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CHAPITRE III

OZÈNE

On donne ce nom à des affections très-diverses, mais qui ont pour caractère commun l'exhalation d'une puanteur insupportable par les fosses nasales. Cette odeur infecte peut exister indépendamment de toute ulcération de la membrane muqueuse et sans le- moindre coryza; c'est Vozènè proprement dit, que nous appellerions essentiel s'il n'était pas toujours symptomatique de la scrofule. D'autres luis l'odeur fétide qui s'exhale des fosses nasales est liée à une carie syphilitique ou scrofulcuse, à des ulcérations de la membrane muqueuse, à uneinflamma*

tion chronique de l'un des sinus maxillaires, et même chez quelques personnes à un simple coryza chronique.

Ozène proprement dit ou punaisie. — Cette affection si odieuse ne débute guère qu'après la première dentition, pour prendre son plus haut degré de développement à la puberté el diminuer ensuite, sans jamais disparaître pendant la vieillesse.

On a dit que les personnes qui avaient le nez déprimé vers sa racine et les fosses nasales étroites étaient plus exposées à la punaisie; cela n'est pas exact. Seulement l'écrasement du nez se rencontre fréquemment dans la scrofule et dans la syphilis ; maladies qui produisent souvent l'ozène.

Cette affection est caractérisée par une puanteur exécrable, qui a quelque chose de fade et soulève le cœur; cette odeur est toute spéciale et diffère de la fétidité des autres ozènes; quand on l'a sentie une fois on la reconnaît facilement. Les malheureux malades sont les seuls qui ne la sentent pas, car ils sont en même temps privés de l'odorat et de cette portion du goût qui y est attaché. Cette affection existe sans lésion et est tout à fait comparable à la fétidité qui s'exhale des pieds chez certaines personnes. L'odeur augmente toujours au moment des règles. L'ozène proprement dit est extrêmement rebelle, il n'a aucune tendance à la guérison et persiste souvent pendant toute la vie du malade.

Ozène lié à un coryza ulcéreux. — Cette affection ne se développe que chez lesscrofuleux et peut-être chez les dartreux. Indépendamment de la puanteur de l'ozène, on note encore l'excrétion de mucosités verdâtres, épaisses, roulées en gros bouchons, striées de sang; la formation de croûtes noirâtres et épaisses. L'examen des fosses nasales permet de constater la rougeur de la membrane muqueuse et la présence d'ulcérations. Quand ces ulcérations sont très-élevécs, la vue ne peut pas les atteindre, mais alors on peut constater leur existence en promenant dans les fosses nasales un stylet mousse et recourbé, qui glisse facilement sur la membrane muqueuse saine et bute sur les surfaces ulcérées.

Dans un degré plus avancé, cette affection peut se compli-

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quer de la carie cL de la destruction du squelette des fosses nasales.

Ozène syphilitique. — Il est toujours lié à la nécrose des os du nez. Les os propres du nez, les apophyses montantes des maxillaires, le vomer, les cornets et même l'ethmoïde peuvent être le siège de cette nécrose. On comprend toute la gravité d'une semblable affection, qui ne peut se guérir que par l'expulsion d'un séquestre; on a vu l'élimination d'une partie de l'ethmoïde être suivie d'accidents cérébraux mortels en quelques heures. L'odeur exhalée par les malades n'est pas aussi fétide que celle due à l'ozène proprement dit.

Ozène du sinus maxillaire. — Il se reconnaît à trois caractères : la persistance de l'odorat chez le malade ; l'intermittence de la puanteur et l'écoulement abondant de mucosités purulentes lorsque le malade incline la tête de manière à vider le sinus.

Traitement, de Y ozène proprement dit. — Je ne connais aucune observation de guérison durable de l'ozène véritable par la méthode homœopathique. Lorsque l'ozène est lié à un écoulement de mucosité puriforme, pulsatilla, aurUm, sepia, phosphorus, silicea et kali chloricum ont donné des guérisons durables.

Dans l'ozène syphilitique aurum, lodium et mercurius ont donné des succès.

Phosphorus est le médicament indiqué contre Y ozène sans écoulement ; il correspond à la sécheresse des fosses nasales, avec odeur extrêmement fétide et absence de l'odorat.

Pulsatilla est le médicament par excellence pour l'ozène avec sécrétion d'un mucus puriforme, usa fœlida et silicea sonl deux analogues.

Kali chloricum m'a donné des améliorations considérables.

Aurum et mercurius et aussi silicea conviennent quand il y a carie des os du nez; enfin il faut se reporter au traitement du coryza chronique pour le complément du Iraitemenl de l'ozène. Je conseille encore d'essayer les injections avec une solution de corrosivus i* dilution, de 20 à 40 gouttes pour 300 grammes

d'eau distillée. Les succès obtenus par l'usage extérieur du. sublimé, les symptômes produits par le mercure sont des raisons suffisantes pour essayer ce moyen.

On masque et on pallie la puanteur de l'ozèneavec des injections d'eau contenant un millième d'acide phonique. Les injections à jet continu de plusieurs litres d'eau ont amené une grande amélioration dans les cas où elles ont été employées. Les injections peuvent être faites à l'aide d'un irrigateur ; la canule est garnie de manière à remplir exactement la narine par laquelle on l'introduit ; le courant s'établit alors d'une narine à l'autre, c'est-à-dire que l'eau qui entre par la narine droite, par exemple, ressort par la narine gauche. Si le malade sent que le liquide tend à tomber dans la gorge il doit faire de mouvements de déglutition qui relèvent le voile du palais et favorisent le passage du liquide d'une narine dans l'autre.

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