‹ Elements de mecanique par le cap.e Kater et le dr. LardnerChapitre 109 sur 167 · MÉTHODE DES DOUBLES PESÉES · texte numérisé non relu

MÉTHODE DES DOUBLES PESÉES

el l’on noie la division où l’index s’est arrClé. On ajoute sur l’un des plateaux de Irés-pelils poids, comme un ou deux milligrammes, et l’on remarque de combien de divisions l’index s’est déplacé, ce qui donne, en poids, la valeur d’une division de l’échelle. Pour plus de certitude, on répète plusieurs fois la infime opération, cl l’on prend la moyenne. Cela fait, on ôte le poids étalon du plateau, et l’on y substitue le poids avec lequel on veut le comparer. La ditTérencc entre les positions de l’index donne , par ce qui précède, la dilTérence des poids.

Si la balance est très-sensible , il se passera beaucoup de temps avant qu'elle n’arrive au repos. Pour abréger, on pourra regarder le milieu de l’arc de vibration décrit par l’index comme le point sur lequel il doit s’arrôtcr, el répéter l’observation plusieurs fois afin de la rendre plus exacte. Cependant il ne faudrait se fier à ce procédé expéditif que si l’arc de vibration était très-petit, par exemple s’il ne comprenait qu’une ou deux divisions de l’échelle.

Il y a encore d’autres précautions à prendre. On ne doit Jamais loucher les poids avec la main , ce qui, non-seulement les oxyderait, mais les échaufferait, el pourrait déterminer au contact de ces corps des courants d’air qui nuiraient à l’exactitude de la pesée. Pour les plus gros poids on emploiera une fourchette en bois ; pour les petits, des pinces en cuivre sont rinslrumcnl le plus convenable.

275. — La perfection d’une balance ne servirait évidemment de rien , si les poids qui servent aux pesées étaient étalonnés d’une manière défectueuse. Les poids pourraient ii’ôlre pas rigoureusement

égaux à l'étalon , pourvu que la différence fût connue au moyen de la méthode exposée dans l’article précédent.

La matière des poids peut être le cuivre ou le platine : on donne ordinairement aux poids en cuivre la forme d’un cylindre dont le diamètre égale la hauteur. Un petit bouton sphérique est vissé au centre, et l’on ménage un espace sous la vis pour recevoir les petites portions de fil qui servent à l’ajustement. 11 convient de pratiquer une cavité à la base de chaque cylindre dans laquelle puisse entrer le bouton d’un autre poids , lorsqu’on veut les poser l’un sur l’autre.

On compare chaque poids à l’étalon : s’il est un peu plus fort , on le lime jusqu’à ce qu’il soit tant soit peu plus faible que l’étalon, et l’on détermine soigneusement la différence. On a un fil d'argent très-fin , long de 8 à 10 centimètres , dont le poids a été déterminé exactement -, dès lors il est facile de calculer la longueur du morceau de ce fil nécessaire pour ajuster le poids qu’on étalonne ; on coupe ce morceau et on l’assujettit sous la vis. Pour plus de sûreté, après que cela est fait, on compare de nouveau le poids à l’étalon.

276. — La romaine, ainsi appelée parce qu’elle était d’un grand usage chez les Romains , qui la nommaient statera , est un simple levier à bras inégaux. Elle sert à mesurer des poids très-différents les uns des autres, au moyen d’un poids unique, ordinairem'ent moins considérable, que l’on nomme peson. On a vu dans le chapitre précédent qu’un levier se trouve en équilibre lorsque le poids et la puissance sont en raison inverse de leurs distanoes

ROMAIiNE COMMUEE. 275

respeclivcs au point d’appui. Si donc on accroche * au petit bras de la romaine le corps à peser, et qu’on fasse glisser le peson le long du grand bras jusqu’à ce que l’équilibre se soit établi, on pourra, eninesu- ' ranl les distances du point d’appui au peson et au corps qu’il s’agit de peser, déterminer le rapport du poids de ce corps au poids du peson qui est censé connu. Pour fixer hîs idées, supposons que le peson

{Fig. 102) pèse un kilogramme, et que la distance FB, longueur du petit bras, soit d’un centimètre. Supposons de plus que le grand bras soit divisé en centimètres , à partir du point de suspension F ^ et enfin admettons que le petit bras ait été renforcé, de manière, que son poids équilibre celui du grand bras quand la romaine n’est pas chargée.

Si l’on place sur le plateau suspendu au petit brus en B, un corps du poids de 5 kilogrammes, l’équilibre de la romaine exigera que le peson soit placé à 5 centimètres du point F. Ainsi , la division 5 du grand bras correspondra à un poids de 5 kilogrammes , et de même les divisions 4 ou 6 correspondront à des poids de 4 ou de 6 kilogrammes.

La romaine dont on fait un usage fréquent dans le commerce , pour des pesées qui n’exigent pas une grande délicatesse , est construite un peu ditîéremment de celle que nous venons de décrire. Le fléau, avec les plateaux ou les crochets, est rarement en équilibre autour du point de suspension F, quand la romaine n’est pas chargée \ le poids du grand bras l’emporte ordinairement •, et en conséquence on fait commencer la graduation , non pas au point F, mais à un point intermédiaire entre F et B. La romaine

Digrtize^ GüOgk

*276 ÉLÉJfEISTS DE MÉCANIQUE. CHAP. XV.

ordinaire, donl nous donnons le dessin dans la Fig. 103, est pourvue communément de deux crochets, à chacun desquels on peut suspendre le corps qu’il s’agit de peser. Les mêmes divisions auraient des valeurs différentes , selon qu’on emploierait l’un ou l’autre des crochets. On préfère, dans la pratique, tracer deux systèmes de divisions , sur les deux côtés opposés du grand bras , ainsi que la figure l’indique.

La romaine est un instrument très-commode, «n ce qu’on n’a pas besoin d’un assortiment de poids , et que la pesée peut se faire plus vite , sans que la précipitation expose à d’aussi grandes erreurs. Un autre avantage consiste en ce que la pression supportée par 1e point de suspension du lléau est moindre que dans la balance , quand le poids du corps à peser l’emporte sur celui du peson. Ce serait le contraire si te peson t’emportait sur le poids du corps à peser, et par celte raison la balance convient mieux quand il s’agit de déterminer de petits poids. D’ailleurs la subdivision des poids peut s’effectuer avec un plus grand degré de précision que la subdivision des bras de la romaine.

277. — M. C. Paul , inspecteur des poids et mesures à Genève , a imaginé une romaine bien préférable à celle dont on se sert communément. Elle est construite de manière que le fléau se tient parfaitement horizontal quand la romaine n’est pas chargée , de même que quand elle est cliargée , et que l’équilibre s’est établi. Pour cela , les points de suspension sont placés exactement dans l’alignement des divisions du fléau , sauf une élévation prescpie imperceptible donnée à l’axe du fléau , pour coui-

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