FORCES INSTANTANÉES ET CONTINUES
mëlrcs par seconde, sa vitesse aprùs la seconde impulsion sera de quinze mètres par seconde.
Dans le cas. où la nouvelle impulsion serait dirigée précisément en sens contraire du premier mouveraent, la vitesse primitive se trouverait diminuée, autant qu’elle était augmentée dans l’hypolhésc précédente. Ainsi , en adoptant les mêmes nombres , la vitesse primitive serait réduite à celle de cinq mètres par seconde. Si la nouvelle impulsion, toujours directement opposée à l'impulsion primitive, lui était égale en intensité, elle réduirait le corps au repos ; et enfin si la nouvelle impulsion était plus grande, le corps prendrait en sens contraire un mouvement rectiligne uniforme, avec une vitesse égale à la différence entre la vitesse, primitive et celle que la nouvelle ipipulsion imprimerait au même corps dans l’état de repos.
En admettant que ta direction de la nouvelle impulsion fût inclinée sur celle du mouvement primitif, le corps se mouvrait après l’impulsion dans une direction intermédiaire, avec une vitesse rectiligne uniforme : la direction et l'intensité de cette vitesse se détermineraient d’après la loi de la composition des mouvements, développée dans le chapitre qui précède.
Réciproquement, toutes les fois qu’un corps passe du mouvement au repos, ou qu’il échange un mouvement rectiligne uniforme contre un autre mouvement du même genre, différent quant à l’intensité ou à la direction le phénomène est produit par l’intervention d'une force dont l’action n’a qu’une durée inappréciable, et que l’on qualifie d’impulsion.
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91. — Mais il y a, d’autre part, des cas sans nombre où l’état d’un corps éprouve des changements continuels , ou manifeste une tendance continuelle au changement. Un corps pesant placé sur une table exerce sur celte table une pression continuelle. Cette pression est la conséquence de la tendance que le corps éprouve sans cesse à se mouvoir de haut en bas. Si le corps y était sollicité par une force de la nature de celles que nous nommons impulsions, l’efTet produit sur la table ne durerait qu’un instant, comme la percussion qu’elle éprouve sous les coups d’un marteau. La durée soutenue de la pression prouve la continuation de l’action de la force.
Si l’on écarte la table qui soutenait le corps , la . force qui le sollicite â se mouvoir n’éprouvera plus d’obstacle , et il se mouvra effectivement. Or , dans le cas où celle force agirait à la manière d’une impulsion , le corps devrait descendre vers le sol avec une vitesse uniforme. Au lieu de cela , on remarque que sa vitesse croît sans cesse , aussi longtemps que son mouvement se prolonge.
Un morceau de fer et un aimant, mis en présence, courent à la rencontre l’un de l’autre, mais avec une vitesse qui n’est point uniforme , et qui va sans cesse en croissant, parce que la force qui détermine ce mouvement continue sans cesse d’agir.
92. — Les forces qui agissent ainsi d’une manière permanente et continue , dépendent de causes secrètes que l’esprit humain n’a jamais pu pénétrer. Toutes les analogies naturelles nous indiquent rpic ces forces sont dos causes secondaires, c’est-à-dire
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des effets d’autres causes d’un ordre plus éle?6. Remonter aux causes secondaires, et par-lA se rapprocher d’un degré de la cause suprême , tel est le but de la philosophie. Le meilleur moyen d’y parvenir, c’est d’observer soigneusement les phénomènes, de les compare^, de les classer, et de se garder d’admettre l’existence d’une chose qui n’a pas été directement observée, ou démontrée par une suite de raisonnements rigoureux. La philosophie doit suivre la nature , et non pas prétendre à la conduire.
Tandis que la loi dlnerlie , établie par l’observation et par la raison , constitue la matière dans l’incapacité de changer d’elle-mCmc d’état , tous les phénomènes du monde physique montrent que cet état éprouve sans cesse des modifications. Il n’y a pas , à proprement parler , d’exemple de repos absolu , ni de mouvement absolument rectiligne et uniforme. Dans les corps et dans les parties qui les constituent , il n’y a pas davantage d’exemple de simple juxtaposition, non accompagnée de pression ou de tension , c’esl-à-dire de quelque tendance au mouvement. De mystérieuses et innombrables forces agissent sans cesse pour compenser en quelque sorte l’inertie de la matière, et pour faire participer les corps inorganiques à cette activité dont les Cires doués d’un principe de vie jouissent à un degré plus éminent.
93. — Ces forces qui agissent sans cesse , dont l’existence est démontrée par leurs effets , quoique nous en ignorions absolument la nature, le siège et le mode d’opération , se nomment en général
aUracUons et répulsions. Orf les classe d’après les analogies que leurs effets présentent , de la même ■ manière ([uc l’on groupe en histoire naturelle les êtres organisés, et d’après les mêmes principes. Le naturaliste ignore l’essence ou la constitution intime des êtres auxquels il impose des noms et dont il forme des groupes : il ignore les rapports de la con- ■ stilution intime de ces êtres avec les qualités extérieures qui font la base de ses classifications ; et lo physicien ne connaît ‘pas davantage l’essence des fôrces , ni les rapports qui peuvent exister entre leur nature intime cl leselTels apparents d’après lesquels il les groupe.
94. — Les forces attractives et répulsives se distribuent d’abord en dçux classes principales : l’iino qui comprend les forces dont l’action se manifeste entre les molécules ou les parties constituantes des corps, et qu’on nomme par cette raison forces moléculaires. Leur caractère cômmun est de n’exercer une influence sensible qu’à des distances imperceptibles à nos sens. L’autre classe comprend * les forces dont l’action est sensible à des distances considérables , quoiqu’elle aille toujours en s’affaiblissant quand la distance augmente.
Sans l'action des forces moléculaires, l’aspect de la nature serait privé de sa variété et de sa beauté. 11 n’y aurait que des atomes dispersés sans cohérence dans l’espace ; les corps , ù proprement parler, n’existeraient pas ; la chaleur et la lumière ne donneraient plus naissance à tant d'admirables phénomènes; l’organisation des êtres vivants serait impossible ; la vie même serait éteinte. Pour