VIS DE HUNTER
géant outre mesure le bras de levier, on tombe dans les inconvénients que nous avons déjà signalés au sujet des treuils (art. 290) ; l’espace nécessaire à la puissance pour se mouvoir devient démesuré, et l’application du procédé impraticable. D’un autre côté, en diminuant le pas de la vis, on diminue la force du filet , et on l’expose à être brisé par le premier effort. Comme on n’a besoin d’augmenter la puissance de la machine que lorsqu’il y a de grandes résistances à vaincre, et par conséquent lorsque les filets doivent supporter de fortes pressions, le but nesaurait être atteint , si l’on diminue la force de résistance de la machine , en même temps qu’on veut l’employer à produire un plus grand effort.
337. — Ces jnconvénients disparaissent dans un procédé imaginé par M. Hunter, et qui consiste à combiner deux vis dont les filets ont tel degré de force que l’on veut , et n’offrent qu’une petite différence quant au pas de la vis. L'action de la puissance fait avancer longitudinalement la vis qui a le plus grand pas et fait reculer l’autre ; de sorte qu’à chaque tour le système des deux vis n’avance que d’une longueur égale à la différence des deux pas. Ce système a donc le même pouvoir mécanique qu’une vis simple qui aurait pour pas la différence des pas des deux vis composantes, différence que l’on peut rendre aussi petite que l’on veut , sans diminuer la force de résistance des filets.
Le principe a d’abord été appliqué de la manière représentée dans la Fig. 168. La vis A, qui a le plus grand pas, tourne dans un écrou fixe ; la vis B,
dont le pas est plus petit, et qui est taillée sur un cylindre de moindre diamètre, s’engrène elle-même dans le grand cylindre comme dans un écrou. Le même mouvement révolutif qui fait descendre la vis A , fait remonter la vis B; de sorte que le plateau D descend d’une quantité égale à la différence des pas de vis de A et de B , différence proportionnelle à la pression exercée sur le plateau par la vis B.
Si par exemple le pas de la vis A était d’un millimètre, et celui de la vis B de neuf dixièmes de millimétrés, le plateau D descendrait d’un dixième de millimètre à chaque tour du levier qui traverse la tête de la vis A -, et autant la circonférence décrite par la puissance motrice contient de dixièmes de millimètre , autant de fois la pression supportée par le plateau D l’emporte sur la puissance qui agit à l’extrémité du levier.
338. — Dans un mode de construction plus usité maintenant, la disposition de l’appareil est un peu différente. Les deux filets inégaux sont taillés sur des portions différentes du môme cylindre. Chacune de ces portions porte un écrou qui peut se mouvoir longitudinalement sans tourner. A chaque tour de la vis , l’un et l’autre écrou avancent respectivement de quantités inégales , à cause que les pas de vis sont inégaux ; de sorte qu’ils se rapprochent ou s’éloignent l’un de l’autre (selon le sens dans lequel la vis est taillée) d’un espace égal à la différence des pas de vis. Si l’on place entre les écrous la substance à laquelle il s’agit de faire subir une pression ou une