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LARYNGITE

Cette affection est, le plus souvent, liée comme symptôme à une fièvre continue ou éruptive, ou bien elle constitue, comme le coryza, une simple localisation du rhume ou catarrhe pulmonaire . Mais, dans quelques cas, la laryngite reste entièrement localisée sur le larynx, et, bien qu'étant en résumé de même nature que le rhume, elle constitue une affection tellement limitée, qu'elle mérite d'être décrite comme une maladie essentielle.

La laryngite présente trois formes : la forme commune, la forme grave, et la formé spasmodique, généralement connue sous les noms de faux-croup, laryngite striduleuse.

I. La forme commune débute par un sentiment de chatouillement, accompagné de chaleur dans le larynx. Cette sensation est bientôt remplacée par une douleur cuisante et constrictivc, qui augmente surtout par la parole et par la toux, mais aussi par l'acte de la déglutition. A cette douleur viennent se joindre la toux et la raucité de la voix. La raucilé de la voix atteint un degré variable, et arrive raremenl à l'aphonie complète. La

toux esl fréquente, douloureuse, sèche, et revêt un timbre en rapport avec celui de la voix ; il n'y a ni dyspnée, ni sifflement; la fièvre est nulle dans les cas les plus bénins ; jamais elle ne devient bien intense.

Le plus souvent, après vingt-quatre ou quarante-huit heures, la laryngite se propage aux bronches et aux fosses nasales pour constituer le catarrhe pulmonaire ; mais, quand la maladie reste limitée au larynx, elle entre en voie de résolution du 4° au 7e jour. La fièvre tombe, la raucité de la voix diminue; la toux devient grasse, l'expectoration s'établit, et au bout 'de quelques jours il ne reste plus rien de cette petite maladie. Cependant, sous l'influence de mauvaises conditions hygiéniques, et surtout par l'action de dispositions .diathésiques, hémorrhoï-. claires ou dartreuses, l'inflammation de la membrane muqueuse se perpétue, et la laryngite, prenant l'allure propre aux maladies chroniques, vient constituer une affection extrêmement rebelle.

lia laryngite chronique ne s'accompagne pas de fièvre, et souvent elle est compatible avec une santé florissante ; mais la voix est fortement compromise ; le plus souvent c'est un enrouement qui augmente ou diminue, suivant les influences de la température, suivant aussi le repos ou l'exercice du larynx. Après une fatigue, Y aphonie peut devenir complète, persister des mois ou même devenir définitive. La douleur est habituellement nulle ou bien ne se montre que pendant les périodes d'aggravation ; la toux a une fréquence très-variable; elle est petite, laryngée, quelquefois douloureuse, sèche ; souvent elle entraîne par l'expectoration des crachats muqueux, petits et roulés; quelquefois ces crachats contiennent des filets cle sang.

L'examen laryngoscopique et les autopsies ont démontré qu'à celte période il existait souvent des granulations et des ulcérations qui rendent un compte suffisant de l'aphonie et de la persistance de la maladie.

Cette affection, extrêmement opiniâtre, offre souvent des alternances cle bien et cle plus mal, coïncidant avec l'apparition ou la disparition d'affections dartreuses ou hémorrhoïdaires.

LARYNGITE. FORME STRIDULEUSE. 233

Laryngite grave. C'est fort heureusement une maladie rare; on l'observe surtout dans la seconde enfance et dans l'âge adulte, quelquefois après un refroidissement considérable, mais le plus souvent sans cause occasionnelle appréciable.

Cette laryngite débute par un mouvement fébrile intense, accompagné de raucité de la voix et de douleur au larynx. Le mouvement fébrile est continu, et aux symptômes de la laryngite, décrits précédemment, viennent se joindre une dyspnée croissante et un sifflement laryngo-trachéal intense. Ce dernier symptôme donne à la maladie une physionomie qui la fait ressembler au croup. Si la laryngite grave doit se terminer par la mort, ce qui est le cas le plus fréquent, la dyspnée augmente, le couse gonfle, les signes d'asphyxie se montrent : face bouffie et violacée, lèvres bleuâtres, pouls petit et fréquent, tendance au refroidissement. La dyspnée n'est pas toujours au même degré, elle augmente et elle diminue, mais il n'y a pas de véritables accès de suffocation. Ce dernier signe, et le résultat négatif fourni par l'inspection de l'arrière-gorge, sont les deux meilleurs signes pour distinguer la laryngite grave du croup.

Quand le malade doit guérir, la dyspnée et le sifflement laryngo-trachéal diminuent; la fièvre tombe, et quelquefois il se fait une expectoration muqueuse abondante.

IL Forme stridtjleuse. — Cette forme de laryngite est caractérisée par des accès nocturnes de suffocation ; elle est propre à l'enfance; elle ne peut se produire indépendamment de certaines conditions anatomiques qui n'existent qu'à cet âge. Chez l'adulte, la glotte se divise en deux parties : la glotte vocale et la glotte respiratoire; cette dernière est constituée par un espace triangulaire limité par le cartilage arythénoïde et reste constamment ouvert. Cet espace manque dans l'enfance et ne se produit qu'à un certain âge. Or, les suffocations de la laryngite striduleuse ne pouvant se produire qu'avec un larynx qui ne présente pas encore de glotte respiratoire, il est tout simple que la laryngite striduleuse soif si rare après sept ans et fout à fait inconnue dans l'âge adulte. Les causes occasionnelles sont le, mêmes que celles des autres formes de la laryngite

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