TUMEURS SOLIDES
Les tumeurs solides développées au-dessous de la peau ou dans son épaisseur, ganglions lymphatiques dégénérés, lipomes, sarcomes, cancroïdes, carcinomes, etc., ne comportent d'autre traitement chirurgical que l'ablation au moyen de l'instrument tranchant ou du caustique et très-rarement de la ligature et de l'écrasement.
Les ganglions, les lipomes sont généralement enlevés par l'instrument tranchant au moyen d'une incision ou d'incisions appropriées et d'une dissection consécutive. Pour les lipomes. Bonnet de Lyon avait recommandé le broiement et le morcellement sous-cutaqés de la tumeur au moyen d'un ténotome, mais cette pratique n'est guère usitée. Quand le lipome fait saillie au-dessus du niveau de la peau, on peut enfoncera plat au-dessous de lui, d'une extré* mité à l'autre, un bistouri ou un couteau, puis redresser l'instrument et diviser ainsi la tumeur en deux moitiés que l'on enlève ensuite très-facilement, surtout si le lipome a une enveloppe de tissu cellulaire.
Lorsqu'on a.affaire A une tumeur maligne, quel que soit le mode de traitement employé, on doit toujours se préoccuper d'enlever complètement, tant en surface qu'en profondeur, toutes les parties malades. Une opération dans laquelle on laisserait une portipn
TUMBURS SOLIDES. 23
()e tissu pathologique, si minime qu'elle soit, serait plus nuisible qu'utile.
U faut aussi, lorsque les ganglions lymphatiques qui reçoivent les vaisseaux émanés de la région malade sont altérés, les enlever complètement.
Les cancroïdes de la peau étendus en surface et ne pénétrant pas profondément peuvent être attaqués avec les caustiques et surtout avec la pâte de Vienne, le caustique de Fllhos. On peut employer la pâte de Canquoîn, si Tépiderme est déjà détruit. On ne se sert guère aujourd'hui des caustiques arsenicaux, en raison des empoisonnements qui ont quelquefois suivi leur application.
Quand la tumeur pénètre à une certaine profondeur, on peut recourir à la cautérisation linéaire de Girouard, qui attaquait la peau au niveau de la base du produit morbide avec la pâte de Vienne et obtenait une eschare qu'il incisait; il formait ainsi une rainure dans laquelle il introduisait successivement des lanières de pftte de Canquoin jusqu'à ce que la tumeur fût tout à fait détachée. Mais la cautérisation en flèches de Maisonneuve, quelle que soit la part qui lui revienne dans l'invention, est bien préférable. ^
Voici comment procède ce chirurgien : à la périphérie de la tu- ' menr, il enfonce un bistouri de façon que la pointe pénètre aussi profondément que le mal ; le bistouri retiré, il introduit immédiatement dansle trajet une flèche de Canquoin, c'est-à-dire, un triagle de pftte de Canquoin, à angle au sommet très-aigu et préala blement séché dans une étuve.
Tout autour de la tumeur il applique des flèches, de façon à ce qu'elles la circonscrivent complètement en profondeur et en surface.
L'action caustique de chaque flèche ainsi placée rayonne à un demi-centimètre.
Pendant les quelques heures qui suivent cette application, la dou leur est très-vive; l'escharc se détache vers le onzième jour. Le chlo rure de zinc étantun caustique coagulant, il n'y a pas de danger d'hémorrhagie,à moins qu'on n'intéressedes vaisseaux d'un gros calibre.
La ligature est peu employée pour les tumeurs cutanées et souscutanées autres que les tumeurs* érectiles, dont nous étudierons
plus tard le traitement.
L'écrasement linéaire, la ligature extemporanée ne le sont guère
davantage. Lorsqu'on veut les appliquer, il faut pédiculiser la lu* meur, si elle ne l'est pas naturellement. Il suffit pour cela de placer sous la tumeur, quand elle est peu volumineuse, deux épingles en croix au-dessous desquelles on passe l'anse du serre-nœud ou la chaîne de l'écraseurqui sç trouvent ainsi maintenues. Quant au galvano-cautère cultellaire, il est parfaitement de mise dans tous les cas que je viens de signaler, et n'a d'autre inconvénient que la complication de l'appareil instrumental.
AHTICLt: VU
On désigne sous le nom d'ongle incarné l'état pathologique dan? lequel les bords latéraux de Tongle (le plus souvent l'interne) s'enfoncent dans le repli qui les borde. L'ongle ne s'incarne en général que d'un cûlé; quelquefois cependant les deux côtés sMncarnent à la fois. Le repli dermique ainsi irrité devient fongueux et le siège de vives douleurs qui souvent rendent la marche impossible.
On peut ranger sous les chefs suivants les moyens employés pour la cure de l'ongle incarné :
A. Ceux dans lesquels on cherche à redresser l'ongle sans rien retrancher;
B. Ceux dans lesquels on agit sur le bourrelet dans lequel l'ongle s'incarne ;