PROPRIÉTÉS GÉNÉRALES DE LA MATIERE
Organes des sens. — Sensations. — Propriétés ou qualités des corps. — Observation, comparaison et généralisation.
— Propriétés générales et particulières des corps. — Étendue. — Volume. — Surfaces, lignes, aires, longueurs. — Impénétrabilité. — Pénétration apparente. — Figure. — Atomes, molécules et particules. — Forces.
— Cohésion des molécules. — Attraction , répulsion.
1. — Placé au sein du inonde malériel, l’homme est exposé sans cesse à l’action d’une foule innombrable d’objets qui l’entourent. Scs organes, auxquels sont associés les principes de la vie et de la pensée, consistent en autant d’appareils merveilleusement disposés pour recevoir et pour transmettre les impressions des objets extérieurs. Chacun de ces organes a reçu une structure propre et un mode particulier de sensibilité, selon la nature des agents avec lesquels il doit nous mettre en rapport; et pour se convaincre mieux de cette destination spéciale, il sufiil d’observer que chaque organe des sens,
quelque délicate qu’en soit la structure, est presque absolument insensible aux innuenccs dont la perception ne rentre pas directement dans ses attributions. L'œil, doué d’une sensibilité si exaltée pour les impressions de la lumière , n’est afTêclé en rien par les sons ; tandis que la délicate organisation de roreille, qui la rend si susceptible de percevoir les impressions sonores , ne permet pas à la lumière d’exercer sur elle aucune action. Une lumière d’une intensité excessive peut aveugler, et le bruit d’une canonnade occasionner la surdité \ mais ni l’oreille dans le premier cas , ni la vue dans le second n’éprouveront le moindre dommage.
Les organes des sens sont les instruments par le moyen desquels le principe intelligent aperçoit l’existence et les qualités des objets extérieurs : on donne le nom de sensations aux impressions que reçoit l’intelligence par rintermédiairc des organes, et ces sensations sont les éléments immédiats de toutes les connaissances humaines. On désigne par la dénomination générique de matière la substance qui, sous des Torroes ioQniment variées, alTectc les sens. Les métaphysiciens ont varié sur la définition de ce principe quelques-uns en ont révoqué l’existence en doute \ mais toutes ces discussions sortent du domaine de la philosophie naturelle, dont elles ne sauraient modifier en rien les doctrines. Nous n’avrons pas pour but d’étudier la matière comme un être abstrait , mais seulement les qualités que nous y découvrons à l’aide des sens , et dont l’existence est certaine pour nous , de quelque manière qu’on résolve les questions sur l’essence de la matière.