'intellect conçoit, et non ce qui (illud quod) est conçu. — 168. Conséquences: 1° Les choses existent autrement dans l'intellect qu'en elles-mêmes ; 2° L'intellect et l'objet connu sont une même chose, non en soi, mais dans l'intellect. Pag. 359-3G3
ART. m. — De l'Intellect agent
Il 169. L'intellect agent est cette faculté qui dégage l'espèce intelligible des conditions matérielles qui la recouvrent dans le fantôme de l'imagination. — 170. 10 L'intellect agent est nécessaire pour dégager les essences des choses matérielles et les rendre intelligibles e« acte. — 171. 2» L'immatériel et l'universel étant l'objet propre de l'intelligence, il faut une puissance spéciale pour l'abstraire d'un fantôme qui est matériel et singulier. — 172. L'intellect agent constitue les fantômes dayis la puissance prochaine de manifester les essences. — 173. Il les illumine et les rend intelligibles en acte, — 174. lo Les espèces ainsi dégagées des fantômes représentent les essences réelles et objectives des choses ; 20 L'abstraction produite par l'intellect agent est l'abstraction simple et non l'abstraction composée. — 175. L'idée innée d'être possible n'est pas la lumière qui éclaire les fantômes. — 176. — Les ontologistes placent cette lumière en Dieu : les néoplatoniciens, dans un intellect séparé ; Cousin, dans la raison impersonnelle. — 177. i,, Si la lumière intellectuelle est extérieure à l'âme, le fait de la pensée est inexplicable. — 178. 2© Ces diverses opinions confinent au panthéisme ; en quel sens Dieu peut être appelé la lumière intelligible de l'esprit humain. Pag 364-371
ART. IV. — De l'Intellect possible
g^ 179. L'intellect possible est la faculté qui reçoit les espèces élaborées par l'intellect agent et produit l'intellection. — 180. 1° Sans lui, on ne s'expliquerait pas comment l'esprit humain passe de la puissance à l'acte de concevoir
— 181. 2» L'esprit humain ne peut connaître en acte toutes les vérités ; il est donc en puisancc pour plusieurs.— 182. Les hypothèses imaginées pour remplacer l'intellect passif n'ont aucune valeur scientifique : Idées innées de Leidnitz, intuition de Gioberti. — i83. Raison impersonnelle de Cousin. — 184. L'absurdité de ces hypothèses prouve indirectement l'existence de l'intellect possible. — i85. Ces deux intellects diffèrent en ce que l'un rend l'objet intelligible en acte et l'autre est poussé à l'intellection par l'objet. — 186. Dans quel sens l'intellect possible est une {a.cn\ié passive. — 187^ i» Cette modification passive ^e;/ec^/onne l'intellect possible, loin de l'altérer; 2» L'intellect possible n'est pas uniquement jL^as^f/". — i88. Il y a une distinction spécifique entre l'intellect agent et l'intellect possible. — 189. En effet une même puissance ne peut être à la fois ch acte qi en puissance par rapport au même objet.
— 190. L'action de l'intellect agent précède /7i3r nature, mais les deux actions scnit simultanées dans l'acte d'intellection. — igi. le Obj.Si l'intellect possible est une puissance intellective, l'intellect agent nepeut l'être, ce qui est absurde.
— 192. Rép. L'intellect possible est la cause formelle de l'intellection, l'intellect agent en est la cause efficiente. — 193. zc Obj. L'abstraction de l'intellect agent est la même que celle de l'intellect possible. -^ 194. Rép. Ces deux abstractions diffèrent entre elles, l'une est l'abstraction simple de l'école et l'autre l'abstraction composée. Pag 373-383
ART. V. — Du Verbe intellectuel
gg 195. Le verbe est une représentation de l'objet que l'intellect forme en soi et dans laquelle il le contemple. — 196. Il diffère de l'espèce intelligible qui détermine l'intellect à l'acte. — 197. lo Le verbe intellectuel ne doit pas être confondu avec le verbe extérieur ou la parole: 20 La parole n'est que le signe, ou l'expression sensible du verbe intérieur; 3» C'est au verbe intérieur principalement que ce nom de verbe convient. — 198. L'intellection est impossible sans le verbe intellectuel. — 199. Observation : l'intellection étant une action immanente, son terme doit rester dans l'intellect. — 200. 1° L'espèce intelligible concourt à l'intellection comme prnîczpe, le verbe doit y concourir comme terme. — 201. 2° L'intellection des choses matérielles ne peut s'expliquer sans le verbe. — 202. Obj. L'espèce impresse suffit pour expliquer l'intellection ; le verbe est donc inutile. — 2o3. Rép. L'espèce impresse est le principe de l'intellection, elle ne peut en être le terme. — 204. i" Le verbe est ce que l'intellect conçoit en lui-même de la chose connue ; 2° Il y a une certaine distinction entre l'intellection et le verbe ; 3° L'action qui produit le verbe et celle qui le connaît sont une même action. — 2o5. Obj. La diction et l'intellection s'appellent naturellement, partant elles sont diverses. — 206. Rép. Elles s'appellent naturellement comme deux modes d'une même opération et non comme deux opératioyis diverses ; 4» L'intellect contemple l'objet immatériel dans le verbe au moyen d'un fantôme. Pag 384-393
ART. VI. — Oii l'on examine si dans l'intellection l'intellect est actif au passif
Il 207. L'intellection est l'œuvre commune de l'objet et de l'intellect. — 208. — loL'objet intelligible est le principe de l'intellection en cequ'il fait sortit l'intellect possible de son indétermination. — 209. 2" L'intellect est aussi un principe d'intellection : celle-ci est en effet une opération vitale et immanente. — 210. L'intellect a besoin qu'un objet intelligible le détermine, non par défaut d'activité, mais à raison même de son activité illimitée. — 2H. L'intellect passif n'est ni complètement passif , ni complètement actif . — 212. Réfutation des sensistes qui font l'intellect exclusivement passif. — 21 3. Réfutation
des philosophes qui veulent que l'intellect soit exclusivement actif. — 214. Si rintcllection ne doit rien à l'objet, elle ne peut le représenter et les intellections ne se distinguent pas entre elles. — 21 5. L'espèce intelligible concourt à l'intcllection comme cause exemplaire et finale ; l'intellect, comme cause efficiente et formelle. Pag 394-400
ART. vu. — De la Conscience
|g 216. Objet de l'article. — 217. Par la conscience nous percevons nos intellections, comme parle sens commun nos sensations. — 218. La conscience est cette connaissance par laquelle l'âme appréhende ses propres actes. — 219. On distingue la con?.c\ence psychologique et la conscience morale. — 220. La conscience psychologique est habituelle ou actuel'e: l'une est directe etl'autre réflexe. — 221. L'esprit humain doit à son immatérialité de pouvoir se connaître par la conscience. — 222. Par la conscience l'âme connaît ses propres actes et se connaît elle-même comme leur sujet. — 223. Par la conscience l'âme ne connaît ni sa nature, ni ses propriétés ; erreur de Maine de Biran et de Vacherot. — 224. Partant l'âme ne connaît par la conscience ni son immatérialité, ni ses autres propriétés. — 225. Par la conscience, l'âme connaît l'objet de ses opérations intellectuelles, en même temps que les opérations ; erreur de Gioberti. — 226. La conscience est-elle une faculté spéciale? —
227. La conscience n'est pas une faculté spéciale distincte de l'intellect. —
228. La conscience n'est pas un sens intérieur distinct de l'intellect. — 229. Obj. de Scot. Il doit exister une faculté intellective inférieure, comme cela se voit parmi les facultés sensitives. — 23o. Rép. Les facultés sensitives sont tellement diverses de l'intellect qu'on ne peut raisonner a pari. — 23i. Obj. de Reid : L'objet de la conscience difFère de l'objet des autres facultés ; donc. — l'iï. Rép. L'objet de la conscience ne se distingue ^a?> formellement de, celui de l'intellect. — 233. Cependant l'acte de la conscience est distinct de celui par lequel l'intellect appréhende les essences des choses matérielles. — 234. Conclusion et résumé. ■ — 235. Par la conscience, l'intellect connaît et ses propres actes et .les actes de la volonté. — 236. Comment Wolf définit l'attention et la réflexion. — 237. i" L'attention est commune à toutes les facultés cognitives; elle n'est donc pas une faculté spéciale. — 338. 2°La considération successive de plusieurs objets appartient à chaque faculté cognitive ; elle ne peut donc constituer la réflexion. — 239. L'âme a-t-elle la conscience de toutes ses perceptions ? Leibnitz est pour la négative ;Galluppi pour l'affirmative. — 240. Solution : i" IJ âme possède la conscience habituelle de toutes ses perceptions. — 241. 2" Uàme jouit de la conscience actuelle de toutes ses perceptions sensibles au moment où elles ont lieu. — 242. 3° L'âme n'a pas la concience actuelle de toutes ses percepùons antérieures. — 243.40 L'âme ne jouit pas de la conscience actuelle de toutes ses intellections. — 244. Les erreurs de Leibnitz et de Galluppi viennent de ce qu'ils n'ont pas distingué entre la conscience habituelle et la conscience actuelle. Pag .... 401-417
ART. vni. — Du Jugement
gg 245. Le jugement est l'acte par lequel l'esprit compare deux notions et les réutiit ou les sépare, suivant qu'il a reconnu qu'elles se conviennent ou qu'elles ne se conviennent pas. — 246. Le jugement est une opération intellectuelle; erreur des Cartésiens. — 247.1' Obj. Le jugement est impossible sans un acte de la volonté ; donc. — 248. Rép. La volonté meut l'intellect à juger, mais c'est l'intellect qui prononce le jugement. — 249. 2"= Obj. Juger c'est donner ou refuser son assentiment, ce qui est un acte de la volonté. — 25o. En
effets donner ou refuser son assentiment, c'est embrasser un seniiment ou le repousser, ce qui ne peut convenir qu'à la volonté. — 25i. Réip. : L'assentiment et le dissentiment se rencontrent à la fois dans les opérations de l'intellect et dans celles de la volonté, mais sous une raison formelle diverse. — 252. Reid, Cousin, Rosmini etc., admettent des jugements purement instinctifs. — 253. Locke et Galluppi, à l'exemple des scolastiques, rejettent à bon droit l'existence de ces derniers. — 254. La bête ]ugepar instinct et l'homme par comparaison. — 255. Obj. S'il n' y a pas de jugement instinctif, il est impossible d'échapper au scepticisme ou à l'idéalisme. — 256. En effet, les termes des jugements comparatifs sont les idées des choses et non les choses mêmes. — 257. Rép. Cette objection est insoluble pour Locke qui nie l'objectivité des idées ; elle n'atteint pas les scolastiques qui admettent cette objectivité.— 2 58. Cette objection peut être retournée contre ses auteurs: Les jugements instinctifs sont en effet purement subjectifs. — 259. La simple appréhension constitue la première opération de l'intellect. — 260. 11 ne peut y avoir de jugements primitifs formés d'un seul terme. — 261. Argument dii hominem contre Cousin. — 262. On ne peut appréhender les qualités qui se trouvent dans le sujet avec le sujet lui-même comme un terme unique. —
263. Il n'existe pas de jugement dont les deux termes soient concrets. —
264. Dans tout jugement l'attribut au moins est universel. — 265. Un jugement n'est pas universel par cela seul qu'il est abstrait, mais il n'est pas singulier non plus — 266. L'essence du jugement consiste dans l'affirmation ou la négation. — 267. Quelques auteurs modernes avec Javary soutiennent l'opinion contraire. — 268. Les exemples cités par Javary contiennent tous la relation d'affirmation ou de négation. — 26g. Le jugement, qu'il soit affirmatif ou négatif, ne renferme qu'joz seul acte. — 270. De quelle manière la composition et la division existent dans tout jugement. Pag. . . 418-433
ART. IX. — De la Raison
g| 271. L'esprit humain a besoin du raisonnement pour acquérir la connaissance parfaite des choses. — 272. lo La déduction consiste à connaître les choses l'une par l'autre. — 273. 2° Le principe et la vérité déduite sont connus par deux actes distincts. — 274. La conclusion est contenue en puissance seulement dans les prémisses. — 275. Cependant l'intellect connaît par un seul acte la connexion qui existe entre la conclusion et les prémisses. — 276. Il en est du raisonnement comme du jugement sous ce rapport. — 277. 3° L'intellect acquiert de nouvelles connaissances au moyen du raisonnement. — 278. Les ontologistes détruisent la vraie nature du raisonnement. — 279. L'intellect et la raison ne sont pas deux facultés diverses. — 280. Ce sont deux opérations différentes de la même faculté. — 281. Cette unique faculté doit être appelée raison plutôt qu'intellect. — 282. De la raison théorique et de la raison pratique. — 283. Opinions diverses. — 284. 11 existe une certaine distinction entre la raison théorique et la raison spécifique. — 285. Cette distinction ne constitue pas deux facultés spécifiquement d'wevsQS. — 286. 10 Leurs fins ne diffèrent qu'accidentellement. — 287.- 20 Leurs objects n'offrent pas non plus une diversité spécifique. — 288. L'universel et le contingent rapportés à la connaissance appartiennent à la même faculté. — 289. 3" Les divers modes dont ces deux cojinaissances atteignent leur objet ne sont pas spécifiquement divers. — 290. Conclusion. — 291. L'intellect théorique et l'intellect pratique appartiennent à deux habitudes diverses de la même faculté. — 292. Comment l'intellect applique aux opérations les principes généraux de la raison pratique. — 2q3. Solution de la question proposée. — 294.
De la raison supérieure et de la raison inférieure. — 295. Elles se rapportent mutuellement l'une à l'autre comme le principe à sa conclusion. — 296. Elles ne sont pas deux facultés diverses. — 297. En effet leur raison formelle est la même, leur relation est celle du principe à la conclusion. — 298. Object. Deux facultés dont l'une gouverne et l'autre est gouvernée sont distinctes ; donc. — 299. Rép. Elles sont distinctes comme fonctions d'une même puissance, sans constituer deux facultés. — 3oo. Ce sont deux habitudes diverses de l'intelligence. — 3oi. La raison supérieure des scolastiques n'a rien de commun ni avec la raison impersonnelle de Cousin, ni avec la raison absolue des ontologistes. — 3o2. Object. Le nécessaire et l'immuable ne peuvent être connus par le contingent et le variable. — 3o3. Rép. Cette impossibilité n'existe pas ; leur connaissance intellectuelle n'est même possible pour l'homme qu'à cette condition. Pag 434-454
ART. X. — De la Mémoire intellective
gg 304. La mémoire intellective a pour fonction de rappeler et de reconnàître les intellections passées. — 3o5. Elle n'est pas une faculté spéciale distincte de l'intellect. — 3o6. Elle s'en distingue cependant d'une certaine manière. — 307. Comment fonctionne la mémoire intellective. — 3o8. Trois choses concourent à son acte : la connaissance habituelle, la réflexion et un acte de la volonté. — 309. L'âme ne possède pas l'intellection actuelle de tout ce dont elle conserve les espèces. Pag 455-458
ART. XI. — Différence de l'intellect et de la sensibilité
gg 3io. Le sensisme est un système de philosophie qui confond V intellect avec la sensibilité. — 3 11, Pour les sensistes modernes, les facultés intellectuelles sont diverses formes de la sensibilité, et leurs opérations des sensations transformées. — 3 12. Pour réfuter le sensisme il suffit de résumer le présent chapitre. — 3i3. L'intellect n'est pas, comme la sensibilité, une faculté organique. — 314. i" La sensibilité perçoit le singulier et le corporel ; l'intellect appréhende l'universel et l'immatériel. — 3i5 20 La sensibilité et l'intellect sont différemment modifiés par l'action de leur objet respectif. — 3 16. 3" L'éclat de l'objet affecte diversement ces deux facultés. — 317. 40 L'intellect seul est capable de réflexion. — 3 18. Conclusion : la sensibilité et l'intellect 50m^ deux facultés diverses. — 319. Pourquoi les opérations de l'intellect «e peuvent être des sensations transformées. Pag 459-462