‹ Elements de medecine operatoireChapitre 160 sur 236 · POLYPES DE L OREILLE · texte numérisé non relu

POLYPES DE L OREILLE

cette perforation est une aiguille à cataracte, à l'aide de laquelle on fait une petite section de quelques millimètres.

Mais quand on cherche à obtenir une ouverture permanente, il faut recourir à d'autres procédés et tâcher de faire subir à la membrane une perte de substance. On a inventé dans ce but une série d'instruments plus ou moins ingénieux parmi lesquels je signalerai

celui de Deleau qui enlève un fragment circulaire de la membrane du tympan.

Toynbee taille et excise un lambeau triangulaire de celte membrane.

On a proposé de réséquer une portion du manche du marteau.

Pour obtenir la perte de substance désirée, Ménière recourait à la cautérisation et se servait d'un crayon de nitrate d'argent pointu et légèrement mouillé qu'il maintenait quelque temps en contact avec la membrane du tympan. On a du reste la plus grande peine à empêcher l'ouverture de se fermer, quels que soient les moyens que l'on emploie. Il faut éviter de pratiquer la perforation de la membrane du tympan dans sa moitié supérieure, de peur de léser la corde du tympan.

Polypes de V oreille. — Les polypes qu'on voit dans l'oreille externe prennent quelquefois naissance sur les parois de ce conduit, quelquefois aussi sur la membrane du tympan; mais, dans le plus grand nombre des cas, ils viennent de la caisse.

Je ne ferai pas ici la description de la caisse du tympan ; je rappellerai seulement que, placée entre le conduit auditif externe et l'oreille interne et communiquant avec la trompe d'Ëustache et les cellules mastoïdiennes, elle a une forme irrégulièrement cylindrique, et que ses parois externe et interne ne sont séparées à leur partie moyenne que par un intervalle de deux à trois millimètres.

La caisse du tympan est traversée par la chaîne des osselets de l'ouïe et par la corde du tympan.

Avant d'attaquer un polype^ on doit, autant que faire se peut, chercher à en reconnaître le point d'implantation, soit à l'aide du spéculum auris, soit en contournant la tumeur avec un stylet.

On a employé contre les polypes de l'oreille la cautérisation, l'arrachement, l'excision, le raclage, le broiement et la ligature.

La cautérisation pour laquelle on s'est servi du cautère actuel et

de nombreux caustiques, a rinconvénient d'ôtre lente el douloureuse.

L'arrachement qui peut ôtre mis en usage pour les petites tumeurs molles et peu adhérentes est dangereux dans les autres conditions, car on est exposé, en le pratiquant, à arracher ou à déchirer toute autre chose que le polype.

L'excision ne convient que pour les tumeurs qui ne sont pas implantées trop profondément et dont on peut bien distinguer le pédicule.

Le raclage, qui se pratique avec une curette, sera réservé pour les polypes du conduit auditif.

Le broiement pourra servir surtout pour les tumeurs profondes qu'il est difficile d'enlever en totalité.

La ligature extemporanée est, dans le plus grand nombre des cas, le meilleur procédé. On se servira de préférence, pour la pratiquer, de l'instrument de Wilde dit polypotome (fig. 285).

Fig. 285. — Polypotone de Wilde.

On entoure le polype d'un fil métallique et on le détache d'un coup en rapprochant les anneaux, comme on le fait quand on se sert de l'amygdalotome pour enlever l'amygdale.

Çathétérisme de la trompe d*Euttache (fig. 286). -> La trompe d'Eustache, qui fait communiquer la caisse du tympan avec l'arrière-cavité des fosses naaales, se dirige obliquement de haut en bas, de «dehors en dedans et d'arrière en avant; sa longueur est de trente à quarante-deux millimètres. Son calibre est aplati de dehors en dedans et d'avant en arrière.

Resserrée à sa partie moyenne au niveau de l'angle rentrant du temporal, la trompe d'Eustache va en se dilatant vers chacune de

Page 1