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CHAPITRE lit

CIRRHOSE

La cirrhose est la sclérose du foie; elle est caractérisée par la végétation, prolifération, du tissu conjonctif qui se transforme, par son évolution propre, en un tissu essentiellement rétractile. Cette lésion est engendrée par des congestions et des inflammations successives du tissu hépatique. Elle conclut à la destruction de la cellule hépatique; à la constriction et à l'étranglement des radicules de la veine porte et des conduits biliaires, et par conséquent à une atrophie plus ou moins notable du foie. Cet étranglement des tissus est la conséquence naturelle de la rétractililé du tissu fibreux de nouvelle formation.

La cirrhose survient dans le cours des maladies du cœur, de Y alcoolisme, de la cachexie intermittente et de la syphilis. Elle présente des caractères variables avec ces différentes maladies; mais elle a des symptômes propres que nous devons d'abord étudier. La constriction des radicules de la veine porte a des conséquences qui font bien comprendre l'évolution de la cirrhose. La première conséquence est le développement d'une circulation supplémentaire par les veines des replis faleiformes et de la paroi abdominale (veines portes supplémentaires), et aussi par les veines œsophagiennes; de là, le développement très-marqué des veines qui rampent clans les parois de l'abdo-

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men; veines qui présentent quelquefois un frémissement et un suswrus analogue à celui qu'on observe dans les veinus jugulaires chez les anémiques; de là aussi quelquefois des hémorrhagies œsophagiennes. Mais cette circulation supplémentaire est toujours insuffisante, et l'hydropisie du péritoine, l'ascite, se développe lot ou tard et constitue le symptôme principal de la cirrhose.

La constriction des radicules de la veine porte a encore pour conséquences d'élargir considérablement les anastomoses et les communications entre la veine porte et l'artère hépatique. Et cependant, malgré tous ces diverticulum le sang reflue en abondance dans la rate et détermine l'hypertrophie de cet organe.

Les désordres si multiples qui constituent la cirrhose ont encore pour conséquence une diminution notable dans la nutrition, puisque la veine porte ne verse plus clans les veines sushépatiques et dans le cœur les matières alibiles puisées dans l'intestin.

L'absence d'une sécrétion suffisante de bile produit des troubles considérables de la digestion : dyspepsie, flatulence, constipation ou diarrhée, et laisse clans le sang les éléments excrémcntitiels qui, habituellement, sont éliminés avec la bile, et en particulier la cholestèrine. En sorte que la cirrhose, quand elle est très-avancée, produit Vacholie (suppression de la sécrétion biliaire) détermine la cklo lester émie, c'est-à-dire la viciation du sang par la cholestèrine, d'où le délire, le coma, les hémorrhagies et autres symptômes qu'on observe quelquefois à la fin de la cirrhose, mais bien plus fréquemment à la suite de Vatrophie aiguë du foie (ictère grave). L'ictère est loin d'être constant dans la cirrhose.

Cirrhose dans les maladies du coeur. — L'ascite est le principal et quelquefois l'unique symptôme de cette complication. Rarement on constate une légère douleur dans l'hypochondre droit. Il survient eu même temps des troubles variés de la digestion : anorexie, dyspepsie, flatulence, vomissements rnuqueux. Le l'oie est presque toujours augmenté de volume,

parce que la cirrhose est due ici à une congestion constamment entretenue parla gêne de la circulation cardiaque. A l'autopsie, en trouve le foie augmenté de consistance, d'une couleur uniforme jaune foncé, cuir de boite; la surface de section est entrecoupée de tractus blancs ; les branches de la veine porte et les vaisseaux biliaires sont très-dilatcs; la surface de l'organe est criblée d'une multitude de granulations très-petites et égales entre elles.

Cirrhose dans l'alcoolisme. — Les symptômes sont identiques, les troubles de la digestion sont ordinairement plus considérables, le foie est toujours atrophié.

Cirrhose dans la cachexie des fièvres intermittentes.

— Ascite, hémorrhugies plus fréquentes, et surtout gonflement énorme de la rate; le foie tantôt hypertrophié, tantôt atrophié, tantôt ayant conservé son volume normal.

Cirrhose dans la cachexie syphilitique. — Ici la lésion est très -différente : les granulations sont moins nombreuses mais beaucoup plus grosses et irrégulières. Mômes symptômes que dans la cirrhose alcoolique.

Traitement. — Nous n'avons pas à exposer le traitement de cette lésion ; les indications se tirent de la maladie principale : affection du cœur, alcoolisme, caxechie intermittente ou syphilitique. Elles se tirent encore des accidents principaux et en première ligne de l'ascite. Les médicaments qui ont une action élective sur le foie, comme nuœ vomica, lachesis, mercurius, china, arsenicum, chelidonium ma/us, curare, doivent être choisis de préférence.

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