‹ Éléments de médecine pratique [electronic resource]Chapitre 12 sur 350 · MÉNINGITE TUBERCULEUSE. — FORME COMMUNE. U · texte numérisé non relu

MÉNINGITE TUBERCULEUSE. — FORME COMMUNE. U

tense, quelquefois atroce, s'aggravant par le mouvement, le bruit et la lumière ; elle siège principalement au front et au syneiput; par des vomissements très-fréquents, billieux et alimentaires ; car un certain degré d'appétit persiste quelquefois malgré les vomissements ; par une constipation invincible; un pouls ralenti, vibrant, irrégulier, s'accélérant facilement; une température élevée, 39°, 40°; un faciès haineux et triste, avec le trait sourcilier bien marqué; une respiration suspirieuse, oubliée; un sommeil agité la nuit avec tendance à la somnolence le jour. Cette période dure de un à deux septénaires.

2° 'période. — Le passage à la seconde période est marqué par l'établissement de la somnolence. Le regard devient fixe et sans expression, les malades regardent dans le vide, la pupille devient oscillante; il se produit un léger strabisme qui augmente les jours suivants. Quelques malades sont pris par instants d'un délire tranquille, d'une sorte de divagation; de contractures à la nuque et aux mâchoires, plus tard aux extrémités ; puis le pouls s'accélère et la peau prend une chaleur très-variable. Quelques jours s'écoulent encore et tous ces accidents s'accentuent, les malades sont dans un coma entremêlé de délire et quelquefois de cris; il y a des paralysies partielles des paupières, des pupilles, du pharynx, de la vessie surtout; la respiration s'accélère; le pouls est très-fréquent, petit, irrégulier; on observe des accès .fébriles violents, pendant lesquels le pouls devient vibrant, la peau très-chaude, colorée, couverte de sueurs; la face présente une immobilité effrayante, la tète renversée en arrière, les yeuxentr'ouverts, la sclérotique injectée, la cornée troublée; le coma et les contractures deviennent plus générales; et les malades succombentasphyxiés. Les plus jeunes ont souvent un accès éclamptique terminal. Quelquefois la mort est précédée d'une rémission considérable, pendant laquelle les malades reprennent connaissance. Cette terminaison a lieu du 7° au 21u jour.

Dans certains cas, la durée de la maladie est beaucoup plus longue, parce que la première période se prolonge pendant des semaines. La mort n'arrive alors qu'après 40 et même 60 jours de maladie.

Nous devons signaler encore la marche infermiLtenle des symptômes pendant la première période, marche intermittente qui a conduit à donner le sulfate de quinine, mais toujours sans succès.

Symptômes accessoires. — Nous devons encore citer comme signes diagnostiques : une langue humide et non saburralc ; le ventre qui, loin de se ballonner, s'aplatit de jour en jour et se creuse en forme de bateau; la rareté des douleurs abdominales; les diarrhées ultimes. On a signalé comme des crises, des épistaxis, des sueurs abondantes, des éruptions herpétiques. Mais ces symptômes n'amènent aucune amélioration dans l'état des malades.

II. Forme fébrile ou typhoïde. — Elle débute par un mouvement fébrile modéré, avec langue saburrale et diarrhée, en sorte que l'on confond quelquefois cette terrible affection avec une fièvre typhoïde légère; mais cependant le pouls déjà vibre et présente, aux différents moments de la journée, de grandes différences de fréquence. Le mal de tête est excessif, et les vomissements ont une fréquence qu'on rencontre bien rarement dans la fièvre typhoïde ; enfin la chaleur fébrile ne présente pas V échelle ascendente régulière de cette dernière maladie.

Cette première période, d'apparence douteuse, se prolonge souvent jusqu'au 7e et 9e jour; puis tout à coup éclatent les symptômes cérébraux propres à la méningite de la base. Quelquefois c'est le strabisme ou la dilatation d'une pupille, ou un mot mis constamment pour un autre dans les réponses du malade qui viennent détruire la sécurité du médecin et lui révéler le véritable diagnostic. En même temps le pouls se ralentit ; puis surviennent successivement la somnolence, les contractures, les paralysies, les accès fébriles, le collapsus et la mort comme dans la forme précédente.

III. Forme irrégulière ou, latente. — Cette forme survient comme terminaison de la phthisie ou dans le cours d'une autre affection scrofulcuse; elle est plus fréquente chez les ma-

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