CATARRHE PULMONAIRE
C'est une maladie caractérisée par l'inflammation de la membrane muqueuse des voies respiratoires. Dans certaines formes, cette inflammation reste bornée à des régions limitées : coryza, laryngite, bronchite, dans d'autres le tissu pulmonaire lui-même est envahi : pneumonie lobulaire.
L'inflammation catarrhale de la membrane muqueuse respiratoire survient à titre de symptôme dans un grand nombre de maladies: larougeole, la fièvre typhoïde, la coqueluche, l'asthme, la phthisie. Dans la goutte et la dartre, cette inflammation revêt une marche chronique et constitue une affection fort importante.
Division. — Les formes du catarrhe pulmonaire correspondent assez exactement à des différences du siège. Aussi nous trouverons-nous ici presque d'accord avec l'école organicienne. Nous décrirons quatre formes : la /orme commune ou rhune; la forme bénigne ; la forme grave, ou catarrhe suffocant, bronchite capillaire, pneumonie lobulaire; enfin le catarrhe chronique, quoiqu'une soit pas démontré qu'il puisse exister indépendamment de l'asthme, de la goutte ou de la dartre.
I. Forme commune ou rhume. — C'est une maladie très-fréquente dans notre pays. Elle débute habituellement par un sentiment de courbature et de fatigue, accompagné de céphalalgie et de frilosité. En même temps survient l'enchifrènement ou une légère douleur de l'arrière-gorge, suivant que le rhume doit débuter par le coryza ou par la laryngite. Un mouvement fébrile plus ou moins intense s'établit; il a pour caractère de s'accompagner d'une tendance au frisson dès que le malade se découvre, d'une élévation très-modérée de la chaleur et du pouls. Le coryza ou la laryngite s'établissent d'abord, avec leurs symptômes propres (voir ces mots), ils se succèdent, puis Tin-
flammation gagne la trachée et les bronches. Le mouvement fébrile continue pendant vingt-quatre, quarante-huit heures, quatre jours au plus; il présente chaque matin une rémission accompagnée de sueurs. Pendant ce temps, la toux est sèche, fréquente, douloureuse; la douleur existe surtout dans le larynx et la trachée ; elle est brûlante, gravative ; son siège est sous le sternum et entre les épaules, la toux la rend déchirante ; plus rarement il existe un point de côté. La toux détermine un ébranlement fatigant avec douleur dans le ventre et surtout dans la tête.
En même temps que le mouvement fébrile tombe tout à fait, la toux devient grasse et beaucoup moins fatigante. A ce moment, une expectoration glaireuse, semblable à du blanc d'œuf, s'établit ; les douleurs de tête et de poitrine disparaissent, l'appétit et les forces reviennent; le sommeil est encore interrompu par la toux. Yers la fin du premier septénaire ou dans le cours du second, la toux devient tout à fait grasse; l'expectoration épaisse, d'abord blanche, puis jaune et verte ; la toux est bien plus rare, mais par quintes encore très-fréquentes avec efforts de vomissements. Si le malade n'est pas traité, s'il reprend ses occupations, cette période peut se prolonger plusieurs semaines ; enfin la toux devient facile, rare, puis disparaît tout à fait.
IL Forme bénigne. — Elle est caractérisée par l'absence du mouvement fébrile ; souvent elle reste limitée aux fosses nasales ou au larynx; sa durre est d'environ un septénaire. La toux, quand les bronches sont prises, suit les mêmes phases que celles de la forme précédente; seulement l'évolution est beaucoup plus rapide.
III. Forme grave. — Décrite sous le nom de catarrhe suffocant, de bronchite capillaire et de pneumonie lobulaire, celte forme de catarrhe pulmonaire est extrêmement grave; elle est plus fréquente chez les enfants et chez les vieillards. • Le mouvement fébrile a les mêmes caractères que dans la forme commune, seulement tous ses symptômes , excepté la chaleur fébrile, sont considérablement augmentés. Le pouls