RÉGULATEURS DE LA MACHINE A VAPEUR
réglèr elle-même, et le jeu des pièces régulatrices doit être déterminé par la seule action du premier moteur ; l’application de ce principe à la machine à vapeur a été porté à un degré étonnant de perfection. La machine élève elle-même la quantité d’eau froide nécessaire pour la condensation de la vapeur. Elle pompe l’eau chaude produite par la vapeur condensée, et la loge dans un réservoir , d’où elle est transmise à la chaudière dans la proportion justement nécessaire pour l’alimenter. Elle débarrasse la chaudière de la vapeur en excès, en conservant tant en quantité qu’en tension, précisément ce qu’exige le service de la machine. Elle entretient à un état constant ou fait varier l’intensité de la source de chaleur, selon la quantité de vapeur qu’il est nécessaire de produire et la tension à laquelle celle-ci doit être portée. Elle concasse et prépare son charbon et le secoue sur les barres aux instants convenables. Elle ouvre et ferme ses soupapes, fait marcher ses pistons, tourner ses roues, et il ne lui manque que la spontanéité du mouvement. 11 est ditlicilo de choisir entre tant de belles applications : nous n’en décrirons qu’une ou deux , en renvoyant pour les autres le lecteur aux traités spécialement consacrés à la description des machines à vapeur.
349. — Pour la régularité du service de ces machines, l’eau doit être constamment maintenue au même niveau dans la chaudière, où l’on doit par conséquent faire arriver de temps en temps de l’eau nouvelle, afin de remplacer celle qui est enlevée par l’évaporation. Une pompe que la machine fait mouvoir alimente d’eau chaude un réservoir C {Fig. 17 1
Au fond du réservoir est une soupape V, qui ouvre et ferme un lube en communication avec la chaudière. Celle soupape est unie par une tige à l’un des bras du levier AE, dont le point d’appui est en D, et dont l’autre bras E esl lié par une tringle au llolleur en pierre F, plongé en partie dans l’eau de la chaudière, et équilibré au moyen du contrepoids A que l’on ajuste en le faisant glisser sur le bras du levier AD, de manière que la soupape reste close quand ^e niveau de l’eau dans la chaudière est é la hauteur voulue. Ce contrepoids équilibre le flotteur à cause de la portion de soiv poids que celui-ci perd par son immersion dans l’eau. Si le niveau baisse dans la chaudière par suite de l’évaporation, Icpoids F devra descendre, et en descendant il soulèvera le levier et ouvrira la soupape, ce qui permettra à l’eau du réservoir de descendre dans la chaudière jusqu’à ce que le niveau primitif se soit rétabli et que la soupape se ferme de nouveau.
Pour la commodité de l’explication, nous supposons ici une discontinuité d’aertion, et parlant une imperfection de la machine qui réellement n’existe pas. Le niveau ne descend pas dans la chaudière pour remonter ensuite, par une succession de saccades : au contraire, le flotteur et la soupape s’ajustent de manière à laisser continuellement entrer la quantité d’eau qui remplace précisément celle qui est continuellement enlevée par l’évaporation.
350. — Le procédé au moyen duquel la machine règle elle-même l’activité du feu, n’est pas moins ingénieux ni moins remarquable. On a vu comment le modérateur règle l’introduction de la vapeur dans