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SAIGNÉE

La saignée est dite générale ou locale suivant qu'elle intéresse un vaisseau d'un certain calibre ou qu'elle s'adresse aux capillaires. La saignée locale pour laquelle on emploie les sangsues, les mouchetures, les scariflcations, appartient plus spécialement à la petite chirurgie.

Quant à la saignée générale, son importance, la difficulté qu'elle présente dans certains cas, les dangers auxquels elle peut exposer, me paraissent la mettre au rang des véritables opérations et lui assurer une place dans un manuel de médecine opératoire.

La saignée générale comprend l'artériotomie et la phlébotomie.

§ 5. Artérl«tomle. — Cette opération, qui quelquefois donne lieu & la production d'anévrysmes, est très-peu usitée aujourd'hui» On ne la pratiquerait, si l'on y recourait, que sur la branche antérieure de la temporale superficielle, comme le voulait Boyer.

Hecouverte d'abord par la glande parotide, puis placée entre la peai) et l'aponévrose temporale, cette artère monte au-devant du pavillon de l'oreille accompagnée de sa veine satellite et fournit dans ce trajet la transversale de la face, la branche orbitaire, les auriculaires antérieures et la temporale moyenne. A trois ou quatre centimètres au-dessus de l'arcade zygomatique, elle se divise en deux branches, l'une antérieure ou frontale, l'autre postérieure ou occipitale, reposant toutes deux d'abord sur l'aponévrose temporale, puis sur l'aponévrose épicrftnienne. C'est sur la première de ces branches, située immédiatement sous la peau, qui dans ce point-là est fine et presque toujours glabre, que doit porter la section. On se sert, pour la pratiquer, d'un bistouri droit. Le chirurgien doit, en outre, avoir à sa disposition un drap pour

ARTfiRIOTOMIE. 89

garantir le lit ou les vôlementfl du malade, une palclle- graduée, ce qui permet d'apprécier exactement la quantité de sang éva* cuée, une carte pour conduire le sang dans la palette au cas où il ne coule pas en Jet, et enfin de petites compresses graduées carrées. Il doit aussi se munir de deux bandes, l'une de deux mètres de long et de quatre à cinq centimètres de large, roulée à un seul globe ; l'autre de dix mètres, roulée à deux globes d'inégale groneur.

La r^on sur laquelle on va opérer ayant été préalablement rasée, s'il y a lieu, et la tête du malade, qui peut, du reste, être asds ou couché, étant maintenue immobile, le chirurgien reconnaît 60 se guidant sur les pulsations, le trajet de l'artère à ouvrir. Il fixe le vaisseau entre le pouce et l'index de sa main gauche et dans l'intervalle de ces deux doigts, avec le bistouri tenu comme un couteau de table, il fait une section de un à deux centimètres dé longueur, divisant l'artère complètement et perpendiculairement & sa direction. Si le sang ne coule pas en jet, on se sert de la carie repliée en gouttière pour le Taire arriver dans la palette.

Lorsqu'on a ainsi obtenu la quantité de sang que l'on désirait avoir, on comprime le vaisseau au-dessus et au-dessous de la plaie avec le pouce et l'indicateur de la main gauche. Puis on applique les compresses gradués sur la plaie en commençant par la plus petite, et on les maintient par des circulaires autour du crâne faits avec la bande à un seul globe ou mieux h l'aide du bandage désigné sous le nom de croisé de la tête, et qui est formé de deux ordres de circulaires perpendiculaires les uns sur les autres, les premiers embrassant le front, les tempes et l'occiput, les seconds passant sur le vertex, les tempes, les joue set sou sla mftchoire inrérieure.

Au besoin, s'il était nécessaire d'exercer une plus forte compression, on exécuterait, à l'aide de la bande à deux globes, le bandage appelé nœud d'emballeur, qui agit avec une grande efficacité, mais a l'inconvénient de gèrier beaucoup les malades.

ARTICLE II

Je décrirai dans ce chapitre la phlébotomie, la transfusion et les

opérations employées pour la cure des varices, du varicocèle et des hémorrhoïdes.

§ t. Phléboionle on salirB^® ^^* Teiaes. -* On la fait au pli du coude, au cou-de-pied, au cou.

La saignée des veines se pratique avec la lancette (fig. 42). L'instrument désigné sous le nom de phlëbolome doit être mis de côté à cause des dangers que présente son usage. Les lancettes à saignée sont dites à grain d'orge ou à grain d'avoine, à langue de serpent, selon que la lame s'élargit plus ou moins vite à partir de la pointe. La

lancette àgrain d'orge doit être employée toutes les fois que la veine n'est pas séparée de la peau par une couche de graisse trop épaisse.

I.oisqu'on pratique une saignée, il est nécessaire d'exercer une compression entre le cœur et le point du système veineux qui vaôtre ouvert.

A. Saignée du pli du Cùude (fig. 43). —On peut saigner toutes les veines superficielles du pli du coude. La médiane céphalique et la médiane basilique sont les plus volumineuses, mais les rapporis de la dernière avec l'artère liuméralc doi^'ent la faire rejeter toutes les fois qu'il est possible d'ouvrir une des autres veines. C'est la médiane céphelique que l'on choisit en général; elle est croisée par quelques rameaux du nerrmusculo-culané, comme la médiane basilique par des rameaux du brachial cutané interne. On peut saigner le malade debout, assis ou couché. La dernière position est la meilleure; la première expose à la syncope.

Quelle que soit la veine du pli du coude que l'on veut ouvrir, il Tant d'abord explorer son trajet par le palper pour savoir si elle est ou non en rapport avec une artère, et quels sont ces rapports dans le cas où ils existent. Toujours nécessaire pour la médiaue basilique, cette précaution est le plus souvent illusoire pour les autres veines

Fig. 42. — Lancettes à saignée.

C, lancette i grain d'orge. — B, à grain d'aTuine. — H, k langue de »erpent

SAIGNES DU PLI DU COUDK. fH

qui peuveni cependant être en rapport avec une arlâre radiale AU une artère cubitale anormale et luperBcielle.

Pour pratiquer U saignée du pli du coude (o'iœporte lur quelle ^eine), on exerce une comprewion circulaire inr le bras à qualrc ln*en de doigt au-deiiuï de l'arlicnlation, à l'aide d'une bande longue d'uD mètre et large de n\ centimèlret, repliée en deu<t parties égales suivant w longueur. Le milieu de la bande est appliqué iur lecAlé externe du bras de fiçon que te bord formé par le reploiement «oit dirigé en bas. L^a compression est ainsi plus e\actc. Les deux chers | (onlcroisésfi la partie interne du bra», pois ramenés en dehors et fixés dl'aided'uneba- :

guette simple et à bouts pendants,aBn qu'on n'aitaucune difScullé & déraire 1e,nœud.

Ij striction exercée par telle bande doit <>lre asset énergique pour produire la lurgewence des reines superficielles, mais pas asseï pour fi„, ^3 ,.,;„„ ,„ptrBtidiM du yu du coude. iolerroroprelaeirculationar- i b. i iuu « -if «ins

lérielle , dont on reconnaît trps.ii5U(.-MB,..iMmMi.ii.ii«.iii^«.-M<Z>fine t élat en explorant le pouls - u. •tine M^iine. - c '«m cakimc lupcriiciiiu. radiaL l.e plus souvent, sur- Zi^;,," ~"™" "~ '" '"■">" tout après l'application du

bandage compressir, les veines sonl apparentes. CepcndanI, chez les personnes Irés-grasscs, il est quelqnernis impossible de rien distinguer par la vue qui indique leur trajet. On est alors réduit aux notions rournics par le toucher, qui donne la sentaiion dnn cordon cylindrique dans le point correspondant A la veine.

Si le malade a déjà été saigné, la cicatrice peut servir de guide, et on peut enfoncer la lancette à ce niveau. L'opérateur, après avoir constaté l'absence de rapports artériels, se met entre le bras et le corps du malade, saisit l'avant-bras du patient et le place entre son propre bras et la partie latérale de son thotrax. Le pouce gauche est appliqué sur la veine un peu au-dessous du point où doit être pratiquée l'ouverture, et exerce une pression suffisante pour interrompre le cours du sang, ce qui l'empêche de Jaillir immédiatement après la ponction et permet de le recueillir dans la palette, sans qu'il aille tacher la literie ou les vêlements du malade quel'on doit cependant protéger avec un drap plié en double. La main droite tient la lancette ouverte à angle droit, le pouce etl'index appliqués sur la lame et laissant saillir entre eux seulement la partie qui doit être enfoncée, et dont la longueur varie suivant l'épaisseur des tissus qui recouvrent la veine. Les trois derniers doigts appuient sur le bras du malade.

On enfonce la lancette perpendiculairemont à l'axe du membre et sous un angle de quarante-cinq degrés relativement à sa surface; puis, pour élargir suffisamment l'ouverture, on relévj le talon de l'instrument de façon que la lame soit verticale.

L'ouverture faite, on cesse de presser sur la >eine avec le pouce gauche, tout en la maintenant de façon à ne pas empêcher le sang de couler, mais à prévenir au besoin tout déplacement qui détruirait le parallélisme entre les plaies cutanée et veineuse.

Lorsque le Jet de sang, après avoir été assez abondant, vient à diminuer, on recommande au malade de faire rouler entre ses doigts la bande ou le lancettier cylindrique que l'on a placés dans sa main. Au cas où cette insuffisance de l'écoulement tiendrait à une striction trop énergique de la bande compressive, on remédierait à cet inconvénient en la desserrant.Quand un peloton graisseux vient boucher l'ouverture, on le repousse avec un stylet ou on l'excise avec des ciseaux. Si un défaut de parallélisme entre la plaie cutanée et la plaie veineuse, survenu à la suite d'un mouvement intempestif, détermine un épanchementdesangsouslapeau, c'esl-à-dirc unthrombus, on cherche à ramener la peau dans une positiunqui permette le libre écoulement du sang. Au besoin, on agrandit la plaie, et enfin, en dernier ressort, on arrête la saignée et on recommence sur une autre veine. .

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