ABCÈS
Le iFaitement des abcès formés dans le tissu cellulaire sous-cutané varie suivant que ce sont des abcès chauds ou phlegmoneux, des abcès froids ou des abcès par congestion^ bien que la partie fondamentale de ce traitement consiste toujours à évacuer le pus.
§ I. Jibcèa cliaads. — On se servait autrefois des caustiques pour les ouvrir. Petit (de Lyon) employait m(!me le cautère actuel sous forme d'une aiguille à bas rougie au feu qu'il plongeait dans la collection. Sur cette petite ouverture, il appliquait une ventouse pour faire sortir le pus. Cette métbode n'est plus usitée; quand on se sert des caustiques, on a recours à la pâte de Vienne ou à la po< tasse qu'on laisse en place un temps suffisant pour que leur action se fasse sentir jusque sur les parois de l'abcès ; ce temps est beaucoup plus court pour la pâte devienne que pour la potasse. On peut ensuite attendre la chute de l'eschare ou bien enfoncer le bistouri à travers cette dernière. 11 semble qu'on perde ainsi les avantages de la cautérisation, mais le bistouri, ne traversant que des tissus mortifiés, n'apporte aucun élément nouveau au mode d'action de la cautérisation.
Le se ton filiforme est mis en usage pour les abcès peu volumineux et dans les régions où il y a grand intérêt à éviter une cicatrice (Lq visage, le cou). Pour passer le séton, on se sert d'une aiguille courbe. Bell (Benjamin) employait un séton composé de plusieurs fils de soie qu'il retirait successivement. Leriche prérère un simple cordonuet. Un fil plié en double remplit très-bien l'indication.
La ponction qui peut être faite avec un trocart, une lancette, un bistouri aigu, n'est de mise que pour les très-petites collections purulentes.
L'incision est le procédé le plus usité. Si, sur le point où l'on veut pratiquer l'incision, il n'y a ni vaiEseau, ni nerf à ménager, 00 peut du premier coup pénétrer dans la cavité, puis inciser. Dans le cas contraire, il faut diviser les tissus couche par couche. Poux les abcès profonds, quand on a sectionné la peau et l'aponévi-ose, DuBKUEU., Méd. opératoire. ^
iS AfiCÉS.
on peut laisser de côté le bistouri et déchirer les tissus avec le doigt^ une .sonde de femme ou une sonde cannelée sufOsammenl résistante. L'incision doit avoir des dimensions telles et être placée de telle façon que le pus puisse s'écouler facilement.
Quand on s'aperçoit que, malgré une première ouverture, il séjourne dans l'abcès, on a recours à une seconde incision ou contre-ouverture placée sur le point où le liquide est retenu. On peut, pour la faire, laisser la suppuration se collecter et inciser alors comme si on ouvrait l'abcès pour la première fois, ou bien passer par la première incision une sonde cannelée qui va soulever les téguments dans le point où l'on va les sectionner et sur l'extrémité de laquelle on se guide.
D'une façon générale, les incisions doivent être parallèles à l'axe des parties sur lesquelles on les pratique, mais cette règle souffre des exceptions. On doit d'autre part, autant que possible, inciser parallèlement aux vaisseaux et aux nerfs.
§ 2. Abcès froltla. — Bien que les mômes procédés d'ouverture soient appliqués aux abcès chauds et aux abcès froids, il est, pour ces derniers^ quelques précautions à prendre, après l'ouverture. C'est ainsi que l'on peut, après avoir ponctionné l'abcès froid avec un trocart et évacué le pus,.injecter à l'aide d'une seiîngue un liquide excitant, vin, alcool, solution de teinture d'iode étendue d'eau, etc., que l'on laisse ensuite s'écouler au bout de quelques minutes, et cela, dans le but de déterminer une certaine intlammation dans les parois de l'abcès. C'est encore spécialement aux abcès froids que s'applique le drainage que l'on peut cependant aussi mettre en usage pour les abcès phlegmoneux où l'écoulement du pus ne se fait pas bien.
Pour drainer un abcès, on se sert du trocart courbe de Chassaîgnac dodt le poinçon est muni d'une encoche destinée à fixer le drain, ti*ocart que Ton enfonce et que l'on fait ressortir, autant que possible, de façon à ce qu'il traverse l'abcès dans toute son étendue.
Si l'on n'a pas ce trocart à sa disposition, avec un bistouri et une sonde cannelée^ on peut arriver au môme résultat. On fait une première incision par laquelle on introduit une sonde cannelée ; puis, sur la sonde, on fait une seconde incision au point voulu. Dans la cannelure de la sonde que Ton fait ressortir par la dernière ouverture, on glisse un stylet aiguillé muni
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d'an drain passé directement dans le chas ou attaché avec tm fil. \a présence du drain favorise Técoulement du pus/ irrite un peu les parois de la poche et permet des lavages avec des liquides stimulants et désinfectants. Je dois signaler ici la tendance du drain, dont il faut réunir les deux extrémités à Taide d'un fil, à couper par un travail ulcéra tif les tissus interposés entre ses points d'émergence. Il faut l'enlever quand on voit que commence ce travail.
S 3. Abcès par eong^estlon. — L'ouverture des abcès par congestion réclame des soins spéciaux ; on doit, autant que possible, onpécher l'entrée de l'air et, pour cela, on a recours à des ponctions sous-cutanées, c'est-à-dire faites en déplaçant la peau.
On peut se servir du trocart ordinaire, mais ce qu'il y a de mieux, c'est de recourir aux instruments aspirateurs. On employait, il y a encore peu de temps, la seringue de Guérin ; on a maintenant les appareils de Dieulafoy, de Potain, etc., qui sont d'un maniement bien plus commode. Je les décrirai lorsque Je m'occuperai de la la thoracentèse.
ARTICLE IV
Le débndement de l'anthrax est aujourd'hui, et à juste titre, passé dans les habitudes chirurgicales. Ne fût-ce qu'en raison de la dinainution considérable de la douleur qui suit le débridement, on devrait y avoir recours. Dupuytren incisait profondément et crucialement de façon à arriver au foyer du mal. Alph. Guérin débride aussi crucialement, mais par la méthode sous-cutanée. Il enfonce le bistouri au centre de la tumeur et passe au-dessous de la peau. II évite ainsi, dit-il, l'érésypèle, l'infection purulente et les cicatrices difformes.
ARTICLE V
Sans vouloir ici exposer une classification des kystes, je dirai
qu'au niveau de la peau et du tissu cellulaire sous-cutané, on rencontre des kystes sébacés et des kysles séreux ou collections séreuses de formation nouvelle. Après m'ôlre occupé de leur thérapeutique. J'étudierai les opérations usitées pour la cure des collections liquides désignées sous le nom d'bygroma, de ganglion, d'hydropisie enkystée des gaines tendineuses.
§ i. Uyimm sébacés. — On les observe surtout sur la voûte crânienne où on les désigne sous le nom de tannes, de loupes. Bien que ces loupes puissent être guéries par remploi du séton, etc., les procédés les plus usités pour leur cure sont l'extirpation et la cautérisation.
Dans l'extirpation, on peut fendre la peau qui recouvre la tumeur, disséquer cette dernière et l'enlever sans l'ouvrir, ou bien partager la tumeur en deux, en mCme temps qu'on divise la peau, et extraire ensuite séparément chaque moitié.
La cautérisation se fait généralement avec la potasse caustique ou la pâte de Vienne. Le kyste se détache spontanément au bout de quelques jours en laissant son enveloppe cutanée qui se rétracte et s'affaisse ensuite peu à peu. On peut hâter la guérison, quand Teschare de la peau est en partie détachée, en saisissant le kyste avec des pinces et l'arrachant.
On peut aussi se servir, pour la cautérisation, d'acide nitrique concentré.
Richet a recours au procédé suivant : avec une seringue de Pravaz, il injecte dans la tumeur quelques gouttes de la liqueur obtenue en laissant tomber en déliquescence au contact de l'air du chlorure de zinc. Greuell préconise les injections d'une solution de tartre stibié au trentième.
La cautérisation est préférable au bistouri, et c'est en somme le moyen le plus généralement employé.
§ 2. Kystes séreux. — Les kystes séreux (je ne parle ici que de ceux de formation nouvelle) peuvent être enlevés en totalité; on peut aussi en exciser une portion ou bien seulement ouvrir le kyste largement et le foire suppurer en bourrant sa cavité de charpie. Mais il est encore préférable de recourir à la ponction, de vider la cavité et d'injecter une solution de teinture d'iode dans l'eau distillée, au quart, au tiers, à moitié, ou bien tout autre liquide
irritant, vin, alcool etc. On détermine ainû une inflammalion qui, en raison de la nature de la membrane interne, fait adhérer les parois du kyste.
Kystes hydatiques, — On les extirpera ou bien on les fera suppurer en les ouvrant et les bourrant de charpie.
§ 3. Hy^romas. — Le traitement le plus prudent de l'hygroma est riojection iodée. On peut du reste recourir à Tincisioii et faire suppurer la poche; mais ce mode de traitement est plus dangereux que Tinjection.
§ 4. C^ABirlloBa. — Je comprendrai sous le nom de ganglion rhydropisie des petites bourses séreuses des tendons (telles que celles qui se trouvent au niveau de Tinsertion métacarpienne des premier et deuxième radiaux externes) et les petites collections séreuses enkystées situées sur le trajet des gaines tendineuses. Je n'hésite pas à proscrire de la thérapeutique de ces tumeurs, en raison de leur danger, Tincision, l'excision, le séton, la ponction suivie d'une Injection irritante. Deux méthodes seules doivent demeurer ; l'écrasement à l'aide d'une pression à travers la peau recouverte au besoin d'une pièce de monnaie, pression exei'cée avec les doigts ou avec un maillet, et la section sous-cutanée du kyste. La ponction seule n'aurait aucune efficacité.
Pour faire la section sous-cutanée du kyste, on introduit à une certaine distance de la tumeur un bistouri aigu ou un ténotome pointu que l'on fait cheminer sous la peau.
Barthélémy recommandait de faire passer l'instrument sous la tumeur et de le retirer le tranchant en haut, de façon à la diviser en deux moitiés.
Malgaigne, après avoir embroché le kyste suivant son grand diamètre, le sectionnait successivement des deux côtés, puis en haut et en bas, en retournant le tranchant du bistouri, et l'avait ainsi partagé en quatre portions.
Je me sers généralement d'une aiguille à cataracte avec laquelle je ponctionne et je lacère le kyste.
Le liquide évacué, il est bon d'exercer pendant quarante-huit heures une compression sur le point occupé par le kyste à l'aid.Q d'une compresse doublée et de quelques tours 4e bande.
§ 5. lly4r«»taleB •■kysiéca ûmB iratae» icadlpieuaca. -» Le*