APLATISSEMENT DE LA TERRE
une image fort exagérée de l'aplalisscmcnl du spbéroïde Icrreslre, car col aplatissement est beaucoup trop petit pour devenir sensible sur une pareille échelle. D’après l'ensemble des observations , il parait que l’aplatissement , ou l’excès du rayon équatorial CD sur le rayon polaire CA, est environ un SGO' du rayon équatorial.
La môme cause a modifié d’une manière encore plus sensible la figure des planètes qui tournent sur leurs axes avec une plus grande vitesse angulaire de rotation. Jupiter et Saturne sont des sphéroïdes beaucoup plus aplatis que la terre-
146. — La force centrifuge agit aussi sur les corps détachés de la surface du globe terrestre, et qui participent ù son mouvement de rotation. Si ces corps n’étaient pas soumis à l’allraclion de la terre , ils seraient lancés dans l’espace en vertu de la force centrifuge qui les sollicite. Dans l’état des choses , la force centrifuge a pour effet de combattre et de neutraliser partiellement l’attraction de la terre sur CCS corps , ou en d’autres termes de diminuer l’intensité de la pesanteur et le poids des corps. La pesanteur doit donc aller en décroissant des pôles à l’équateur, par cela seul que la force centrifuge va en décroissant de l’équateur aux pôles. Mais de plus il faut remarquer que la force centrifuge est perpendiculaire en chaque lieu à l'axe de la terre , et non pas dirigée vers le centre comme l’attraction terrestre , de sorte qu’elle ne combat directement celte attraction qu'aux points situés à l’équateur même de la terre. Si l’on jette un coup d’œil sur la /'Vg'. 34, où les flèches PG représentent la direction
de l’allraclion lerresire, tandis que les flèches P F représentent celle de la force centrifuge , on comprendra aussitôt que rcflicacilé de la force centrifuge, pour combattre l’attraction de la terre, doit aller en décroissant de l’équateur aux pôles , dans la supposition môme où la force centrifuge aurait partout la môme intensité. Ainsi la pesanteur des corps, résultant de la combinaison de l’attraction terrestre avec la force centrifuge, doit diminuer des pôles à l’équateur, non-seulement parce que l’intensité de la , force centrifuge va en augmentant, mais encore parce qu’elle agit dans des directions de plus en plus favorables pour combattre l’attraction terrestre.
Si la terre tournait sur son axe avec une vitesse angulaire dix-sept fois plus grande, la force cen trifu ge neutraliserait complètement l’attraction de la masse terrestre sur les corps placés à l’équateur : ces corps cesseraient d’être pesants , et ne retomberaient point à la surface, lorsqu’on les abandonnerait à euxmêmes.
Ce n’est pas en pesant les corps avec une balance proprement dite que l’on peut reconnaître les variations de la pesanteur et du poids des corps, des pôles à l’équateur, puisque ces variations affectent également le corps que l’on veut peser et le poids avec lequel on le pèse. Mais on peut comparer directement l’action de la pesanteur avec celle d’une autre force sur laquelle la force centrifuge n’influe en rien, par exemple avec la force élastique d’un ressort. Ainsi , les balances à ressort , dont il sera question dans le chapitre XV, seraient propres à mesurer les variations de la pesanteur à la surface de la terre , si
APLATISSEMENT DE LA TERRÉ. 14l elles étaient exécutées avec le soin et la précision convenables. On constate egalement les variations d’intensité de lu pesanteur, en déterminant la hauteur d’où les corps tombent aux diverses latitudes pendant la première seconde de leur chute, soit qu’on ait recours pour cette détermination aux expériences faites avec la machine d’Atlwood (art. 126), soit qu’on emploie (ce qui est bien préférable) les observations du pendule , ainsi que nous l’expliquerons dans le chapitre XI f
• Voyez !c TraUé d' Asironomie de sir John Hcrschel,. n*' 187 et soir i * ’ '•
I4îï ÉLÉMENTS DE MÉCANIQUE. CHAP. IX.