‹ Elements de medecine operatoireChapitre 10 sur 236 · C. Ceux dans lesquels on retranche une portion de l'ongle · texte numérisé non relu

C. Ceux dans lesquels on retranche une portion de l'ongle

D. Ceux dans lesquels on enlève l'ongle en entier.

A. On s'est servi tour à tour, pour soulever le bord de l'ongle et déprimer les chairs, de charpie, d'épongé préparée (Bonnet), cTunc lame de plomb (Guy de Chauliac), d'une lame de fer-blanc (Desault). Au lieu de recourir, pour maintenir la petite plaque, à une bande ordinaire, comme le faisait Dcsault, Labarraque y a adapté une bandelette de sparadrap.

D. On peut détruire la partie dans laquelle s'incarne l*ongle en l'enlevant avec le bistouri ou la brûlant avec des caustiques.

Lisfranc enfonçait un bistouri entre l'ongle et les chairs qu'il détachait d'abord du cOté de Textrémité libre du doigt, puis du voie opposé. Lo\ral*Pcrroton et Rrachet détruisaient les chairs avec

la potasse caustique. MosesGuaa et Cotting enlèvent d'un seul coup, sur le cAIé de l'ongle, les (issus malades et unft asiéz large élenduo de parties saines.

Sur le bourrelet où s'incarneroaglo, Gujon relranehe une poi (ton de derme ayant la forme d'un rectangle, la longueur de l'ongle cl une largeur de deux ou (rois millimètres, en ajant soin de prolooger les iacisians iraniversales du cOlé de l'ongle. 11 rapproche ensuile par une suture avec des 6U d'argent les bords longitudinaux de ta perte de substance e( écarle ainsi la portion de (issus qui recouvre le bord in(erDe de l'ongle.

C. On peut enlever la portion inconiéc nu bien la portion moyenne de l'ongle.

AMation de la portion incaméf. — Fa- ^'S- >''■ — Fr^f^de J* c«t<«i. brice d'AquapendenIc, après avoir soulevé l'ongle avec de la charpie, coupait à l'aide de ciseau;i la poriion incarnée jusqu'au point où elle adhère au derme sous-unguéalct l'enlevait avec une pincf . Il recommençait tous les jours jusqu'à parfaite guérison.

Dupuflrcnseservaitdeciieaux aigus dont il enfonçait uncbranche Jutqu'Â la racine et vers la partie moyenne de l'ongle, divisait com- Flé(ement cedernier e( arrachait avec des pincesla poriion incarnée.

Anger tThéopbile), avec un bistouri introduKde bas en haiil, (aille par Iran sflx ion et d'arrière en avant un lambeau formé par les parlie* Mines, en dedans du point où le bord de l'ongle (bord inlernei s'est incamé. Il rcporle ensuite le bistouri dans l'angle postérieur de la plaie et, rasant la phalangette d'arrière en avant, il retranche lesfongositéset la portion incarnée de l'ongle, y compris la matrice. Il réaplique alors le lambeau et le maintient avec une handelcKc de sparadrap.

Ablation de la portion moyentu. — Dionis détruisait la partie moyenne de l'ongle en la raclant avec un graKoir et rapprochait les portions restantes en mettant de lu charpie entre celle qui s'incsmait et les chaire. D'autres ont cherché k rapprocher directement le* bords de la perle de subslonce qu'ils Taisaient subir ft l'ongle. C'esl ainsi que Paye, .iprcs avoir exdsé sur le milieu del' ongle un

lambeau en forme de V, appliquait un point de suture sur les deux bords du V; poiir ar^ver^à ce résultat, Vésîgné se servait d'un petit appareil composé d'une double érigne.

Z>. Long arrache l'ongle à l'aide d'une spatule en acier. Voici conmient il procède : avec la pointe de la spatule, il repousse la partie supérieure de la matrice vers le milieu de la racine, enfonce cette pointe sous l'ongle, et, imprimant à l'instrument un mouvement de bascule en relevant la petite extrémité, il soulève et détache l'ongle.

Divers chirurgiens à l'arrachement ont ajouté 1à destruction de la matrice, pour éviter la reproduction de l'ongle. Dupuylren cernait la matrice de l'ongle par une incision demi-circulaire et l'enlevait ensuite ; mais c'est à tort que Ton répète qu'il mettait en usage cette opération pour la cure de l'ongle incarné; il s'en servait seulement contre l'onyxis syphilitique.

Baudens appliquait le tranchant d'un bistouri tenu à pleine main derrière la matrice de l'ongle et enlevait tout d'un seul coup, comme un copeau. Larrey, après avoir enlevé la moitié de l'ongle du côté malade, excisait la matrice avec le bistouri et cautérisait au fer rouge.

Les méthodes que Je viens de passer en revue sont toutes applicables à certains cas donnés. Ainsi, au début, on peut redresser l'ongle sans opération, ou seulement en excisant le bord, comme le faisait Fabrice d'Aquapendente.

A une période plus avancée, il faut un traitement plus énergique, et on peut recourir aux procédés dans lesquels on agit sur le bourrelet ou à ceux où on enlève une partie de l'ongle, et Je dirai ici qu'il me parait préférable d'exciser la portion incarnée de l'ongle plutôt que la portion moyenne.

Enfin, quand la lésion est très-prononcée, l'ablation de l'ongle entier est le moyen d'élection. Le procédé de Long réussit très-bien pour certains ongles, tandis que d'autres se cassent et ne peuvent s'enlever de cette façon. On peut aussi fendre l'ongle, comme dans le procédé de Dupuytren, et arracher ensuite les deux moitiés.

L'opération de l'ongle incarné est en quelque sorte le triomphe de l'ancsthésie locale que l'on obtient, soit avec un mélange réfrigérant (glace et sel marin), soit par la vaporisation de l'éther.

ANAPLASTIE; 27

ARTICLE VIII

ANAPLASTIE. '

L'anaplaslie (dcvatrXaooiiyy refaire) est la reslauratiou des parties altérées.

La médecibe opératoire n'en embrasse qu'une portion, car, dans certains cas, Tanaplastie est naturelle, spontanée et l'œuvre de la nature; et, dans d'autres, elle'est au-dessus des ressources de l'art cbirui^cal, et c'est à l'aide d'appareils plus ou moins ingénieux que Ton répare ou que l'on n masque la difformité. Mais, dans une certaine catégorie de faits, c'est au chirurgien qu'il appartient de restaurer les parties lésées, et cette division de l'anaplastie doit seule nous occuper. Pour donner une idée du rûle de l'anaplastie chirurgicale, je ne saurais mieux faire que d'emprunter au savant article de Yerneuil {Dictionnaire encyclopédique des iciences mé' dicales) l'exposition des lésions auxquelles elle remédie et les méthodes qu'elle emploie dans ce but.

Voici pour les difformités :

1* Difformités par synthèse, réunions anormales;

2* Difformités par diérèse, séparations anormales;

3* Difformités par exérèse, pertes de substance;

4* Difformités par prothèse ou exubérance, excès de substance ;

5* Difformités par hétérotaxie, changement de rapport.

Voici maintenant en regard cinq classes d'anaplastie :

\^ Anaplastie par synthèse, réunion de parties séparées;

2* Anaplastie par diérèse, séparation de parties réunies;

3* Anaplastie par exérèse, ablation de parties superflues;

4* Anaplastie par prothèse, apport de parties nouvelles ;

5* Anaplastie par anataxie, replacement en son lieu normal.

Cette simple énumération suffit pour faire entrevoir l'étendue des matières qu'embrasse l'anaplastie.

Je ne veux point les exposer ici; J'en étudierai successivement les applications, à mesure que je passerai en revue les organes auxquels s'applique spécialement telle ou telle méthode d'anaplastie.

Je vais seulement dire quelques mots de cette portion du su^et

28 AUTOPLASTIE.

qui a pour but de combler les pertes de substance, aux dépens d'emprunts faits au sujet lui-même et à l'aide de parties saines rapprochées ou éloignées, du point altéré ; c'est ce que l'on appelle

l'autoplastie (ctuTo; irXaoauv).

§ i. AntopUstle. — En ouvrant les livres classiques à l'article Autoplastie, on rencontre invariablement la vieille division de l'autoplastie en trois méthodes :

1^ Méthode indienne, dans laquelle on taille un lambeau auprès de la perte de substance, de façon que le pédicule du lambeau «oit dans le voisinage de la partie à combler. L'application du lambeau Ti lieu par torsion du pédicule.

2» Méthode italienne. Ici, c'est sur une partie éloignée, généralement sur le bras, que l'on prend la peau qui doit servir à combler le vide. Le bras est maintenu, par un bandage, rapproché de la partie malade Jusqu'à ce qu&le lambeau ait contracté, dans sa nouvelle position, des adhérences sufGsantes pour pouvoir être séparé sans inconvénient de ses connexions originelles.

3<^ Méthode ancienne, méthode de Celsc, méthode française ou de glissement.

Le lambeau ou les lambeaux pris sur les bords de la perte de substance sont mobilisés par glissement.

Je tenais à rappeler cette ancienne classification, bien qu'elle soit aujourd'hui in»ufOsante pour embrasser tous les cas.

Il est quelques règles générales, relatives à l'autoplastie, que Je puis signaler ici.

Le chirurgien doit aviver avec soin et régulariser la surface sur laquelle va s'adapter le lambeau.

Les lambeaux doivent être dans de bonnes conditions de vitalité, c'est-à-dire assez épais et pourvus d'un large pédicule* Le lambeau comprend la peau et le tissu cellulaire sous-cutané. Dans certains cas, il est fourni par une membrane muqueuse.

On peut au besoin prendre des lambeaux formés de tissu cicatriciel, mais seulement dans les cas où la cicatrice est superficielle et doublée d'un derme épais.

Les lambeaux doivent être configurés de façon à couvrir la perte de substance et avoir une étendue d'un tiers plus grande que celle

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