REDRESSEMENT DE LA CLOISON DES FOSSES NASALES
ter 80D passage au-dessous du voile du palais. Il tire sur les fils qui ressortent par la narine pour s'assurer que le tampon est entré à frottement dans l'orifice postérieur des fosses nasales et ne peut aller plus avant. E écarte alors les deux chefs qui sortent par la narine et place entre eux le tampon antérieur sur lequel il les serre fortement et les noue. Il les coupe ensuite au ras du nœud.
Le fil qui ressort par la bouche est fixé sur la Joue ou sur le front avec un morceau de diachylon ou de taffetas d'Angleterre.
Quand on veut retirer le tamponnement, on coupe les tils noués autour du tampon antérieur, et on l'enlève; on tire ensuite sur le fil buccal et on extrait le tampon postérieur.
On a proposé, pour tamponner les fosses nasales, de se servir d*un condom dans lequel, après l'avoir introduit, on injecte de l'eau ou de l'air avec une sonde, et qu'on ferme ensuite par une ligature.
Miquel d'Amboise et Martin Saint-Ange ont imaginé dans le même but un petit appareil formé d'un sac en baudruche muni d'une canule à robinet et destiné à être gonflée avec de l'air.
L'appareil de Martin Saint- Ange, qu'il a décoré du nom de rhinobion, se fixe à l'aile du nez à l'aide d'un curseur. Garicl a aussi inventé un appareil analogue dpnt la vessie est en caoutchouc vulcanisé. Ces instruments sont peu usités en raison de leur complication, et c'est en somme au tamponnement avec la charpie que l'on a recours.
§ 2. Déviation de la cIoIbob des foesea natalee. — Blandin enleva avec un emporte-pièce la portion déviée de la cloison.
Redresser de vive force la cloison, sans opération préalable, me semble une mauvaise manœuvre qui peut exposer à la fracture de la lame perpendiculaire de l'ethmoïde; aussi le meilleur moyeu de remédier à cette difformité me parait-il Cire celui qu'a employé Chassaignac. Après avoir découvert, à l'aide d'une incision antéro-postérieure et du côté de sa convexité, le carliloge dévié, il détacha, avec une spatule, la muqueuse du cartilage, amincit ce dernier en excisant successivement plusieurs tranches, et, Ion* qu'il l'eut suffisamment aminci, il put le repousser et le remettre sur la ligne médiane. La muqueuse fut réoppliquée sur le cartilage, et un fragment d'épongé placé dans la fusse nasale du cOté vers lequel se déviait la cloison servit à maintenir celle dernièn*.
§ 3. Polypes de* fosses nasales. — Je décrirai fléparément la thérapeutique des polypes muqueux et celle des polypes fibreux, thérapeutique qui varie en effet pour ces deux ordres de tumeurs.
Polypes muqueux, — Je ne citerai que pour mémoire la compression et la cautérisation, méthodes qui sont laissées de c6té et à juste titre.
Ti'cxcision est un mode opératoire peu employé. Pour exciser convenablement le polype, il faudrait, en effet, être certain d'agiravec Tinstrument tranchant sur le pédicule, et c'est là une condition bien rare pour les polypes des fosses nasales.
Malgaigne, afin de faciliter la manœuvre, tirait avec des pinces sur la tumeur et, quand il Tavait attirée aussi en avant que possible, il divisait le pédicule avec des ciseaux courbes ou un bistouri boutonné.
L'arrachement est en somme la méthode d'élection.
Pour le pratiquer, on se sert de pinces (fig. 233, 234) qui ont une
Fig. 232. — Spéculum nasal de Duplay.
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Fig. 233. — Pince i polypes.
grande analogie avec les pinces à pansement. Elles sont plus grandes, les mors en sont concaves, fenêtres, pourvus de dents ; les branches sont droites ou courbes, terminées par des anneaux et munies d'un arrêt.
On ne recourt pas à Tanesthésie, car le sang qui s^écoule des fosses nasales pourrait s'introduire dans les voies aériennes et asphyxier le malade. Ce dernier est assis vis-à-vis d'une fenêtre et
couvert d'une alèze attachée autour du cou. Un aide placé derrière lui tient la tête ioiinobile.
Fig. 234. — Pince de DupUy.
Le chirurgien introduit dans la narine la pince fermée et la dirige vers le polype; il l'ouvre et, lorsqu'en serrant les niors il éprouve une certaine résistance qui annonce qu'il a saisi la tu> meur, d'une part il continue à rapprocher les mors, d'autre part il retire à lui l'instrument, en lui faisant décrire un demi-tour de rotation. Il fait donc en môme temps la torsion et l'arrachement.
On est généralement obligé de revenir plusieurs fois à cette manœuvre, car il est rare que le polype soit complètement arraché du premier coup.
n faut, de temps à autre, laisser reposer le malade un instant et lui faire aspirer de l'eau fraîche.
11 est difficile de savoir d'une façon exacte si le polype ou les polypes (car ils sont souvent multiples) ont été entièrement enlevés. On ne peut guère, en efifet, le vérifier de visu,
La meilleure manière de s'assurer que l'on a à peu près tout extirpé consiste à faire [souffier le malade, en lui faisant fermer la bouche et bouchant la narine opposée. Si l'air sort librement et sans bruit, on est autorisé à croire que l'opération a été complète ; dans le cas contraire, il faut recommencer.
Il arrive assez souvent dans celte opération que l'on saisisse la muqueuse ou les cornets. Rien de particulier n'annonce que l'on tient la muqueuse; mais quand on serre un cornet, le malade accuse une vive douleur, et le chirurgien éprouve une sensation de résistance toute particulière.
Afin de saisir plus facilement le polype, on recommande d'écarter les deux parois de la narine avec la pince ouverte et de faire sourfier le malade. Dupuytren repoussait au besoin le polype en