‹ Elements de mecanique par le cap.e Kater et le dr. LardnerChapitre 34 sur 167 · POROSITÉ, — DENSITÉ · texte numérisé non relu

POROSITÉ, — DENSITÉ

plein et autant de vide, quelle que soit la portion du corps qu'il embrasse.

20. — Le rapport de la quantité de matière ou de la masse au volume est ce qu'on nomme la densité. Ainsi, une substance qui, sous un volume donné, contient deux fois plus de matière qu'une autre , est dite du double plus dense. La densité augmente donc avec la proximité des particules, et diminue quand la porosité augmente.

Les porcs d'une substance matérielle sont souvent remplis par une autre matière de nature plus subtile. Nous voyons, par exemple, que les pores de quantité de corps plongés dans l'atmosphère s'y imprègnent d'air, parce que ces porcs peuvent laisser passer les molécules du gaz. Si l'on plonge dans des vases pleins d'eau des morceaux de bois tendre , de craie ou de sucre , et qu’on les soumette à une certaine pression , l’air qui en remplit les pores s'échappera en forme de bulles et viendra à la surface ; il sera remplacé par l’eau.

Si l’on remplit de mercure un tube très-haut dont le fond soit de bois, le métal pressé par son propre poids s’injectera dans les porcs du bois , et s’échappera en forme de pluie fine.

21. — Le procédé de la filtration , si usité dans les arts, tient à la présence de pores assez grands pour livrer passage à un liquide , trop petits pour laisser passer en même temps les impuretés dont on veut le dégager. En général, les filtres servent à séparer d’un liquide des matières à l'état solide. On emploie le plus communément commcfiltres certaines espèces de pierres tendres, 1e papier et le charbon.

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22. — Toutes les matières organiques , dans les deux règnes végétal et animal , sont poreuses à un très-haut degré. Les minéraux jouissent de la même propriété à des degrés fort inégaux. Parmi les pierres siliceuses , on en connaît une , nommée hydro- ]>ftane, dont la porosité se manifeste d’une manière très-remarquable. Cette pierre, dans son état ordinaire , est demi-transparente. Lorsqu’on la plonge dans l’eau , et qu’on lui laisse le temps de s’imbiber, elle acquiert la transparence du verre. L’air qui remplissait les pores a fait place à l’eau, dont l’action sur la lumière est à peu près la même que celle de la pierre dont il s’agit; tandis qu’auparavant les

• rayons lumineux étaient déviés chaque fois qu'ils passaient de la pierre dans l'air, ou de l’air dans la pierre, ce qui tendait à troubler la transparence.

La porosité des grandes masses minérales a des résultats non moins frappants. L’eau qui s’infiltre dans les roches au milieu desquelles se trouvent des cavernes et des grottes, se charge de parties calcaires ou-siliceuses qu’elle abandonne ensuite, en produisant ces dépôts de formes curieuses connus sous le nom de stalactites.

23. — Compressibilité • — La propriété qu'ont les coriis dé diminuer de volume sans diminuer de masse, se nomme compressibilité. Cette propriété suppose que les particules constituantes se rapprochent, par conséquent que la densité augmente et que les pores diminuent. Le même effet peut être produit par des moyens divers ; mais on ne le considère'comme un effet de compressibilité que lorsqu'il

COMPRESSIBILITÉ , — DILATABILITÉ. 25

résulte de l'action d’une force mécanique , telle qu'une pression ou une percussion.

Tous les corps connus , quelle qu’en soit la nature , peuvent diminuer de volume sans diminuer de masse 5 et cette circonstance est l’une des preuves les plus convaincantes que tous les corps sont poreux , cl que leurç atomes constituants ne se touchent pas immédiatement, puisque toute la portion de volume retranchée était nécessairement occupée par des pores.

24. — Certains corps, après avoir été comprimés par l’action d’une force mécanique, reprennent leurs dimensions primitives aussitôt que la force comprimante cesse d’agir. Cette propriété prend le nom d'élasticité ^ et il résulte de la définition que tous les corps élastiques sont compressibles, quoique l’inverse n’ait pas lieu, et que la compressibilité n’implique pas nécessairement l’existence de l’élasliciléi

25. — Dilatabilité. — Cette qualité est l’opposé .de la compressibilité : c'est la faculté qu’ont les corps d’augmenter de volume sans augmenter de masse. Cet effet peut être produit de diverses manières. Ordinairement les corps sont soumis à l’action constante d’une certaine pression , telle que celle qui provient du poids de l’atmosphère. Il peut arriver que, lorsqu’on vient à éloigner cette pression ,, le corps se dilate par une faculté inliérenle à sa nature. C’est le cas des gaz et des vapeurs en général. Tous les <mrps se dilatent aussi par l’action de la chaleur, ainsi qu’on va l’expliquer.

26,- C’est une loi physique qu’en général un

Daiiîizt”:

accroissement dans la température , ou dans le degré de chaleur d’un corps , est accompagné d’un accroissement de volume 5 et réciproquement, que la diminution de volume accomiwgne le décroissement de température. Les exceptions qu’on pourrait opposer à cette loi n.e sont qu’apparentes, et tiennent à des circonstances secondaires , qui masquent le phénomène principal , ainsi qu’on rcx(diquc dans tous les traités de physique. Nous pouvons donc considérer rabaissement de température comme équivalant , quant à l’efTcl mécanique, à une compression ou à une condensation ; et puisque tous les corps sont susceptibles de diminuer ainsi de volume, nous avons une nouvelle preuve que dans tous il existe des jiores (art. 19).

On démontre, par des expériences nombreuses, le fait que l’élévation de température produit un accroissement de volume.

27. — Si l’on prend une vessie flasque, cl qu’on la lie prés de l’orifice, de manière à intercepter le passage à l'air, qu’eusuile on la tienne devant le feu, on la verra s’enfler peu.à peu , et finalement devenir tout à fait tendue. La petite quantité d’air contenue dans la vessie se dilate tellement par l’action de la chaleur, qu’elle finit par pouvoir remplir tout le vohime enveloppé par la vessie, dans son état de plus grande tension. -Lorsqu’on éloigne la vessie du eu , et qu’on lui laisse le temps de reprendre su température primitive, l’air revient aussi à son volume primitif, et la vessie sc retrouve flasque comme auparavant,

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