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CATARRHE PULMONAIRE. — FORME GRAVE

est fréquent et mou; le malaise, la courbature, les douleurs dans les membres sont extrêmes. Le coryza et la laryngite sont nuls ou à peine marqués, l'inflammation est concentrée sur les petites bronches, d'où une toux très-difficile et très-fréquente, et une dyspnée croissante qui forme le symptôme caractéristique de cette forme.

Si la maladie n'est pas enrayée promptement, l'état devient de .plus en plus grave, le mouvement fébrile change de nature; le pouls acquiert plus de fréquence, en même temps qu'il devient petit, faible, irrégulier; la face devient pâle, grisâtre avec des lèvres violacées; la langue se sèche; souvent il survient du délire ou au moins des rêvasseries ; la dyspnée s'accompagne du râle trachéal ; les bronches se paralysent de plus en plus ; l'expectoration devient impossible; la peau se refroidit et les malades périssent asphyxiés.

Cette forme est d'autant plus grave que les enfants sont plus jeunes, parce que les bronches, extrêmement étroites dans le jeune âge, sont facilement oblitérées par le gonflement de la membrane muqueuse et par l'accumulation du muco-pus. La dyspnée est donc considérable; l'air ne pénètre qu'incomplètement dans les alvéoles, et à chaque inspiration, l'épigastre et les fausses côtes, au lieu de bomber, rentrent dans le thorax; Ta région sus-claviculaire est le siège d'une dépression analogue. C'est ce qu'on appelle le tirage; ce symptôme existe aussi dans le croup. Niemeyer explique ce phénomène par la raréfaction de l'air dans les alvéoles pulmonaires pendant une inspiration violente et infructueuse, et par le vide qui en résulte.

Les malades empoisonnés par l'acide carbonique retenu dans les alvéoles tombent dans l'asphyxie et la somnolence. Chez les nouveau-nés, la marche de la maladie est plus rapide et en même temps plus insidieuse. La sidération se produit trèsrapidement; les enfants tombent dans la cyanose et la somnolence presque sans tousser. La dyspnée atteint 80 respirations par minute, devient irrégulière, et quelquefois il se produit un phénomène fort extraordinaire : c'est la suspension de la respiration; cette apnée, qui est du plus mauvais présage, a duré

dans certains cas jusqu'à deux minutes. La mort arrive trèsrapidement au bout de deux ou trois jours. GetLe marche insidieuse et foudroyante est propre non-seulement aux nouveau-nés mais encore à la première enfance; seulement la marche est d'autant plus rapide, les symptômes sont d'autant plus graves, que les enfants sont moins âgés.

Auscultation et Percussion. — Dans la forme commune'et dans la forme bénigne, l'auscultation fournit des renseignements peu importants. Au début, des râles sonores et sibilants et plus tard quelques râles humides à grosses bulles. Mais dans la forme grave les renseignements fournis par l'auscultation sont beaucoup plus importants. Au début, on entend des râles sibilants fins et multipliés, répandus inégalement des deux côtés; dans la période d'état, on constate l'existence du râle sous-crépitant: c'est un râle fin, à bulles inégales, qui s'entend surtout dans l'inspiration et qui est caractéristique de Yengouement pulmonaire. Dans un degré plus avancé, alors qu'il s'est produit de l'hépatisation disséminée, on peut entendre des bruits de souffle à sièges multiples.

Chez les nouveau-nés et dans les premiers mois de la vie, les signes stéthoscopiques sont différents. Les efforts de la respiration étant impuissants à vaincre les obstacles qui s'opposent à l'entrée de l'air dans les alvéoles, on n'entend ni le râle souscrépitant, ni le souffle, mais seulement le retentissement des bruits qui se passent dans la trachée et dans les grosses bronches, c'est-à-dire des râles ronflants ou muqueux.

IV. Catarrhe pulmonaire chronique. — Nous avons dit que ce catarrhe était presque toujours une affection symptomatique de la goutte ou de la dartre ; il survient habituellement à un âge déjà avancé. Au début, le catarrhe existe seulement pendant Vhiver ; mais plus tard il se prolonge toute l'année. Il présente accidentellement des phases d'aggravation et de rémission. Pendant les aggravations, il y a un petit mouvement fébrile, une toux plus sèche et plus fréquente.

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