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ICTÈRE. ANATOMIE PATHOLOGIQUE

l'icLère se manifeste, el tous les symptômes graves se déroulent alors très-rapidement et ont une durée qui n'excède jamais un septénaire.

2° période. — En même temps que l'ictère, apparaissent des hémorrhagies et une douleur à l'épigastre et clans l'hypochondre droit. La prostration est considérable, l'indifférence complète; le pouls habituellement ralenti, la peau froide. Les hemorrhagies se multiplient rapidement : bématémèses, hématurie, mélœna, métrorrhagies, purpura, ecchymoses, mais principalement épistaxis. La faiblesse va croissant ; souvent le pouls devient fréquent; un délire agité ou tranquille, la somnolence, le coma, des soubresauts des tendons, de vraies convulsions éclamptiformes, viennent terminer la maladie. La percussion permet souvent de constater une diminution considérable dans le volume du foie; ce signe est un élément important dans le diagnostic et dans le pronostic.

Variété foudroyante. — Cette variété offre pour caractère une rapidité telle clans la succession des symptômes, que souventlamort arrive en deux ou troisjours. Habituellement l'ictère et les hémorrhagies se montrent simultanément ; un mouvement fébrile, plus marqué que dans la variété précédente, les accompagne; puis, après quarante-huit heures, trois jours au plus, apparaissent le délire, le coma et les autres symptômes que nous avons décrits.

Néanmoins, il existe des cas où l'ictère fait défaut clans les premiers jours, et alors le diagnostic est fort incertain. Des symptômes cérébraux bizarres, un mouvement fébrile, une gravité non douteuse, puis, après deux ou trois jours, l'ictère et les hémorrhagies, complètent alors la physionomie de la maladie. L'examen de l'urine, au début des accidenLs, lève souvent tous les doutes.

Anatomie pathologique. — Les micrographes ont décrit un élat particulier du foie dans l'ictère malin. La cellule hépatique est détruite, et le foie plus ou mois atrophié.

Dans certains cas, le foie n'a pas diminué de volume, parce

que les cellules détruites sont remplacées par une formation abondante de tissu conjonctif.

Trousseau prétend qu'il a vu des ictères malins sans aucune altération du foie. Si ce fait se confirme, il faudra considérer la destruction de la cellule comme une des lésions possibles de la maladie, et la mettre sur le même rang que l'hypertrophie de la rate, la dégénérescence du cœur, l'état poisseux du sang et son altération par la leucine et la tkyrosine.

Traitement. — Forme commune. — Nux vomica et chamomilla sont les deux médicaments principaux dans le traitement de la forme commune de l'ictère essentiel. Ces deux médicaments conviennent au symptôme ictère. Mais nux vomica est indiqué particulièrement par la constipation et l'anorexie. Chamomilla, au contraire, convient principalement dansl'ictère avec diarrhée. La dose convenable est la 6e dilution, une cuillerée tous les trois heures. Les médicaments qui seraient indiqués si les deux premiers ne suffisent pas, sont: china) lachesis, digitalis, vipera torva, chelidonium majus et ricinus. China convient davantage à l'ictère avec diarrhée ; il est plus particulièrement indiqué par une douleur de foie s'aggravant à la pression. Le dégoût pour la viande avec amertume de la bouche, le pyrosis sont encore des signes d'une grande valeur.

Lachesis, ou mieux vipera, conviennent à l'ictère avec constipation. La piqûre des serpents détermine souvent l'ictère. Les symptômes différentiels qui pourraient fixer le choix sur ces médicaments sont : un goût sucré ou acide dans la boucho ; une sensibilité excessive de l'épigastre, des douleurs brûlantes ou incisives clans la région du foie.

Digitalis correspond au symptôme ictère. Son choix sera déterminé par des vomissements et des diarrhées cholériformes, ou bien empiriquement après l'insuccès des autres médicaments. Chelidonium majus et ricinus sont préférés à tous les autres médicaments par un certain nombre de médecins. Les doses sont les mêmes que celles indiquées pour nux vomica et chamomilla. Je rappelle qu'il faut persévérer longtemps dans

ICTÈRE. TRAITEMENT. <sU

l'usage du même médicament, parce que la maladie est longue et marche très-lentement.

Bryonia est indiqué quand les vomissements suivent immédiatement la pénétration des aliments dans l'estomac.

Traitement de l'Ictère malin. — A ma connaissance, un seul médicament, jusqu'à ce jour, a donné quelques cas de guérison, c'est aconitum (T. m.), 1 gramme dans une potion de 200 grammes, une cuillerée toutes les doux heures. Ce médicament est du reste indiqué par l'ictère, les hémorrhagies et les congestions multiples qui caractérisent cette maladie.

Phophorus correspond -parfaitement à l'ensemble des symptômes. La ressemblance de l'ictère malin avec l'empoisonnement aigu par le phosphore est si considérable que plusieurs fois l'erreur du diagnostic a été commise et par des médecins distingués; il faudra donc prescrire phosphorus si aconitum ne réussit pas à enrayer la marche de la maladie.

Lachesis, arsenicum, sont encore indiqués dans cette forme de maladie, tant par les symptômes d'ictère que par les hémorrhagies, la prostration, les paralysies, les contractures, le délire, la somnolence et le coma.

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