CHAPITRE XXIII
• Il li
(Par le Traducteur.)' -
Mesure des forces de pression et d’impulsion. — Force vive. Travail dviiamique. — Pjopriétés des forces vives. — Principe des vitesses virtuelles. — Effets des machines. Résistances intérieures et extérieures. — Effets des volants. — Unités dynamiques. — r Considérations sur la dépense de force faite par les moteurs animés. — Dynamomètres.
397. — Lorsque I on considère les forces de pression dans l'élat d’équilibre , rien de plus simple que la mesure de ces forces. On regarde comme égales entre elles deux forces A el B qui se font équilibre quand on les applique en sens contraires à une particule matérielle 5 et s’il faut trois forces égales t\ B et dirigées dans le même sens, pour neutraliser l’action de la force A , dirigée en sens contraire , on regarde la force A comme triple de la force B. 11 est l>ermis de prendre pour unité de force ou de pression , la pression exercée par un poids d'un kilogramme, el c’est ce qu’on a fait dans tout le cours de ce traité en exprimant les pressions par des poids. D'ailleurs les forces A et B peuvent différer complètement dans leur nature physique ; on ne les considère dans la statique rationnelle qu’en tant qu’elles
MESliHE DES FORCES -jOO
protiuiseiil ou peuvent produire des pressions comparables. Celle propriélé donl nous avons une idée aussi dislincle que des nombres eide l’élendue, fail de la sialique une science aussi rigoureuse que rarilhmélique el la géomélrie. Si l’on objectait encore, comme on l’a fail, que l’essence physique des forces nous est inconnue , l’objeclion n’aurail pas plus de portée que les arguments qu’on voudrait tirer contre la géomélrie, de ce que nous ignorons la nature intime des corps étendus, ou de ce que les métaphysiciens ont disputé sur l’essence de l’espace.
Si le profil que l'homme lire des forces de la nature consistait uniquement à produire des pressions, l’homme le moins habitué aux spéculations abstraites ferait, dans un intérêt pratique, la même abstraction qu’ont faite les géomètres pour fonder la science de la statique. Il ne verrait dans les forces que les pressions qu’elles peuvent produire, ne les estimerait que par les intensités de ces pressions 5 elle cours du commerce, en assignant aux forces une valeur vénale, en donnerait une mesure qui s’accorderait parfaitement avec celle des géomètres.
398. — La question de la mesure des forces .so complique, lorsqu’on les considère à la fois comme pouvant produire des pressions el des mouvements. Il est sans doute naturel d’admettre, que des forces différentes quant à leur nature physique, mais qui s’équilibrent ou qui engendrent des pressions égales lorsqu’on les applique en sens contraires à une particule matérielle, imprimeraient séparément à celle particule des vitesses égales. On pourrait même dé-
duire ce principe de certaines notions abstraites sur )a nature de l’espace , de la matière et des forces. Mais si l’on veut échapper à toute contestation, l’expérience doit en décider. Or, l’expérience nous apprend que la mesure des forces, tirée de leurs effets dynamiques ou des mouvements produits, s’accorde parfaitement avec la mesure des forces, tirée de leurs effets statiques. Ce principe qui coïncide, sous un autre énoncé, avec la seconde loi du mouvement posée par Newton (art. 70), est le lien 'qui unit la dynamique, ou la théorie du mouvement, à la statique ou à la théorie de l’équilibre des forces. La dynamique suppose donc, de plus que la statique, une donnée expérimentale , du moins lorsqu’on veut s’affranchir de toute considération métaphysique, ainsi que la plupart des géomètres et des physiciens modernes ont tenu à le faire.
A la faveur du principe que nous venons de rappeler, on a une idée nette de la mesure des forces telles que la pesanteur, qui agissent continuellement sur un corps, soit pour engendrer une pression s’il y a obstacle au mouvement, soit pour lui imprimer une vitesse, mais de manière que la vitesse imprimée dans un temps extrêmement petit, soit elle-même extrêmement petite.
399. — Malheureusement pour la clarté des théories, les langues sont des instruments imparfaits, et la pénurie des termes fait que l’on comprend sous les mêmes dénominations des choses essentiellement différentes. Par exemple, outre les forces capables de produire une pression continue, ainsi qu’on vient de l’exposer, on appelle encore du nom de forces