FORCES ATTRACTIVES ET RÉPULSIVES
du même genre que ta Icndancc qu'ont des particules placées à distance à se mouvoir pour se rapprocher l’une de l'autre. Il n’est pas ditfleUe d’apercevoir que la môme influence qui obligera les corps  et B à s’approcher l’un de l’autre lorsqu’une certaine distance les sépare , les tiendra unis lorsqu’ils se seront joints , et mettra obstacle à leur séparation. En conséquence on donne aussi le nom de force à la tendance que des corps éprouvent à se rapprocher les uns des autres.
En général on peut définir la force : « ce qui produit le mouvement de la matière , ou s’oppose à la production du mouvement. » C’est en ce sens une pure dénomination pour désigner la cause inconnue d’un effet connu. Il serait plus philosophique d’imposer un nom ù l'effet, dont le témoignage des sens nous fait comprendre clairement la nature, qu’à la cause que bous ignorons.
Observons ici , une fois pour toutes, que la phraséologie des causes et des hypothèses s’est tellement unie au langage de la science, qu’il serait diflicile de ne pas l’employer souvent. Quand nous disons que l’aimant attire le fer, cette expression attire se réfère à l’idée de cause ; mais en pareil cas on doit toujours sous-entendre que c’est uniquement de l’effet observé qu’il s’agit; et ceci convenu il y a moins d’inconvénient à continuer d’employer les phrases reçues, en en modifiant mentalement la signification , qu’à en introduire de nouvelles.
La force qui se manifeste par la cohésion des corps , ou par leur tendance à se rapprocher les uns des autres , se nomme attraction, et reçoit en-
core diverses dénominations selon les circonstances des phénomènes. Ainsi la force qui lient unis les atomes d’un corps s’appelle cohésion. La force qui précipite les corps vers la surface de la terre prend le nom de graphitation. La force qui fait adhérer ou marcher à la rencontre l’un de l’autre l’aimant et le fer, se nomme attraction magnétique, et ainsi de suite. Nous reviendrons sur ce sujet dans un des chapitres suivants.
Quand la force se manifeste par l’éloignement des corps l’un de l’autre, elle prend le nom de répulsion. Par exemple , si l’on frotte vivement un morceau de verre contre un mouchoir de soie, et qu’avec le morceau frotté on louche successivement deux plumes ,• on verra les deux plumes mises en présence s’éloigner l’une de l'autre. En pareil cas on dit que les plumes se repoussent.
9. — Dans les sciences physiques on a pour principal objet d’étudier l’influence que les forces exercent sur la forme, l’état, l’arrangement et les mouvements des substances matérielles. Le terme de MÉCANIQUE , dans le sens rigoureux , comporte une signification très-étendue. Mais, pour se conformer à l’usage le plus ordinaire, on en restreint ici l’application à celte partie de la physique qui comprend spécialement les phénomènes de mouvement, de repos , de pression et autres semblables , développi's par l'action mutuelle des masses solides. Les phénomènes analogues qui s’observent dans les corps à l’état liquide ou aôriforme, sont ordinairement l’objet de traités spéciaux , et nous ne les embrasserons pas dans le cadre de cet ouvrage.
Di. ■ .