OPERATIONS SUR LES ARTICULATIONS
temps démontré Fioutilité des bandages tels que genouillère^ bandelettes, destinés à fixer les corps étrangers, les chirurgiens ont eu recours à des moyens plus actife.
Jobert implanta plusieurs aiguilles dans le corps étranger et les laissa quinze jours en place.
Dufresse-Chassaigne, à l'aide d'une aiguille à cataracte, pratique à la capsule articulaire des scarifications, tout autour du corps étranger qu'il chercha à maintenir au moyen d'une bandelette de diachylon.
Blandin embrocha le corps étranger avec une aiguille dont la tête et la pointe émergeaient de l'articulation, et sur laquelle il jeta un fil de suture entortillée. Tous ces procédés n'ont qu'une erflcacité bien douteuse. J'en dirai autant du broiement du corps étranger auquel ont eu recours Velpeau, Bonnet et Jobert, et qui offre des dangers plus sérieux que les méthodes précédentes.
B. Fixation et exiraction du corps étranger, — Dumoulin a imaginé un procédé qui tient à la fois et de ceux dans lesquels on cheiche à extraire le corps étranger et de ceux où l'on veut seulement le fixer. Voici comment il procède : le corps étranger étant fixé par un aide dans un point convenable de l'articulation, le chirurgien, muni d'une aiguille droite ou un peu courbe armée d'un fil, fait un pli à la peau et passe l'aiguille entre la peau et la capsule, de façon à circonscrire le corps dans un demi-cercle souscutané. L'aiguille sort sur le point opposé à son orifice d'entrée ; puis elle est réintroduite dans l'orifice de sortie et retirée par le trou d'entrée. Le corps étranger se trouve ainsi enveloppé d'une anse de fil dont les deux chefs sortent par la même ouverture. On serre ces deux chefs et on fait un nœud double. On attend que le fil tombe, et on extrait alors le corps étranger devenu extraarticulaire.
C'est là un procédé qui doit être laissé de côté comme dangereux.
C. Extraction du corpê étranger. <-« J'en viens maintenant à 1 extraction. Après l'extraction à ciel ouvert, dont je n'ai pas besoin de retracer les périls, en eut recours, sur l'exemple de Desault, à l'incision oblique. Mais aujourd'hui la seule méthode d'extraction qu'il soit permis d'employer, c'est l'extraction en deux temps, telle
ANKYLOSES. 339
que l'a imaginée Goyrand d'Aix. Voici sa manière de procéder. Dans une première opération, le corps étranger étant fixé, le chirurgien fait au-dessus un large pli à la peau, enfonce un ténotome pointu à la base du pli, divise avec ce ténotome la synoviale autour du corps étranger qu'il fait sortir de l'articulation, sans l'extraire^ Une compression est alors exercée entre la synoviale et le corps étranger, pour empêcher la rétrocession de ce dernier et fenner la plaie de la synoviale.
Quelques Jours plus tard, quand on suppose que la plaie articulaire est cicatrisée, on extrait le corps étranger.
Je dois dire que le premier temps de l'opération, celui qui consiste à faire sortir le corps étranger de l'article à l'aide d'une plaie sous-cutanée, est loin d'être sans difficulté.
§ 3. ABkylosM. — Je dirai maintenant un mot du traitement des ankyloses.
Pour les ankyloses fibreuses, on emploie le redressement brusque avec les mains pendant le sommeil aneslhésique, aidé au besoin des sections tendineuses et musculaires, le redressement lent et graduel obtenu à l'aide de machines ad hoc ou bien de liens en caoutchouc. Les machines à redressement brusque, celle de I^ouvrier, n'ont pas cours dans la pratique chirurgicale.
Mais j'en viens aux ankyloses osseuses, dont la thérapeutique rentre directement dans la médecine opératoire.
Bien que, dans certains cas, on puisse, soit avec des machines. Mit avec les mains, comme le fait Langenbeck, rompre les ankyloses osseuses, c'est plus généralement à une opération chirurgicale que l'on a recours pour changer la position d'une articulation atteinte de ce genre de soudure. Cette opération peut consister à diviser l'os, à exciser un fragment osseux cunéiforme ou bien à réséquer l'articulation.
La section de l'os a été pratiquée pour la première fois par Rhéa- Barthon, qui, pour une ankylose de la hanche, scia le col du fémur.
L'excision d'un fragment osseux cunéiforme peut se faire audessus, au-dessous ou au niveau de l'articulation. Quant à la résection, je n'ai pas à en parler ici. s
Toutes ces opérations présentent des dangers sérieux et ne doi-