FORCE CENTRIFUGE
puisse tourner autour de ce centre comme autour d’un pivot. Le corps, en vertu de sa vitesse, fera décrire à chaque point de la verge, pendant l’unité de temps , un arc dont le rapport à la circonférence entière sera ce que l’on nomme la vitesse angulaire du corps. Il est évident que, si la vitesse absolue du corps reste la môme, la vitesse angulaire varie en raison inverse de la grandeur du rayon de courbure, ou que la vitesse absolue est égale à la vitesse angulaire multipliée par le rayon de courbure. On en conclut que la force centrifuge a pour mesure le produit de deux nombres , dont l’un exprime la longueur du rayon de courbure , et l’autre est le carré du nombre qui exprime la vitesse angulaire, en supposant d’ailleurs que l’on prenne pour unité de masse la masse du corps. Car il est évident qu’une môme force centrifuge réside dans chacune des particules matérielles d’égales masses dont le corps se compose, elqu’ainsi, • à inégalité de masses , la force centrifuge varie proportionnellement à la masse.
139. — Toutes les lois que nous venons d’énoncer, et dont la découverte est duc à Huygens, se démontrent par le raisonnement mathématique , mais on peut aussi les vérifier expérimentalement à l’aide d’un appareil dont la construction est facile ù comprendre. Imaginons que des poids donnés puissent être placés. à des distances inégales d'un centre autour duquel on les fait tourner avec une vitesse de rotation plus ou moins rapide. Ces poids conduisent des fils qui viennent s’enrouler sur des poulies placées au centre de rotation , et qui sup-
porlent d’aulres poids par leurs extréinilés inférieures. Quand on fait tourner l’appareil, les poids animés du mouvement de rolalion s’éloignent du centre en vertu de leurs forces centrifuges ; et l’on mesure les intensités de ces forces par les poids attachés aux extrémités inférieures des fils, que les forces centrifuges des masses animées du mouvement rotatoire sont capables de soulever.
140. — D’après les considérations dans lesquelles nous venons d’entrer , il est clair que , toutes les fois qu’un corps se meut en décrivant une roule ou une orbite curviligne , il doit y avoir une cause qui l’empéche de poursuivre sa route le long de la tangente à la courbe, et qui l’oblige à tourner autour du centre de courbure. Si le corps est uni â un centre fixe par un fil , une corde, une verge , l’efTet de la force centrifuge sera de communiquer une tension à la verge , au fil ou à la corde. Si le corps repose sur une surface inflexible , la force centrifuge produira une pression contre celte surface.
Mais s’il parait que le corps se meut librement dans l'espace sans liens ni obstacles matériels, comme
^ c’est le cas pour les mouvements des planètes autour du soleil et des satellites autour des planètes princi- ^ pales , nous devrons conclure de la forme curviligne de l’orbite, que le corps estsans cesse sollicité par une force centrale , capable de le retenir sur son orbite, en combattant la tendance de la force centrifuge (art. 111 et 112).
141. — Il est aisé de citer une foule d'exemples où les effets de la force centrifuge se manifestent.
Si l’on place sur une fronde une pierre ou un