Si une voiture pouvait rouler sur une
Oigitized by C.
: FnOTTEMENT SUR LES ROUTES.* 397
route sans frollemcnt , la direction la plus avanla* gcuse à donner à la force' moirice serait parallèle à la roule. Mais à cause du frottement , il vaut flllfèax (jue la lipine de traction soit inclinée à la route ; de sorte qu'une portion de la force soit employée à diminuer la pression contre la route , cl une autre A faire avancer le fardeau.
Soit VV {Fig. 207) un fardeau qu’il s’agit de mouvoir sur la surface plane A B. Si la force de traction est appliquée dans la direction CD, parallèle â AB, elle aura à vaincre le frottement qui correspond à une pression égale au poids entier du fardeau ; mais si on lui donne une direction inclinée CE, elle équivaudra (art. 75) à deux forces CG, CF. La force C G a pour effet d’alléger là pression sur la route et de diminuer le frottement en proportion ; la force C F lire le fardeau dans le sens A B. Puisque C P est plus petit que CE, il est évident qu’on a perdn une partie de la force de traction"; mais d’un autre côté , on a diminué la résistance à vaincre. Selon t|uc l’un ou l’autre de ces effets l’emportera, on aura gagné Ou perdu en inclinant la force dans la direction CE. - ‘
Un raisonnement mathématique, fondé s'ur cés considérations , montre que l’incliniiison pour la- (|Uelle la force agit avec le plus d’avantage, est précisément celle qu’il faudrait donner au plan AB, pour que le fardeau commençât à se mouvoir de lui-mérnc en surmontant par son poids la résistance du frottement. Celte inclinaison est celle qui détermine le rapport des frottements à la pression , selon la seconde méthode décrite dans l’art. 377 : elle est
d'autant plus grande que la roule est plus raboteuse. Sur une roule à la Macadam, il suffit d'une petite inclinaison pour qu'une voilure se meuve d'ellemême : en conséquence les traits des chevaux devront être presque parallèles à la roule. A plus forte raison , sur un chemin de fer, ils devraient être sensiblement parallèles aux rails.
386. — Si le frottement est cause en général d'une perte de force dans les machines , et s'il diminue sous ce rapport la puissance mécanique de l'homme , il n’est pas moins indispensable sous d'autres rapports à l’exercice de nos facultés physiques. Sans le frottement l'homme ne pourrait pas marcher , ainsi qu'il est facile de s'en convaincre en observant combien la marche devient difficile quand le sol sur lequel on marche est rendu trés-poli. 11 ne pourrait pas davantage saisir les corps avec la main pour les remuer ou les soulever. Les corps ne resteraient en repos uü il les aurait placés que dans le cas d'une horizontalité parfaite du plan de support , qu'il est physiquement impossible d’obtenir.
387. — Afin d’expliquer sur un exemple les effets de la roideur des cordes dans les machines, imaginons qu’une corde aux deux bouts de laquelle sont attachés des poids égaux , A , B ( Fig. 208 ) enveloppe la gorge d’une poulie CED. Si l’on augmente tant soit peu la charge A, la corde étant supposée parfaitement flexible, le bout CA descendra , et le frottement de la corde fera tourner la poulie dans le sons DEC. Maintenant supposons-la au contraire parfaitement intlcxible ; la poulie, la corde et les poids prendront la position indiquée