SOTISE
la réponse de Cliimène,
Malgré des feux si beaux qui troublent ma colère, Je lerai mon possible à bien venger mon père; Mais malgré la rigueur d'un si cruel devoir, Mon unique soubait est de ne rien pouvoir.
\:\ réponse d'Alzire,
Ta probité te parle, il faut n'écouter qu'elle.
sont des modèles accomplis des plus heureuses solutions.
Dans le comique, un excellent moyen de sortir d'une situation qui paraît sans ressource, c'est la ruse qu'emploie la femme de George Dandin, lorsqu'elle fait semblant de se tuer, et qu'elle réussit, par la frayeur qu'elle lui cause, à le mettre dehors et à rentrer chez elle.
Le moyen qu'emploie Isabelle dans r École des Maris, pour empêcher Sganarelle d'ouvrir sa lettre,
Lui voulez-vous donner à croire que c'est moi.?
n'est ni moins naturel ni moins ingénieux, et il est d'un plus lin comique.
Mais le prodige de l'art, pour se tirer d'une situation difficile, c'est ce trait de caractère du Tartufe :
Oui, mon frère, je suis un méchant, un coupable, Un malheureux pécheur, tout plein d'iniquité, Le plus grand scélérat qui jamais ait été.
Ce serait là le dernier degré de perfection du comique si, dans la même pièce et après cette situation, on n'en trouvait une encore plus étonnante : je parle de celle de la table, au delà de laquelle on ne peut rien imaginer.
SoTiSE ou Sotie. Espèce de drame, qui , sur la fin du quinzième siècle et au commencement du seizième, faisait chez nous la satire des mœurs. La sotise répondait à la comédie grecque du moyen âge ; non qu'elle fût une satire personnelle, mais elle attaquait les États, et plus expressément l'Église. La plus ingénieuse
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de ces pièces est, sans contredit celle où V Ancien- Monde , déjà vieux, s'étant endormi de fatigue, Jbus s'avise d'en créer un nouveau, dans lequel il distribue à chaque vice et àciiaque passion son domaine; en sorte que la guerre s'allume entre eux, et détruit ie monde .qu'.<^6MS a créé. Alors le f^'ieux-Monde se réveille et reprend son train.
Dans cette satire, le clergé n'est point épargné ; il l'est encore moins dans la sotie du Nouveau- Monde, dont les personnages sont Pragmatique, Bénéfice-Grand, Bénéfice- Petite Père-Saint, le Légat, V Ambitieux, etc. Bénéfice- Grand, à qui l'on fait violence pour le livrer à Ambitieux, se met à crier plaisamment, volens nolo, nolens volo.
Mais la plus célèbre de toutes les Soties est celle de Mère Soie, composée et représentée par ordre exprès de Louis XII. Dans cette pièce, le prince des Sots s'informe de l'état de ses sujets. Le premier Sot lui répond :
Nos prélats ne sont point ingrats, Quelqne chose qu'on en babille :
Us ont fait, durant les jours gras, Banquets, beignets, et tels fracas Aux mignonnes de cette ville.
Soie commune (le peuple) se plaint au roi des Sots qu'elle dépérit de jour en jour, et que l'Église enlève tout son bien. Mère Soie paraît alors, habillée par-dessous en Mère Sote, et pardessus ainsi que l'Église. En entrant sur la scène elle déclare à Sote Occasion et à Sote Fiance, ses deux confidentes , qu'elle veut usurper le temporel des princes. « Disposez de moi, lui dit Sote Fiance ; je consens à éblouir le peuple par vos amples promesses, et en cela je risque peu de chose; »
On dit que vous n'avez point d'honte De rompre votre foi promise.