COHÉSION DES LIQUIDES
particules d’une petitesse indéfinie', à la manière d une substance pulvérulente , mais en gouttes de dimensions notables. Plus le liquide aura de cohésion , plus les gouttes seront grosses. Ainsi l’huile et les autres liquides tombent en grosses gouttes , l’éther, l’aleool en gouttes beaucoup plus petites.
Les gouttes de pluie qui glissent sur un carreau de fenêtre tendent à se réunir lorsqu’elles arrivent dans le voisinage l’une de l’autre; et l’on rend le môme phénomène encore plus remarciuable en secouant des gouttes de mercure sur un plan de verre horizontal.
Les grains de plomb dont on se sert pour la chasse doivent leur forme ronde A la même cause. Après qu’on a fondu le métal, on le laisse tomber en pluie d’une grande hauteur. Pendant la chute, les molécules s’agglomèrent en gouttes de forme sensiblement globulaire , et cette forme se conserve , parce que les gouttes ont le temps de se solidifier par le refroidissement avant d’avoir atteint le sol.
100. — L’attraction moléculaire s’exerce encore entre les particules des liquides et celles des solides. Une goutte d’eau qui se trouve en contact avec un plan vertical de verre no tombe iras librement; elle adhère au plan de verre , et celle adhérence en retarde la chute. Elle peut même rester suspendue , si son poids est insuffisant pour vaincre la force d’adhésion.
Si l’on place une plaque de verre à la surface de l’eau sans laisser cette plaque s’enfoncer, il faudra pour la soulever uuc force notablement plus grande que celle qui suffirait pour équilibrer le poids de la
plaque. Celle expérience établit à la fois l’adhérence de l’eau au verre , et la cohésion qui retient unies les particules de l’eau.
Quand on plonge une aiguille dans un bquide et qu’on la retire ensuite , il reste une goutte suspendue à la pointe de l’aiguille ; et en général lorsqu ’après avoir plongé un corps solide dans un liquide on le relire, ce corps est mouiUé , c’est-à-dire qu’une certaine quantité du liquide est restée adliércnte à la surface. S’il n’existait aucune attraction entre les molécules du solide et celles du liquide, le corps solide serait après l’immersion dans le même étal qu’auparavant. C’est ce qui arrive à un morceau de verre lorsqu’on le plonge dans le mercure ; il en sort sans être mouillé , c’est-à-dire sans que le mercure adhère à la surface.
Quand on est exposé à la pluie, la peau et les vêtements sont mouillés , parce qu’il existe une attraction moléculaire entre ces substances et l’eau. On n’éprouverait rien de semblable si l’on était exposé à une pluie de mercure.
loi. — Lorsque l’attraction moléculaire a i>our effet de forcer les liquides à pénétrer dans les interstices des corps poreux , à monter dans des fentes ou dans des canaux de très-petits diamètres, ou lui donne le nom d’attraction capillaire. C’est ainsi que les liquides s’élèvent entre les pores d’une éponge , d’un morceau de sucre , d’une mèche de lampe. Les deux régnes organiques foornissenl de nombreux exemples de phénomènes analogues. On a même essayé plusieurs fois d’expliquer , par la seule intervention des forces capillaires, la plupart