MESURE DES FORCES
les actions brusques qui naissent du eboe d’un corps solide, de l’explosion d’un gaz, et qui peuvent imprimer à ùn corps, dans un temps excessivement court, des vitesses considérables , ou qui, dans le cas où le mouvement est empêché par des otetacles, font éprouver au corps une percussion ou secousse brusque, tout à fait différente de l’effel produit par une simple pression. Pour distinguer ces forces un les appelle forces instantanées , non pas que l’on croie maintenant qu’elles n’agissent que pendant un instant indivisible : au contraire, tous les physiciens admettent qu’elles agissent au fond comme les pressions ordinaires, et qu’il leur faut un temps flni pour communiquer aux corps des vitesses finies; mais ce temps est si court qu’il équivaut pour nous à un instant indivisible.
Lorsque les forces instantanées ne produisent que des percussions, parce que le mouvement est empêché par des obstacles, il serait fort difSeile de comparer les percussions produites, de manière à en tirer une mesure de ces forces"; mais nous pouvons très-bien les mesurer par les mouvements qu’elles engendrent. L’expérience, d’accord avec les notions que nous notis formons de l’inertie de la matière , montre que la même force qui imprime une certaine vitesse à une masse de dimensions assez petites pour pouvoir être considérée comme un point matériel imprimera à une masse double une vitesse moitié moindre. Ainsi, en mesurant les forc% d’impulsion par les mouvements produits, il faudra tenir compte de la masse du corps mis en mouvement et de sa vitesse. Le produit de la masse pat
412 ÉLÉMENTS DE MÉCANIQUE. CHAP. XXllI.
la vitesse, ou ce qu'oo nomme la quantité de mouvement, mesurera Finlensilé de la force d'impulsion.
400. — En considérant ainsi séparément les effets produits par les forces de pression, et ceux qui sont produits par les forces d'impulsion, nous réussissons très-bien à prévenir toute équivoque; mais, comme il est naturel de s'y attendre, la confusion pourra renaître, à moins d’un surcroît d'attention, si nous venons à combiner entre eux les effets produits par ces forces d’espèces différentes, auxquelles nous imposons une dénomination commune.
Pour prendre le cas le plus simple , admettons qu’une force d'impulsion, dirigée de bas en haut, ait imprimé à une masse pesante une certaine vitesse l’action de la force continue qu’on appelle pesanteur, dirigée de haut en bas, enlèvera sans cesse au corps une portion de la vitesse que lui avait communiquée soudainement la force d’impulsion. Le corps remontera jusqu’à une certaine hauteur qui sera la moitié de celle à laquelle il fût parvenu dans le même temps, en vertu de l’impulsion initiale, si la pesanteur n’avait pas agi ; et quand il sera arrivé à cette hauteur, la vitesse communiquée par la force d’impulsion se trouvera complètement éteinte. Cette hauteur dépendra de la vitesse d’impulsion, mais ne variera pas proportionnellement à celte vitesse ; pour que la hauteur à laquelle le corps remonte fût double ou triple, il faudrait que la vitesse initiale fût quatre ou neuf fois plus grande. En un mol la hauteur variera proportionnellement au carré de la vitesse initiale. Cela se déduit des lois du mouvement accé-