‹ Éléments de littérature (volume 2)Chapitre 19 sur 58 · ATTENTION · texte numérisé non relu

ATTENTION

relativement l'une à l'autre, sont aussi plus ou moins liantes, plus ou moins dociles à se succéder; pourquoi les unes se suivent coulamment et avec aisance, les autres se froissent et se brisent dans leur collision ; et l'étude de tous ces effets contribuerait à éclairer le choix de l'oreille.

On verrait pourquoi 17 est facile après IV, et IV pénible après 17; pourquoi deux labiales ne peuvent s'allier ensemble, abfert, abfugit , non plus que deux dentales dont l'une est la faible de l'autre, adtendere, que les Latins avaient répudié -, pourquoi le passage d'une labiale à une dentale est facile du faible au faible, comme dans ab-diquer; du fort au fort, comme dans ap-titude; du faible au fort, comme dans ob-tenir ; et très-pénible du fort au faible, comme dans cap-de Bonne- Espérance , que l'on est obligé de prononcer cab-de Bonne-Espérance.

On trouverait de même la raison de la difficulté que nous éprouvons à prononcer l'a? après Ys, et réciproquement, comme Quintilien l'a remarqué : Virtus Xerxis, arx studiorum, etc.

Ce ne serait donc pas une étude aussi puérile qu'on l'imagine ; et plus d'un poète en aurait eu besoin pour suppléer au don d'une oreille sensible, qui seule peut-être a manqué à quelquesuns de ceux qu'on estime et qu'on ne lit pas. Voyez Harmonie

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