MÉNINGITE TUBERCULEUSE. AN AT . PATHOL
lades qui ont eu une pleurésie que chez les autres. L'évolution des symptômes est plus ou moins incomplète. La première période manque à peu près complètement; les malades sont pris de céphalalgie avec vomissements, et presque simultanément d'un délire tranquille, avec une certaine coordination des idées délirantes, comme dans l'aliénation; le strabisme, la dilatation de la pupille, les contractures et les paralysies multiples apparaissent sans autres symptômes précurseurs; d'autres fois tous les symptômes manquent, et l'affection ne se manifeste que par le genre de mort et les lésions cadavériques.
Nous n'avons point signalé de terminaison par la guérison, parce que cette terminaison nous semble problématique. Cependant les auteurs ont admis sa possibilité et ont signalé des guérisons précédées d'un écoulement séreux abondant par le nez, les yeux ou les oreilles. Ces faits n'ont pas entraîné notre conviction.
Mais, si la guérison définitive et absolue est un faitcontestable, il y a des exemples authentiques de rémission considérable dans tous les symptômes, de guérisons temporaires avec paralysie ou idiotisme persistant; mais presque toujours après un nombre indéterminé de mois ou d'années, la maladie a récidivé et emporté le malade.
Anatomie pathologique. — La lésion principale siège à la base du cerveau. Le chiasma des nerfs optiques, la base du quatrième ventricule, le pont de Varole et la moelle allongée, les scissures de Sylvius sont recouverts d'une gelée tremblollanle, sous laquelle on rencontre presque toujours des granulations grises et même des tubercules crus; très-rarement on rencontre du pus liquide, mais souvent des traînées ou des plaques de pus concret. Les ventricules renferment une quantité considérable d'un liquide qui ne contient ni albumine, ni pus, mais qui est quelquefois troublé par une dissolution post mortem des parois ventriculaàres, et du septum lucidum ; cet épanchement estcaractérislique de la méningite scrofuleuse et lui a mérité le nom & hydrocéphale. On rencontre habituellement des tubercules dans les autres organes cl, surtout dans les ganglions bronchi-
ques et dans le poumon. Des observations publiées par M. Liouville {Gazette médicale, 1870) il résulte que la méningite de la base se propage à la moelle épinière et qu'on trouve dans cet organe et jusqu'à la queue de cheval des granulations tuberculeuses. Cette lésion explique les contractions, les convulsions et les paralysies des muscles qui sont sous la dépendance de la moelle épinière.
Ëtiologie. — Héréditaire comme toutes les affections scrofuleuses, la méningite de la base sévit plus particulièrement quand la phthisie et la folie se trouvent réunies chez les ascendants. Elle frappe quelquefois tous les enfants d'une famille; elle se développe surtout de quatre à sept ans entre les deux dentitions; elle reste fréquente jusqu'à quinze ans et devient rare chez l'adulte ; elle atteint plus de garçons que de filles. Cette maladie est fréquente dans la classe riche et aisée; elle est plus rare chez les pauvres. Elle m'a paru résulter principalement d'un régime trop tonique, surtout trop excitant, et d'études précoces chez des enfants scrofuleux. Le vin donné dans le but de fortifier la constitution a, dans plusieurs cas, eu une action évidente sur le développement de la maladie. Cette affection se développe en toutes saisons; elle paraît plus fréquente au printemps, et les Européens transportés dans les pays chauds y sont très-exposés.
Traitement. — Camper conseille carrément l'expectation et regarde la méningite tuberculeuse comme absolument incurable. Rappelons-nous cependant que des autopsies ont mon- Lie les traces d'une première méningite guérie et que dans d'autres cas les malades succombent sans avoir présenté de granulations tuberculeuses. Dans ces conditions, la guérison n'est pas complètement impossible ; on doit donc la tentei\ Les. livres cl'homœopathie confondent généralement la méningite de la base et celle de la convexité et conseillent à peu près les mêmes médicaments. C'est là une erreur radicale; nous nous appuierons pour fixer nos indications uniquement sur les sym-