BALANCE DE M. ROBINSON
horizontal pour égaliser Ics.bras du fléau, et dans le sens vertical pour amener sur une même ligne droite les points de suspension et le point d’appui.
272. — Voici la description d’une autre balance construite par M. Robinson, et qui a servi au capitaine Kater pour fixer en Angleterre l’étalon des poids. Le fléau de cette balance n’a pas plus d’un quart de métré de longueur. Il est en métal de cloche, et la forme en est rliomboïdalc. Le couteau est un prisme d’acier, long de 25 millimétrés, à base triangulaire équilatérale; mais on a donné à l’angle sur lequel s’opèrent les vibrations une ouverture de 120 degrés, pour le rendre moins sujet à s’altérer par suite de la charge de la balance. Ce qui distingue particulièrement cet appareil, c’est que le couteau repose sur un plan d’agate sur toute sa longueur; tandis que dans la balance précédemment décrite le contact n’a lieu que sur une longueur d’environ un millimètre, pour chaque extrémité du couteau. Les plateaux portent sur deux autres couteaux, chacun d’un centimètre et demi de longueur, et munis de deuic vis de rappel, qui servent à assurer leur parallélisme avec le couteau central. Une autre disposition permet de les rapprocher ou de les éloigner du couteau central, cl en même temps de les élever ou de les abaisser, de manière que les points d’appui et de suspension puissent être amenés sur une môme ligne droite.
Un fil A pas de vis, d’un décimètre de longueur, est implanté sur le milieu du fléau. Ce fil est terminé • par une pointe qui sert d’index, et il porte une petite boule de cuivre, que l’on peut faire mouvoir sur la
vis ,de manière à varier ik volonlé la position du centre de gravité de l’appareil- Quand la balance ne doit pas fonctionner, on suspend le contact des couteaux avec les plans d’agate, et l’on soutient l’instrument à l’aide d'un mécanisme dont on peut se faire une idée d’après ce qui a été dit dans l’article précédent.
M. Robinson a construit de semblables balances, tellement sensibles, qu’en chargeant chaque plateau de 50 grammes, l’index éprouvait une déviation perceptible par l’addition sur l’un des plateaux d’ün vingt-millième de gramme ou de la millionième partie du poids à peser.
On trouvera dons les Transactions philosophiques pour 1826 la description détaillée d’une balance , la plus sensible peut-être qu’on ait encore construite, dont le capitaine Kaler s’est servi pour la détermination du boisseau anglais. Le poids du boisseau rempli d’eau était d’environ 90 kilogrammes, et il s’agissait de construire un appareil qui fût propre à déterminer un poids aussi considérable avec le degré d’exactitude nécessaire. Le succès a répondu parfaitement à l’attente. La sensibilité de la balance était telle, qu’elle accusait un 1 750 000® du poids à peser.
273. — Voici maintenant la manière de procéder â l’ajustement d’une balance. D’abord pour mettre en ligne droite les points de suspension et le point d’appui, on rendra les variations de la balance très-lentes, en faisant marcher le poids dont les mouvements servent à déplacer le centre de gravité de l’appareil. On amènera le fléau dans une position horizontale,
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AJÜSTEME.NT DES BALAKCES.
en mellant au besoin sur les plateaux de petits morceaux de papier. Ensuite on chargera les plateaux autant que possible sans endommager la balance. Si les vibrations ont la mCme durée que précédemment, l’ajustement est parfait : si au contraire les vibrations sont plus rapides, on les ramènera à la môme durée en faisant mouvoir le poids qui sert ù l’ajustement. On noiera la distance que le poids a parcourue : on lui fera décrire le double de cette distance en sens contraire, et l'on amènera le mouvement oscillatoire au même degré de lenteur au moyen de la vis qui agit verticalcincnt sur le point d’appui. On répétera cette opération jusqu’à ce qu’on soit satisfait de l’ajustement.
Pour égaliser les bras de la balance, on mettra comme précédemment des poids sur les plateaux; on rendra le fléau aussi voisin que possible de l’horizontalité, et l’on notera la division où s’est arrêté l’index. On décrochera les plateaux avec les poids dont ils sont chargés, cl on les changera de bras. Si l’index s’arrête sur la même division, les bras sont d’égale longueur. S’il en arrive autrement, on ramène l’index à sa première position en ajoutant de petits poids à l’un des deux plateaux. On enlève ensuite la moitié de ces poids additionnels, cl l’on ramène encore l’index à sa position primitive, en faisant mouvoir la vis qui agit horizontalement sur le point de support. De celte manière les^bras se trouvent égalisés. Si l’on était sûr que les plateaux ont le même poids, il serait inutile de les décrocher : il sufllrait de transporter d’un plateau sur l’autre les poids dont ils sont chargés.
274. — Un ajustement, quelque parfait qu’il soit, ne peut passer que pour une approximation, cl il convient de n’ètre pas obligé de s’y fier dans les recherches délicates. Or, on peut en effet s’en rendre indépendant, au moyen de la méthode que l’on appelle des doubles pesées, dont nous allons donner l’explication.
Après avoir mis de niveau la cage de la balance, on soulève le fléau, on cl^arge chaque plateau d’un poids à peu près égal à celui qu’il s’agit de déterminer. On abaisse doucement le fléau jusqu’à ce qu’il commence à porter; et l’on en rend les vibrations très-lentes, au moyen de rajustement qui sert à élever ou à abaisser le centre de gravité. On ôte alors ces poids et l’on met sur l’un des plateaux le corps qu’il s'agit de peser -, puis on lui fait équilibre en plaçant sur l'autre plateau des corps quelconques -, par exemple, des morceaux de cuivre, des grains de plomb, et enfin de petites feuilles de cuivre battu ou de petits morceaux de papier que l’on ajoute par parcelles. On observe la division à laquelle l’index s’est arrêté ; on ôte doucement le corps qu’on veut peser, et l’on y substitue des poids gradués, des grammes et des fractions de grammes, jusqu’à ce que l’index soit ramené à la même division. La quantité qu’il faudra mettre de ces poids exprimera précisément le poids du corps, quel que soit d’ailleurs l’ajustement de la balance.
Lorsqu’il s’agit de comparer deux poids que l’on suppose à très-peu près égaux, et de déterminer leur différence, s’il y en a une, la méthode est presque la même. Le poids étalon est équilibré avec soin,
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