‹ Elements de mecanique par le cap.e Kater et le dr. LardnerChapitre 136 sur 167 · VIS MICROMÉTRIQUES · texte numérisé non relu

VIS MICROMÉTRIQUES

enlension , l’intensité de la pression ou de l’extension sera en raison inverse de la dilTérence des pas de vis.

339. — La vis, au lieu d’élre appliquée à un écrou pour le faire mouvoir longitudinalement, est appliquée quelquefois à une roue dentée pour la faire tourner, et alors elle prend le nom de vis sans fin , parce que le mouvement de rotation de la roue peut se continuer indéfiniment. La Fig. 169 , PL XVII , représente une vis sans fin. P est une manivelle à laquelle la puissance est appliquée. L’effort exercé par cette puissance tangentiellement à la roue , se calculera comme l'effort longitudinal que la vis exercerait sur un écrou. On pourra ensuite regarder cet effort tangenliel comme une puissance directement appliquée à la circonférence de la roue , et calculer en conséquence le poids W auquel l’effort tangenliel est capable de faire équilibre, d’après les principes de l’équilibre du treuil.

340. — Jusqu’ici nous avons considéré la vis comme une machine destinée à surmonter de grandes résistances; mais elle est aussi d’un fréquent usage dans toutes les sciences expérimentales . comme instrument géométrique destiné à mesurer des mouvements ou des espaces très-petits , dont la mesure échapperait à d’autres instruments. Imaginons une vis dont les pas aient un demi-millimètre, c’est-à-dire qui marche longitudinalement d’un demi millimètre à chaque tour. Supposons que la tète de la vis soit un cercle qui ait de trois à quatre centimètres de diamètre , ou environ un décimètre de tour. On pourra facilement diviser la circonfé-

rence de ce cercle en 200 parties bien distinclemenl visibles. Au moyen d’un index fixe , devant lequel viennent passer successivement les divisions de la circonférence, on pourra mesurer la deux-centième partie d’une révolution de la vis, laquelle correspond à un 400' de millimèire pour le mouvement longitudinal.

Un semblable appareil se nomme une vis micrométrique. Pour qu’elle donne des indications précises , il est nécessaire que la vis soit travaillée avec une grande exactitude. On y parvient par l’opération appelée le rodage , laquelle consiste à faire tourner longtemps , sur un tour, la vis dans l’écrou qu’on veut lui donner, en interposant entre deux de l’émeri pour que les surfaces en contact s’usent inutuellemenl , et prennent ainsi une forme telle qu’elles s’appliquent exactement l’une à l’autre; Pour cola on compose l’écrou de deux pièces , qui d’abord n’embrassent pas tout le contour de la vis , mais que l'on serre de plus en plus contre elle par des vis latérales , à mesure que le corps de la vis s’use et s’amincit par le frottement continuel.

La vis de Hunter (art. 337) semble s’adapter parfaitement aux mesures micrométriques , puisqu’elle permet de ralentir indéfiniment le mouvement longitudinal , sans qu’on soit obligé d’amincir excessivement les filets , comme dans la vis simple ordinaire.

Page 1